Climat : les scientifiques français débattent à huis clos - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 23/09/2010 à 22h57 par Jacques.


CLIMAT : LES SCIENTIFIQUES FRANÇAIS DÉBATTENT À HUIS CLOS

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Cette image satellite (Terra) montre une partie du passage du Nord-ouest, dans l'arctique canadien, libre de glace en septembre 2007. Avec le réchauffement climatique de nouvelles routes pourraient s'ouvrir en Arctique. (AP/Nasa)

Alors que les exigences de transparence n'ont jamais été aussi fortes à l'égard du GIEC, en France c'est dans la plus grande discrétion et à huis clos que l'Académie des sciences a organisé un débat sur le climat.

Lundi 20 septembre, une centaine de participants, membres ou correspondants de l'Académie des Sciences, s'est retrouvé dans les murs de cette institution aux côtés de 24 scientifiques invités pour «un débat scientifique sur le climat».
La ministre interpellée

C'est à la demande de Valérie Pécresse, ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur, que l'Académie a organisé cette journée.

La ministre avait elle-même été interpellée en avril par des scientifiques, spécialistes du climat, qui lui demandait de réagir «face aux accusations mensongères» lancées par Claude Allègre (cf L'imposture climatique) et Vincent Courtillot.

Ils «oublient les principes de base de l'éthique scientifique» expliquaient les 400 signataires de l'appel. «Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale».

Alors même que dans les ouvrages d'Allègre et de Courtillot «de nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées» rappelaient les signataires. (lire Les provocations de Claude Allègre)

Discrète préparation

Valérie Pécresse n'avait pas voulu trancher le débat scientifique, laissant à l'Académie le soin de l'organiser.

Pourquoi à huis clos, sans l'annoncer, sans publier auparavant la liste des participants? Le communiqué publié hier soir par l'Académie à l'issue du débat ne répond pas à ces questions.

Parmi les invités figuraient plusieurs climatologues de renom, comme Jean Jouzel, Edouard Bard, Valérie Masson-Delmotte, Dominique Raynaud... Figure aussi un invité d'outre-Atlantique, Richard Lindzen (MIT), un climato-sceptique bien connu.

En attendant le rapport

Le débat a été préparé à partir des contributions écrites de certains participants et organisé autour de quatre thèmes, avec exposés, questions et discussion.

Le contenu des contributions et des débats n'a pas été rendu public : l'Académie annonce la rédaction d'un rapport d'ici la fin octobre.

En attendant, le communiqué de l'Académie propose une petite synthèse des discussions qui tient en un paragraphe. En voici l'intégralité :

«Dans les climats du passé, l'effet des variations de l'insolation liées à celles de l'orbite de la Terre est incontesté. En revanche, l'importance de l'impact des cycles de l'activité solaire reste en débat.

L'émergence, depuis une vingtaine d'années, de données d'observation fiables, qu'elles soient satellitaires ou issues de grands programmes coordonnés au sol, permet d'aborder le changement climatique dans une démarche scientifiquement crédible.

Les modèles, indispensables à l'interprétation des données en vue de projections pour l'avenir, ont progressé rapidement dans cette période.

Concernant les gaz à effet de serre, dont le CO2 émis par les activités humaines, s'il existe un consensus sur leur impact direct, le rôle de leurs effets indirects est encore controversé.

Parmi les mécanismes identifiés pour comprendre l'évolution du climat, la physicochimie des nuages est apparue comme une direction de recherche active et à renforcer».

Il a donc été question du rôle du Soleil sur le climat terrestre –argument central de Courtillot et Allègre pour remettre en cause le rôle du CO2. L'étude du changement climatique y est qualifiée de «démarche scientifiquement crédible».

L'impact direct du CO2 est reconnu même si des questions demeurent sur « ses effets indirects ». Enfin des questions demeurent sur l'impact des nuages, ou des aérosols, qui sont d'ailleurs l'objet de nombreuses études.

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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Auteur : Rédaction sciences et avenir

Source : www.sciencesetavenir.fr