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Cette actualité a été publiée le 06/12/2010 à 09h53 par Tanka.


CLIMAT : L'AGRICULTURE EN MANQUE D'ARGENT POUR S'ADAPTER

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climat : L'agriculture en manque d'argent pour s'adapter

Les financements, actuellement disponibles ou prévus, sont largement insuffisants pour relever les défis du changement climatique et de la sécurité alimentaire que doit affronter l'agriculture, a révélé la FAO au Sommet de Cancun.

Les inondations et les sécheresses qui se sont produites cette année dans les grands pays céréaliers ont entraîné une forte hausse des prix alimentaires, mettant en évidence la vulnérabilité à la fois des marchés agricoles et du système de production mondial. "Or, du fait du changement climatique, de tels événements et leurs conséquences sont appelés à se reproduire plus fréquemment et avec une intensité croissante au cours des prochaines décennies", a expliqué la FAO au Sommet sur le climat qui se tient à Cancun du 29 novembre au 10 décembre.

Le coût annuel de l'adaptation de l'agriculture du monde en développement au changement climatique a été estimé par la Banque mondiale à environ 2,5 milliards de dollars par an entre 2010 et 2050. Et selon les projections de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les investissements supplémentaires et les flux financiers requis par l'agriculture des pays en développement pour l'atténuation du changement climatique s'établiraient à pas moins de 14 milliards de dollars par an d'ici à 2030.

L'agriculture, laissée pour compte ?

Les pays développés se sont engagés en décembre dernier à Copenhague, sur une base non contraignante, à allouer 30 milliards de dollars au démarrage rapide des efforts visant à aider la planète à faire face à l'impact du changement climatique tout en réduisant les émissions carbone.

A ce jour, quelque 28 milliards de dollars ont été promis, deux milliards ont été déposés auprès de Fonds climat et 700 millions de dollars ont été effectivement déboursés. " Bien que différents mécanismes aient été mis sur pied pour mobiliser des ressources au profit de l'atténuation du changement climatique (réduction des émissions) et de l'adaptation (neutralisation des effets négatifs), la plupart excluent l'agriculture", s'inquiète l'ONU.

Créé sous le Protocole de Kyoto, le Mécanisme de développement propre permet aux pays développés de compenser leurs émissions carbone en investissant dans les pays en développement dans les domaines des énergies renouvelables, de l'efficience énergétique et d'utilisation d'autres formes de carburant.

"Toutefois, les projets qui séquestrent le carbone dans le sol ne sont pas éligibles au Mécanisme de développement propre alors même que la séquestration du carbone dans le sol représente 89% du potentiel d'atténuation de l'agriculture, explique la FAO. Si l'agriculture doit nourrir 9 milliards de personnes à l'horizon 2050 tout en séquestrant de grandes quantités de carbone atmosphérique, il est nécessaire d'avoir des niveaux de financement plus élevés et de faire preuve d'innovation".

Différentes possibilités de financement

Parmi les pistes de financement suggérées par la FAO : un prélèvement sur le PIB des pays développés, des taxes sur les émissions dues au transport international ou sur les transactions financières internationales, des taxes carbone, des prélèvements sur les capitalisations, avec, en ligne de mire, un marché du carbone mondial.

"La création d'un tel marché pourrait apporter un important soutien à l'adaptation au changement climatique dans l'agriculture, commente la FAO. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la vente des compensations carbone dans l'agriculture des pays non membres de l'OCDE pourrait procurer 30 milliards de dollars par an, une somme qui pourrait être utilisée pour attirer davantage de fonds sur une large échelle".

La réduction des émissions de CO2 liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD) dans les pays en développement a été proposée dans le cadre de mécanismes de financement futurs. La FAO aide les pays à préparer des stratégies REDD dans le cadre de son programme d'assistance aux pays en développement, UN-REDD. "Il est évident que les ressources publiques ne suffiront pas.

Mais un effet de levier n'est pas à exclure et ces ressources pourraient s'ajouter à d'autres sources de financement", précise la FAO qui a, par exemple, facilité un partenariat public-privé dans les hautes terres tibétaines de Hiana en vue d'accroître la productivité de l'élevage tout en éliminant les gaz à effet de serre grâce à la restauration des parcours.

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Auteur : Patrick Cros

Source : www.developpementdurablelejournal.com