Comment la pollution frappe les forêts de conifères - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 27/07/2009 à 14h59 par Alain THONONT.


COMMENT LA POLLUTION FRAPPE LES FORÊTS DE CONIFÈRES

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Comment la pollution frappe les forêts de conifères

Nous sommes habitués à considérer les arbres comme des parapluies naturels. Les sapins, notamment, assurent une bonne protection : ils peuvent retenir jusqu'à la moitié de l'eau qui se déverse du ciel. Mais à proximité des zones industrielles ayant une activité polluante, mieux vaut éviter de s'abriter sous eux. Les eaux de pluies qu'ils contribuent à acheminer jusqu'au sol sont particulièrement polluées en bout de course. Ce phénomène a été étudié en détail par deux chercheurs de l'Institut des problèmes de l'écologie industrielle du Nord dépendant du Centre scientifique de Kola de l'Académie des sciences russe.

De 1991 à 1997, deux scientifiques, V. Nikonov et N. Loukina, ont étudié en détail l'acidité et la composition des précipitations dans les forêts de pins et de sapins de la presqu'île de Kola, où se trouve, entre autres, l'usine de cuivre et de nickel Severonikel, qui constitue l'une des plus grosses sources de pollution industrielle aérienne de l'Europe septentrionale. Elle est à l'origine de pluies acides sur une immense étendue de forêts de conifères, tandis que la poussière contenant des métaux lourds (essentiellement du cuivre et du nickel, donc) est dispersée au loin et se dépose sur la cime des arbres.

L'eau de pluie qui descend le long d'un arbre change de composition. D'ordinaire, elle absorbe au passage de la poussière, des excréments d'insectes et des produits végétaux provenant de l'arbre, ainsi que divers éléments tels que du carbone, du calcium, du manganèse. Ainsi, l'eau des précipitations qui parvient par ruissellement directement sous les conifères est plus chargée en une foule d'éléments que l'eau des précipitations que l'on trouve dans les zones situées entre les arbres. Dans les forêts de pins, cette loi s'observe de manière moins marquée.

Dans les forêts de la presqu'île de Kola proches des zones industrielles, il n'est pas rare que les pluies acides rongent littéralement les aiguilles des conifères, leur retirant des quantités additionnelles d'ions de calcium, de magnésium et de manganèse. L'eau de pluie qui dégouline du sommet des sapins est donc encore plus acide. Sa teneur en nickel et en cuivre augmente de l'ordre d'une cinquantaine à une centaine de fois. C'est la raison pour laquelle la végétation et la terre situées sous les arbres de ces régions - et notamment sous les sapins aux longues branches - souffrent beaucoup plus de la pollution. Et c'est pour la même raison, également, que ces arbres meurent peu à peu, les forêts devenant de plus en plus clairsemées.

V. Nikonov et N. Loukina ont également constaté une anomalie. Lorsqu'ils étudient l'impact des précipitations atmosphériques sur les forêts nordiques, les écologistes n'évaluent généralement que les espaces "ouverts" des forêts (autrement dit, les espaces entre les arbres), et non le dessous des arbres. Les deux chercheurs de l'Institut de Kola considèrent que ces évaluations donnent des résultats inférieurs au niveau de pollution réel. Ils préconisent donc d'analyser la pollution directement sous la cime des arbres.

Par Nicolas Quenez

BE Russie numéro 22 (16/07/2009) - Ambassade de France en Russie / ADIT - www.bulletins-electroniques.com/actualites/59962.htm