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Cette actualité a été publiée le 09/12/2009 à 09h45 par Tanka.


CLIMAT. PRODUCTION DE VIANDE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE

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Climat. Production de viande et développement durable

Information recueillie par Tanka.

Les régimes alimentaires carnés libèrent toujours plus de carbone et de méthane. Mais l'élevage français permet aussi d'en stocker.

Le débat sur la consommation croissante de protéines animales et sur l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre imputables à l'élevage va monter en puissance durant les prochaines décennies. La production de viande, d'oeufs, de lait et de poissons d'élevage augmente les émissions de gaz à effet de serre et réduit la biodiversité. En élevage, les poissons sont surtout nourris de... poissons issus de la pêche dite « °minotière° », destinée à fournir des granulés aux saumons, truites et daurades.

Les élevages hors-sol de porcs et de volailles consomment surtout des céréales et des protéagineux. On retourne donc des prairies et on défriche des forêts pour satisfaire la demande mondiale. Du coup, les sols libèrent plus de carbone qu'ils n'en stockent. Les vaches laitières sont de grosses consommatrices de soja car le modèle économique dominant a recherché l'équilibre des rations alimentaires via l'incorporation de graines légumineuses (soja), alors qu'il serait plus économique et plus écologique d'utiliser des plantes entières de la même famille comme le trèfle et la luzerne.

Hostile à toute politique volontarisme visant à produire davantage de protéines végétales sur son sol pour ne pas déplaire aux États-Unis comme aux nouveaux pays exportateurs, l'Union européenne est le plus gros importateur mondial de soja et, indirectement, le premier responsable de la déforestation en Amazonie et ailleurs. Mais il est peu probable que cette responsabilité soit évoquée au sommet de Copenhague. Tout indique que le business curatif via la taxe carbone dominera les débats, au détriment du préventif fondé sur un développement soutenable et durable.¶

Le développement durable et soutenable, nous l'avons, en France, avec l'élevage bovin allaitant. Il s'agit de bovins de races à viande dont le veau tête la mère tandis que le troupeau passe souvent huit à neuf mois par an au pré. Une étude récente de plusieurs partenaires, dont l'Institut de l'élevage, nous indique que 77 % de la ration alimentaire de ces bovins est constituée d'herbe pâturée, ensilée ou séchée par la fenaison. La ration de ces bovins ne contient que 3 % de maïs ensilé. Enfin, il est possible d'améliorer encore le rendement fourrager des prairies, tout en réduisant les apports d'engrais chimique, en combinant davantage les semis de légumineuses et de graminées.

Bien conduit, l'élevage bovin allaitant permet donc de réduire aussi les émissions de protoxyde d'azote contenu dans les engrais. Mais les ruminants émettent aussi du méthane. Ce gaz à effet de serre compte pour 11 % des rejets français, dont 50 % sont imputables à l'élevage allaitant. Dès lors faut-il crier mort aux vaches et renoncer une fois pour toutes au pavé de charolais, au pot-au-feu de limousine, ou à l'entrecôte bordelaise issue d'une blonde d'Aquitaine ?

Non, car abandonner ce type d'élevage, c'est renoncer à la valorisation de l'herbe sur des millions d'hectares de prairies. Or, on estime que le captage du carbone par ces prairies correspond à la moitié des émissions de gaz à effet de serre imputables au méthane rejeté par les ruminants. De plus, avec leurs haies et leurs bosquets, les prairies sont des lieux de biodiversité bien plus riches que les zones de grandes cultures, gourmandes en engrais et en pesticides.

Pourtant, cet élevage est menacé aujourd'hui par la perspective d'un accord à l'OMC qui réduirait les tarifs douaniers sur les viandes bovines du continent américain et pousserait encore plus à la déforestation de l'Amazonie.

Gérard Le Puill

Pour en savoir plus sur la situation planétaire