Climat : la nef des fous vogue sur le net - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 10/04/2010 à 23h03 par Jacques.


CLIMAT : LA NEF DES FOUS VOGUE SUR LE NET

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Climat : la nef des fous vogue sur le net

Errare humanum est, et ce qu'on appelle la blogosphère permet d'exhiber aux internautes des erreurs faites de bonne foi, comme de les répéter et de les disséminer par ignorance voire en toute mauvaise foi.

Soyons généreux : même des académiciens brillants se disant sceptiques ont su négliger le fait que la Terre est ronde ! Mon expérience de vulgarisateur et de chercheur en astrophysique comme en physique du climat me laisse songeur quant à la masse d'ignorance colportée sur internet : certains messages déposés sur les blogs du Figaro et d'autres sites me font penser à des débats antérieurs à ceux du Moyen âge... Si la nef des fous ne vogue plus sur la mer, elle surfe en tout cas sur internet. Mon expérience de vulgarisateur me fait aussi penser que le climat mérite mieux que cela.
[Robert Kandel]

Bien sûr, c'est la lumière du Soleil, convertie en chaleur, qui est la source primaire de l'énergie sur la planète comme dans une serre de jardinier.

Mais à ceux qui nient l'existence du changement climatique ou même de l'effet de serre (si, si, il en existe encore), je dirais qu'on sait très bien, notamment depuis les travaux de Fourier et Tyndall au 19ème siècle, que les conditions climatiques sur la planète dépendent du fait que l'atmosphère agit comme isolant thermique, renvoyant vers le bas une partie du rayonnement infrarouge (rayonnement de chaleur) émis vers le haut par la surface. Voilà ce qu'on appelle « l'effet de serre », même si l'analogie n'est pas parfaite avec les serres des jardiniers (qui bloquent aussi les pertes de chaleur par convection).

On sait aussi que cet effet de serre est contrôlé par une très petite fraction de l'atmosphère : les gaz composés de molécules de 3 atomes ou plus, donc en premier lieu la vapeur d'eau (H2O) et le gaz carbonique (CO2). Et l'on s'efforce de tenir compte correctement des contributions de ces deux gaz dans les « modèles » du climat. On sait aussi que d'autres gaz comme le méthane (CH4) contribuent à l'effet de serre.

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Tout cela, c'est de la physique parfaitement bien établie, ce n'est pas une spéculation contrairement à ce que l'on peut lire ça et là sur le net.

En réalité, l'effet de serre, c'est l'affaire de tous, et c'est même nécessaire pour la vie. Car c'est grâce à l'effet de serre naturel que l'eau existe à l'état liquide à la surface terrestre.

C'est grâce à l'effet de serre naturel et à la circulation de l'atmosphère que les températures ne descendent pas en dessous de -100°C pendant la longue nuit polaire.

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Au 19ème siècle, la concentration atmosphérique de CO2 tournait bien autour de 280 ppmv (parties par million par unité de volume, donc cm cube de CO2 par mètre cube d'air). Au cours de ma dernière année d'études à Harvard, il y a de cela 53 ans, les mesures systématiques commencées dans le cadre de l'Année Géophysique Internationale donnaient 315 ppmv.

Depuis, et pendant toute ma carrière, cette concentration, mesurée des milliers de fois dans plusieurs stations de par le monde, a augmenté sans relâche.

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Les océans et la biosphère ont pu reprendre environ la moitié de ce que nous avons envoyé dans l'atmosphère, le reste s'y est accumulé. Les émissions dues aux activités humaines ont poussé la concentration de CO2 vers des niveaux que la Terre des hommes n'avait jamais connus. Les analyses faites depuis les années 1970 à Grenoble, Gif-sur-Yvette, et ailleurs dans le monde, des bulles d'air piégé dans les glaces (les neiges d'antan) montrent des oscillations naturelles entre 180 ppm et 280 ppm, mais jamais 350 ppm, au cours des 740.000 ans avant 1950.

Soyons donc sérieux ! En continuant de brûler de plus en plus de charbon, pétrole, et gaz naturel (méthane), nous humains envoyons des dizaines de milliards de tonnes de CO2 vers l'atmosphère chaque année. Cela ne peut que pousser la concentration de ce gaz à effet de serre vers 400, 600, ou même 800 ppmv d'ici l'an 2100, renforçant l'effet de serre. Selon les travaux scientifiques sérieux publiés, qui sont résumés et comparés dans les rapports du GIEC, cela risque fort d'engendrer des changements climatiques dangereux – un « réchauffement planétaire » avec un remodelage des distributions de températures et de la disponibilité de l'eau douce – donc des changements qui nécessiteront des adaptations difficiles et douloureuses des sociétés humaines et de la biosphère naturelle.

Malgré les méconnaissances, parfois béantes, de la physique du climat, il ne faut pas baisser les bras.

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Source : fenetreeurope.com

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