Climats en folie : 400, le nombre porte-malheur - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 08/06/2013 à 13h17 par Fred.


CLIMATS EN FOLIE : 400, LE NOMBRE PORTE-MALHEUR

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Climats en folie : 400, le nombre porte-malheur

 

(Un texte que j'ai donné au Plus Nouvel Observateur. Il n'a été lu, sur ce site, que par un peu plus de 700 personnes, et recommandé par 20. Le précédent – sur les requins de la Réunion – a eu plus de 45 500 lecteurs et a été recommandé 8 000 fois. Preuve que les questions globales sur l'avenir de l'humanité intéressent moins que les histoires de squales. Ou qu'elles sont plus effrayantes...)

 

400... Quatre cents... L'humanité n'aurait jamais dû dépasser ce nombre. Elle l'a fait. Elle vient de franchir l'obstacle symbolique derrière lequel il y a un précipice. Elle n'a pas voulu écouter les sages. Elle a refusé de prendre les bonnes décisions au bon moment. Elle s'en mordra les doigts. Ou, plutôt, la nature, la Terre, la biosphère lui feront payer son audace au prix fort... Peut-être à celui de sa disparition !

400, oui... Mais 400 quoi ? 400 ppm, c'est-à-dire 400 parties par million de gaz carbonique dans l'atmosphère. 400 molécules de CO2 par million de molécules dans l'air... Les capteurs de l'observatoire américain du Mauna Loa, à Hawaii, viennent d'indiquer que la barre est dépassée.

On mesure la concentration de l'air en CO2 de façon ininterrompue depuis 1957 et le lancement de l'Année Géophysique Internationale. En 1960, le chiffre était de 360 ppm. Les spécialistes estiment qu'avant la Révolution industrielle, au XVIIIe siècle, on culminait à 280.

En 2013, on a battu les 400. Loin de se ralentir, le rythme s'accélère. La croissance de la concentration de CO2 dans l'air s'élevait à 0,7 ppm par an au début des années 1960. Elle a été de 2,1 ppm tous les douze mois lors de la dernière décennie. Selon les chercheurs du Global Carbon Project, nos émissions de CO2 ont atteint 34,7 milliards de tonnes en 2011, en hausse de 3 % par rapport à 2010... et de 54 % par rapport à 1990 !

(...)

Le fait est qu'en ce moment, nous ne divisons pas par deux nos pollutions : nous les multiplions par le même chiffre. Nous allons quatre fois trop vite pour que notre vieille Terre nous supporte longtemps.

La Conférence de Copenhague a fait un flop, tout le monde n'y a défendu que ses intérêts égoïstes, puis les médias sont passés à autre chose. Non seulement nous (l'ensemble des humains) brûlons de plus en plus de charbon, non seulement nous continuons d'incendier les forêts tropicales et de griller le pétrole et le gaz naturel disponibles, mais nous tenons pour une bonne nouvelle le fait que nous augmentons nos réserves mobilisables grâce aux pétroles lourds et aux bitumes de l'Alberta ou du Venezuela, et grâce aux gaz et huiles de schistes, dans l'exploitation desquels les États-Unis se sont lancés à corps perdu.

Que se passera-t-il si nous continuons d'émettre toujours plus de gaz à effet de serre ? Nous dépasserons les 2 degrés de réchauffement en 2050, et nous atteindrons les 4 à 6 en 2100. Dès lors, nul ne maîtrisera plus rien.

 

 

Le phénomène s'est déjà produit, de façon cataclysmique, à la fin de l'ère Primaire, il y a 250 millions d'années. L'homme n'était pour rien dans ce coup-là : il n'était même pas en projet. De gigantesques volcans se sont éveillés en Sibérie, en vomissant des nappes de lave (des « trapps ») plus vastes que la France. Ces cratères ont craché dans l'air des quantités phénoménales de gaz carbonique. La température de la planète a augmenté d'environ 4 degrés.

C'est alors que s'est produit un rebond terrifiant : les glaces polaires ayant fondu, les océans ont absorbé davantage de chaleur. Les organismes du plancton sont morts à cause de l'acidification des mers : or, ce sont les principaux « puits de carbone » de la Terre. Par ailleurs, de gigantesques quantités de méthane, jusque-là fixées au fond des mers et dans le sol gelé des contrées arctiques, ont été rendues à l'atmosphère : or, le méthane est 23 fois plus « efficace » que le CO2 comme gaz à effet de serre...

Résultat numéro 1 : la température de la planète s'est élevée de plus de 10 degrés.

Résultat numéro 2 : plus de 90 % des espèces végétales et animales ont été anéanties... La plus grande extinction de masse de l'histoire du globe a été provoquée par un réchauffement climatique initial de 4 degrés, suivi d'un rebond implacable à plus de 10.

Nous commençons à entrevoir que la fin de l'ère Primaire ressemble à l'avenir que nous réservons à la Terre et à nos enfants. Marcherons-nous résolument vers de tels désastres ? Chercherons-nous à les éviter ? Lorsque les États et les citoyens doivent décider, on aimerait qu'ils écoutent les scientifiques, surtout ceux du GIEC (le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), les plus posés, les seuls vrais spécialistes... Ce n'est pas du tout le cas.

Les débats publics sur le climat sont biaisés. Ceux qui ont un intérêt quelconque à ne rien faire, voire à brûler davantage encore de carburants fossiles, se mobilisent pour déprécier le travail des scientifiques. Ils ont l'argent, ils paient, ils font du lobbying auprès des gouvernements ou de l'ONU. Ils sèment le doute dans les esprits.

Ils entretiennent l'idée qu'il n'y a nulle urgence, que les prémices des savants sont douteuses et leurs conclusions plus incertaines encore. Ils font donner des hérauts du « dormez, braves gens ! », qui s'intitulent « climatologues » ou « météorologues ». Les consommateurs que nous sommes adorent entendre dire qu'ils pourront perpétuellement se gaver sans en payer le prix. Dès lors, pour les grands groupes financiers, industriels ou politiques, la partie est gagnée.

 

 

Je voudrais insister sur deux points d'expérience, afin d'aider les climatologues dans leur combat. Amis scientifiques, ne vous laissez pas piéger !

1. La communauté scientifique s'est rapidement retrouvée en état de consensus sur le réchauffement climatique et sur la responsabilité humaine dans ce processus. Mais le public ignore cette quasi-unanimité. Les médias détestent l'accord entre les points de vue. Seule la confrontation fait grimper l'audimat. Un « pour », un « contre »... On trouve sans peine le « contre ». Il s'agit parfois d'un scientifique, comme Claude Allègre, mais dans un domaine autre que la climatologie (Allègre est géochimiste).

Le plus souvent, on entend pérorer un personnage consternant d'ignorance ou de lieux communs ; par exemple le journaliste météo Laurent Cabrol ou l'ancien président de l'Automobile Club de France, Christian Gérondeau (la « grande référence » de Bruno Gollnisch et du Front national en matière de négationnisme climatique).

Ces individus sans connaissances, mais non sans arrogance, adoptent la position socratique, ici bien pratique, de celui qui doute. Face à eux, le scientifique se retrouve dans la position du pauvre type qui ne représente qu'une « opinion » égale à une autre. Il y a le « pour », il y a le « contre » : pour le public, les deux se valent, c'est du 50-50. La logique du spectacle a vaincu celle de la raison.

2. Même lorsque le scientifique est interrogé seul dans les médias, il a un réflexe dévastateur : il commence par décrire en détail les conditions de l'expérience qu'il a menée et les limites de celle-ci ; de sorte qu'il a ipso facto l'air d'hésiter. Quand il tente de conclure, il est en général trop tard, l'émission ou l'interview sont finies : il n'a énoncé que des précautions oratoires.

Au contraire, les « anti » y vont franco, en empilant les assertions dénuées de fondement, mais expédiées sur le ton de la certitude. Amis savants, affirmez votre unanimité et allez droit au but ! Rappelez-vous qu'au Journal télévisé (si l'on vous y invite), vous avez, au mieux, une minute trente pour résumer votre dernière conférence d'une heure et demie... Laissez tomber les précautions oratoires et filez immédiatement à la conclusion !

Par bonheur, si j'ose dire, les faits sont têtus et les catastrophes climatiques (ouragans furieux, folles tempêtes, tornades, sécheresses, inondations, fonte des glaciers, rétrécissement de la banquise, remontées de sel, élévation du niveau des mers, avancée des déserts, etc.) s'enchaînent assez vite pour que la réalité donne raison à la science.

Devons-nous toujours attendre les coups de pied au cul de mère nature pour réagir en Homo sapiens ?

 

Pour lire la totalité, cliquer ICI

 

Un article de Yves Paccalet, relayé par SOS-planete

 

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Auteur : Yves Paccalet

Source : www.yves-paccalet.fr