Comment les plus gros pollueurs de la planète « s'achètent » des organisations écologistes - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 16/06/2011 à 23h44 par Tanka.


COMMENT LES PLUS GROS POLLUEURS DE LA PLANÈTE « S'ACHÈTENT » DES ORGANISATIONS ÉCOLOGISTES

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Comment les plus gros pollueurs de la planète « s'achètent » des organisations écologistes

 
Jusqu'où les organisations environnementales sont-elles prêtes à se compromettre pour conclure des partenariats avec des grandes entreprises ? Basta ! a recueilli le témoignage accablant d'une ancienne salariée de la puissante ONG états-unienne Conservation International, Christine MacDonald, journaliste et auteur du livre Green. Inc. En échange de généreuses donations, cette organisation aide des multinationales comme Monsanto, BP, Total ou Walmart à « verdir » leur image. Ou conseille le vendeur d'armes Lockheed Martin pour recycler les éclats d'obus ramassés sur les champs de bataille.

Peut-on être à la fois vendeur d'armes et protéger environnement ? Oui, répond Conservation International, une ONG états-unienne. Dans une vidéo publiée par le magazine anglais Don't Panic (voir ci-dessous), deux journalistes se sont fait passer pour des représentants de Lockheed Martin, une entreprise américaine qui équipe de nombreuses armées en avions de chasse et bombardiers. Leur objectif ? Voir comment l'association de préservation de l'environnement peut les aider à « verdir » leur image.

Les actions en faveur de l'environnement présentées par les faux représentants de Lockheed Martin sont pour le moins stupéfiantes : « Nous leur avons dit qu'une de notre principale stratégie pour préserver l'environnement était le recyclage des éclats d'obus des zones de batailles, que nous utilisions pour fabriquer de nouvelles bombes », raconte Heydon Prowse, un journaliste de Don't Panic. Des arguments développés sur le site de Lockheed Martin.

De quoi indigner la représentante de Conservation International ? Pas du tout. Elle propose aux vendeurs d'armes de devenir membre d'un « Conseil du Business et de Soutenabilité » qui rassemble déjà les entreprises Cargill, Shell, Monsanto ou Chevron – des modèles de développement durable ! – et d'apparaître ainsi sur le site de l'ONG dans la liste des entreprises engagées dans la protection de l'environnement.

Des « oiseaux de proie » comme mascotte

En échange, l'entreprise américaine doit s'acquitter de 37.500 dollars. Et pour 240.000 dollars environ, d'autres options de sponsoring peuvent être envisagées. Autres possibilités : développer des « messages verts » pertinents ou utiliser les « oiseaux de proie » d'Afrique du Nord, une espèce en danger, comme une mascotte pour Lockheed Martin, actif dans le secteur de l'aviation.

Comme l'industrie pétrolière ou celle des OGM, les entreprises de « défense et de sécurité » ne semblent pas être incompatibles, pour Conservation International, avec la défense de l'environnement. Northrup Gruman, une entreprise de défense étasunienne, fournisseur du Pentagone, fait déjà partie de son fameux conseil de « soutenabilité ». Le directeur de Northrup est d'ailleurs membre du Conseil d'Administration de Conservation International. Bienvenue au club !

Christine MacDonald connaît bien Conservation International. Cette journaliste indépendante a travaillé pendant sept mois, en 2006, pour l'organisation environnementale, dans le secteur de la communication. De son expérience et d'un travail d'investigation qui a suivi, elle a écrit un livre, Green Inc. : An Environmental Insider Reveals How a Good Cause Has Gone Bad, qui expose son regard très critique sur ces organisations environnementales de conservation. Entretien.

Basta ! : Que pensez-vous de l'enquête réalisée par Don't Panic ?

Christine MacDonald : Elle souligne combien Conservation International (CI) et ses rivaux parmi les grosses associations de préservation de l'environnement, ont perdu de vue leur mission dans la compétition qu'elles se mènent pour récolter des dons d'entreprises (son budget avoisine les 290 millions de dollars, ndlr).

Si vous observez comment la responsable de CI répond (voir la vidéo en anglais ci-dessus), jamais elle ne suggère que CI pourrait aider Lockheed Martin à améliorer ses pratiques environnementales. Au contraire, toute la discussion se centre sur comment CI peut aider l'entreprise à améliorer son image en liant sa marque à des espèces en danger.

Comment expliquer que cette organisation environnementale, comme d'autres, semble ne pas se soucier de la nature des activités de grosses entreprises avec qui elle passe des accords ?

Un employé de CI que j'ai interviewé après son départ de l'ONG l'a résumé ainsi : pour ces groupes de conservation, il est « sexy » de recruter des donateurs du monde de l'entreprise, et recruter les entreprises les plus polluantes est ce qu'il y a de plus « sexy ». En accumulant les partenariats, les organisations gagnent du prestige : elles disent qu'elles sont écoutées par le monde de l'entreprise et qu'elles sont donc en train de les influencer vers un plus grand respect de l'environnement. Et puisque les ONG sont de plus en plus nombreuses à chercher à attirer ces fonds, il y a ainsi une véritable compétition entre elles.

Ces organisations environnementales doivent alimenter leurs réserves financières. Elles fonctionnent selon le même modèle que les grosses entreprises, avec des présidents, un conseil d'administration, une hiérarchie verticale. Mais elles ne fabriquent et ne vendent rien. Seules leurs marques, qui sont reconnues par beaucoup de monde, peuvent leur rapporter de l'argent.

Comment fonctionnent ces organisations de conservation de l'environnement ?

Comme le montre la vidéo de Don't Panic, CI est un groupe expert dans la mise en valeur de son nom – sa marque – afin d'attirer les fonds. Des fonds dont l'organisation a besoin pour payer ses hauts salaires [le PDG de CI, Peter Seligmann, a gagné plus de 470.000 dollars en 2010], maintenir ses bureaux huppés tout autour du monde et continuer à redistribuer ses millions de dollars chaque année, à de plus petits groupes environnementaux et des chercheurs.

Cette redistribution à des plus petits groupes est très importante puisqu'elle aide les organisations comme CI à maintenir leur position dans le haut de la hiérarchie de ceux qui luttent pour la conservation de l'environnement.

En plus, ce poids économique est brandi pour décourager les autres ONG environnementales de les critiquer, par peur de perdre leurs fonds.

 

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Un article de Simon Gouin, publié par Bastamag

 

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Auteur : Simon Gouin

Source : www.bastamag.net