Climat: il faudra consommer moins ou la nature s'en chargera - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 14/12/2009 à 17h04 par Tanka.


CLIMAT: IL FAUDRA CONSOMMER MOINS OU LA NATURE S'EN CHARGERA

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Climat: il faudra consommer moins ou la nature s'en chargera

Information recueillie par Tanka.

Jean-Marc Jancovici, en direct de Copenhague, était l'invité de Matin Première ce lundi. Pour ce spécialiste du climat, il faut arrêter de penser que l'on va consommer toujours plus et si des mesures ne sont pas prises en ce sens, ce sera à coup de récession.

Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil, conférencier et auteur affirme que si l'on ne diminue pas notre consommation, l'épuisement des ressources naturelles s'en chargera à coup de récession.

Selon ce spécialiste du climat, observateur français à la conférence de Copenhague, il y a un problème "en amont" dont on ne parle pas à Copenhague, c'est l'épuisement de ces ressources. Les émissions de gaz à effet de serre ont, dit-il, de manière très réducteur trois sources : les combustibles fossiles (le gaz, le pétrole et le charbon), les déforestations et les pratiques agricoles.

Mettant de côté les pratiques agricoles, il affirme qu'on est au maximum, ou quasiment, de la production mondiale de pétrole. On en a encore pour cinq ou dix ans "avant que cela ne décline de manière franche", dit-il. Pareil pour la production de gaz à laquelle il accorde encore une dizaine d'années. Vu l'absence de croissance, il n'y a donc plus rien à négocier, "c'est la géologie qui va le faire pour nous".

Le charbon et la forêt en perte de vitesse

Concernant le charbon, par contre, il y a encore une réserve de croissance mais elle diminue, selon lui, et cela concerne essentiellement les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l'Inde, l'Australie et l'Afrique du sud. Ces derniers représentent à eux seuls 85% de la production mondiale, précise l'ingénieur.

Il y a également peu de réserve de croissance pour la foret, selon Jean-Marc Jancovici. Cela concerne l'Indonésie, le Brésil et les pays d'Afrique équatoriale.

En d'autres termes, "c'est une manière de dire que dans 10 ou 20 ans, c'est à coup de récession que l'on va faire les diminutions si on ne les fait pas". Et d'ajouter : "L'idée que l'on va pouvoir émettre des émissions indéfiniment, cela n'existe pas. On est dans un monde fini et les sources sont limitées. La question est de savoir si on va le gérer ou le subir".

Le pire, ajoute-t-il, c'est que "l'inertie du système climatique et notamment celui de l'océan" va faire "que le maximum des conséquences, on va l'avoir des décennies, des siècles ou des millénaires après avoir passer le seuil des émissions". "C'est particulier car l'Homme n'y a jamais été confronté".

Copenhague, un pas en avant

Pour Jean-Marc Jancovici, le fait que les chefs d'Etat soient amenés à la négociation à Copenhague, est un pas en avant. "Cela rend un peu obligatoire de trouver un accord". Ce ne serait pas bon pour eux (en terme d'électorat) d'en revenir bredouille ou avec un papier signé "pour rien".

"Ce qui va être un peu plus sportif, c'est de respecter ce que l'on aura signé, de mettre en place les instruments qui vont permettre d'y arriver". Le Français se dit d'ailleurs "partisan" d'une "déclaration unilatérale" de chaque chef d'Etat accompagnant leur signature. Une manière d'expliquer ce "qu'ils vont faire chez eux pour respecter les engagements pris".

Cet ingénieur conseil estime également qu'il est "urgent de se débarrasser du PIB comme indicateur macro-économique global parce que tant qu'on aura ça, on aura un vrai problème. On cherche à préserver un stock (un climat stable) avec un indicateur qui est un indicateur de flux". "Le PIB", insiste cet observateur, "ne mesure rien d'autre que la valeur de la transformation des ressources naturelles pour en faire autre chose".

L'attitude des Etats-Unis, "un pas énorme"

Fort critiquée pour son manque d'ambition, la position des Etats-Unis, est un "jeu de persuasion", estime Jean-Marc Jancovici. "Il faut bien voir aussi que diminuer les émissions de gaz à effet de serre, c'est diminuer la quantitée d'énergie que l'on consomme et par conséquent c'est pas très loin de diminuer le pouvoir d'achat matériel des gens". "Les responsables doivent régler le fait que les gens veulent pouvoir consommer plus et en même temps sauver la planète".

Par ailleurs, il estime que de passer d'une position où l'on nie le problème à une position on l'on prend un engagement ferme, "est un pas énorme". "C'est reconnaître que la contrainte est légitime", avance l'auteur.

Les climatosceptiques, "une émanation des médias"

La montée des climatosceptiques, particulièrement en France, n'est pas à craindre, estime Jean-Marc Jancovici. D'abord parce qu'ils sont peu nombreux, ensuite parce qu'"il s'agit de personnes qui aiment se mettre en avant" ou qui "ont des idées farfelues".

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