Climat : "Il ne s'agit pas de culpabiliser mais d'assumer ses responsabilités" - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 26/11/2009 à 21h00 par Jacques.


CLIMAT : "IL NE S'AGIT PAS DE CULPABILISER MAIS D'ASSUMER SES RESPONSABILITÉS"

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
Climat : "Il ne s'agit pas de culpabiliser mais d'assumer ses responsabilités"

Information sélectionnée par Jacques

Dans un chat au Monde.fr, Pascal Husting, président de Greenpeace France, appelle les habitants des pays industrialisés, responsables de 80 % des gaz à effet de serre, à prendre leurs responsabilités. Il dénonce par ailleurs l'attitude des Etats-Unis, et de son président Barack Obama, qui esquive sa "responsabilité de plus grand pollueur climatique".

Pitch : Avez-vous l'impression que les Français ont pris la dimension du réchauffement climatique ?

Pascal Husting : Je dirais qu'au niveau de la prise de conscience, beaucoup de progrès ont été réalisés ces dernières années. Là où il faut avancer très rapidement maintenant, c'est par rapport aux actes. Il faut notamment que des notions d'efficacité énergétique entrent dans les actes quotidiens des Français.

Roxanne : Les campagnes de sensibilisation ont-elles montré leur efficacité ?

Pascal Husting : Oui, je pense qu'elles commencent à porter leurs fruits. 400 000 Français ont signé L'Ultimamum climatique adressé au président de la République. Des centaines, voire des milliers de Français se réuniront le 5 décembre pour lancer un dernier appel à Nicolas Sarkozy de tout faire pour aboutir à un accord équitable, ambitieux et contraignant à Copenhague.

Mais nous ne sommes qu'au début de cette mobilisation, et les mois qui suivront Copenhague doivent absolument déboucher sur un élargissement massif du nombre de citoyens qui veulent s'engager.

Comment faire pour avoir un discours audible sur le climat alors que beaucoup de gens doutent de la réalité du réchauffement climatique, avec des arguments souvent fallacieux ?

Pascal Husting : Aujourd'hui, il y a une prise de conscience sur la question climatique qui est très avancée. Notamment aussi grâce au travail des associations relayé par les médias, l'urgence climatique est devenue un sujet compris par une grande partie de nos concitoyens.

Maintenant, c'est un fait qu'il y a eu au cours des dernières semaines notamment un retour en force des "négateurs", qui nient l'évidence scientifique. Je crois que face à l'évidence scientifique, relayée par le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), les tentatives de diversion doivent tout simplement être mises de côté. A chaque citoyen aussi de s'informer, les sources sont nombreuses, et les sources sérieuses vont toutes dans la même direction, à savoir que l'urgence climatique est une réalité, qu'il ne s'agit plus d'un problème de demain, ailleurs, mais bien d'un problème d'ici, aujourd'hui.

Roxanne : Est-ce qu'il faut être plus offensif, voire mener des campagnes agressives ?

Pascal Husting : Il faut être plus offensif. Je pense que ce qui a été fait cette année en France, la mise en place d'une coalition totalement inédite d'ONG de droits de l'homme, d'humanitaires, du développement et de l'environnement, qui a lancé cet appel au président de la République, L'Ultimatum climatique, montre qu'aujourd'hui la crise climatique est perçue comme une crise qui accélère et aggrave l'ensemble des autres crises : alimentaire, eau, non-respect des droits de l'homme, et tensions géopolitiques en général.

C'est par le biais de telles initiatives que les ONG sont plus offensives dans la mesure où en montrant l'interconnexion et les liens entre les différentes crises, on espère susciter un élan sans précédent de la société civile et des citoyens en général.

Oursonne : N'avez-vous pas peur d'être trop alarmiste ?

Pascal Husting : Ceux qui sont le plus alarmistes, ce sont les scientifiques. Ils nous disent que nous sommes tout en haut de la fourchette haute du pire des scénarios qu'ils ont établis. Nous sommes confrontés à la probabilité d'effets de seuil, par exemple la possibilité du dégel des tourbières sibériennes qui renferment autant de gaz à effet de serre que le CO2 émis mondialement sur les cinquante dernières années. Et l'ensemble des nouvelles données scientifiques montre qu'une action urgente est absolument essentielle.

Le plus grand défi sera d'inverser la courbe des émissions mondiales au cours de cette décennie. L'enjeu est énorme, sachant que les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 30 % entre 2000 et 2008. Ce qui revient à dire qu'il nous faudra inventer, dans les mois et les quelques années qui viennent, un autre modèle économique et un autre modèle de développement.

Louise : Le discours perpétuellement culpabilisateur des écologistes ne dessert-il pas la cause de l'environnement ?

Pascal Husting : Je pense qu'aujourd'hui les écologistes sont plutôt dans un discours politique. Ce que nous demandons pour Copenhague, c'est que les chefs d'Etat prennent les décisions qu'il faut, les décisions qui suivent les conseils des scientifiques, et nous pensons au contraire que ce n'est pas la somme des changements comportementaux individuels qui fera l'affaire.

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

........