Climat: les pays du bassin du Congo prêts à lutter contre la déforestation, si le financement suit - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 18/12/2009 à 16h16 par Tanka.


CLIMAT: LES PAYS DU BASSIN DU CONGO PRÊTS À LUTTER CONTRE LA DÉFORESTATION, SI LE FINANCEMENT SUIT

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Climat: les pays du bassin du Congo prêts à lutter contre la déforestation, si le financement suit

Information recueillie par Tanka

"La façon la plus efficace et la plus économe de diminuer les émissions de carbone, c'est de limiter la déforestation". Fort de ce constat, Nicolas Sarkozy a multiplié les contacts ces dernières semaines d'abord avec les pays d'Amazonie, puis avec l'Indonésie, puis mercredi, à la veille de son départ pour Copenhague, avec les dirigeants de onze pays du bassin du Congo, deuxième réserve forestière au monde après l'Amazonie.

Le président français les a réunis à Paris pour élaborer avec eux les solutions pour protéger cette ressource. "Les gens qui vivent dans ces pays sont très pauvres et vivent de la forêt", a rappelé Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse avec notamment les présidents du Tchad, Idriss Déby, du Cameroun, Paul Biya, de Centrafrique, François Bozizé et du Congo, Denis Sassou Nguesso. D'où la nécessité de soutenir financièrement les efforts consentis par les régions concernées pour limiter la déforestation.

A ce sujet, Nicolas Sarkozy a pu rendre compte à ses homologues et aux ministres africains de la conversation qu'il avait eue mardi avec l'Américain Barack Obama, l'Allemande Angela Merkel et le Britannique Gordon Brown. "Je crois que le président Obama est courageux et en avance sur la classe politique américaine", a souligné le chef de l'Etat qui avait taclé l'Américain mardi, estimant qu'un "leader n'est pas un suiveur".

Sur le "fast start" (les sept milliards d'euros annuels d'aide aux pays pauvres entre 2010 et 2012 pour lutter contre le réchauffement climatique), "je crois pouvoir dire qu'il est d'accord", a prudemment ajouté M. Sarkozy. "Il n'est pas opposé à ce que nous étudions des financements innovants" pour financer les 100 milliards de dollars (68,5 milliards d'euros) nécessaires tous les ans de 2013 à 2020, a-t-il ajouté jugeant M. Obama "suffisamment ouvert sur cette question".

Une ouverture saluée par les présidents africains. Jusqu'ici "l'Afrique est toujours présentée comme le problème, mais cette fois, l'Afrique peut être considérée comme la solution", a souligné le président congolais, ne souhaitant "pas qu'un pays reste en arrière, que ce soient les Etats-Unis, la Chine ou d'autres".

"Nous pensons que nous devons tout mettre en oeuvre pour que l'Humanité avance. Et cela nous allons le voir à Copenhague. Et si, comme le président Sarkozy le dit, il y a des ouvertures du côté des Etats-Unis, tant mieux, nous allons travailler en ce sens", a ajouté M. Sassou Nguesso. "S'il y a quelques réserves du côté de la Chine, la Chine est un pays ami de l'Afrique. Nous allons discuter avec nos amis chinois pour qu'ils avancent avec nous dans la bonne direction".

"Nous avons déjà une plateforme sur laquelle nous pouvons nous asseoir à Copenhague pour montrer que l'Afrique avance dans le bon sens et que nous ne comprenons pas que d'autres pays aussi importants que les Etats-Unis ou la Chine restent à l'arrière", a renchéri François Bozizé, faisant référence à la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC) qui existe depuis dix ans pour préserver la forêt tropicale dans le Sud du Sahara.

La déforestation massive des forêts vierges d'Amazonie, la première au monde, du bassin du Congo et de l'Indonésie (troisième) est grandement tenue pour responsable de l'augmentation des gaz à effet de serre et donc du réchauffement climatique. Le Brésil a ainsi promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de près de 40% d'ici 2020 en limitant sévèrement la déforestation.

Mais comme l'Afrique, il réclame des aides pour compenser les pertes des populations locales. "Qu'un gringo ne vienne pas nous demander de laisser un Amazone mourir de faim pour protéger un arbre. Ils devront payer l'addition de cette protection parce que nous n'avons pas abattu notre forêt comme eux ont abattu la leur il y a un siècle", a prévenu le président brésilien lors du sommet de l'Amazonie le 26 novembre dernier.

Une revendication entendue par l'Europe qui s'est engagée à fournir 2,4 milliards d'euros sur les sept milliards du "fast start". En revanche, ils ne veulent pas payer seuls...

AP Verena von Derschau

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