Climat : éliminer les subventions aux énergies fossiles en vue du G20 - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 24/06/2010 à 08h18 par Tanka.


CLIMAT : ÉLIMINER LES SUBVENTIONS AUX ÉNERGIES FOSSILES EN VUE DU G20

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Climat : éliminer les subventions aux énergies fossiles en vue du G20

Hôte du G20 les 26 et 27 juin, le Canada a finalement introduit le changement climatique à l'ordre du jour. L'occasion pour la communauté internationale de se saisir des financements innovants pour promouvoir la réorientation énergétique du monde.

Les solutions les plus simples ne le sont qu'en apparence. Il y a longtemps que les ONG martèlent une proposition qui paraît de bon sens : convertir en investissements écologiques les 500 milliards de dollars de subventions consacrées chaque année à soutenir l'exploitation des énergies fossiles.

Cette manne serait mieux employée à lancer les filières d'énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Une idée simple qui se heurte à bien des obstacles. Au Canada par exemple, pas question d'éliminer les soutiens à l'extraction des sables bitumineux. Et dans des pays du Sud comme l'Indonésie, tout renchérissement de l'essence à la pompe est susceptible de déclencher une émeute.

Le Groupe consultatif sur les finances mis en place par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon se réunit à Paris les 21 et 22 juin pour élaborer des sources novatrices de financement de la protection du climat. Il rassemble des personnalités comme l'économiste britannique Nicholas Stern et l'homme d'affaires américain George Soros, la ministre française des finances Christine Lagarde et ses homologues le mexicain Ernesto Cordero Arroyo et le sud-africain Trevor Manuel, Peter Stoltenberg, premier ministre norvégien, Meles Zenawi, premier ministre éthiopien, le sous-secrétaire d'Etat brésilien Pedro Luiz Carneiro de Mendonça, Zhu Guangyao pour le ministère des finances chinois...

Ce groupe de travail dialogue à huis clos depuis plusieurs mois, son rapport sera rendu public en octobre. Pour Kim Carstensen, directeur du WWF Global Climate Initiative au WWF International, ''les promesses financières annoncées à Copenhague sont loin de suffire''. Seuls des fonds publics seront à même de faire démarrer des filières industrielles dédiées aux énergies renouvelables. Les investissements privés devraient intervenir une fois ces filières lancées par des financements publics massifs, d'où l'importance cruciale des financements innovants.

Les mêmes qui ont négocié l'accord de Copenhague vont se retrouver à la table de négociations du G20 de Toronto et devraient profiter de l'occasion pour rassembler les sommes nécessaires, selon le WWF. Il restera aussi à garantir que ces sommes proviendront majoritairement de fonds publics, et qu'elles seront additionnelles par rapport à l'aide publique au développement traditionnelle. Quant aux pays les plus vulnérables, il faudra leur assurer qu'ils bénéficieront de dons et, accessoirement, de prêts, pour faire face aux impacts du réchauffement global.

Le G20 a rendez-vous avec la taxe Tobin

Huit sources de financements innovants pour le climat ont été listées par le groupe de travail ad hoc des Nations unies parmi lesquelles figurent droits de tirage spéciaux, taxe carbone, mise aux enchères des quotas de CO2, taxe sur les carburants de soute des secteurs maritimes et aériens, et taxe sur les transactions financières du type Taxe Tobin. Ces deux dernières seraient indolores et pourraient rapporter gros : d'après la Commission européenne, la taxe sur les carburants de soute dégagerait entre 25 et 37 milliards de dollars par an. Et une taxe infime sur les transactions financières rapporterait 500 milliards de dollars par an. Manne bienvenue dans le contexte actuel, la taxe Tobin – réclamée par les ONG depuis plus de dix ans -, est soutenue par des Etats comme la France, l'Allemagne et la Grande Bretagne, mais aussi par le Brésil et le Mexique. Reste à en convaincre la Chine, l'Inde et les Etats-Unis.

Pour Elise Buckle, chargée de campagne climat au WWF France, ''au G8/G20 au Canada, on parlera taxe sur les transactions financières, mais cette taxe ne doit pas seulement servir à renflouer les banques, ou les caisses des Etats, mais bien à investir dans les biens publics mondiaux (la santé, le développement, le climat), à investir dans l'avenir de notre planète''. Endettement massif et marée noire plaident en faveur d'un basculement financier et énergétique des vieux pays industriels, en quête d'un second souffle.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

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Auteur : Agnès Sinaï

Source : www.actu-environnement.com