CITES : victoire quasi totale de l'armada nippone - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 23/03/2010 à 20h43 par frederic.


CITES : VICTOIRE QUASI TOTALE DE L'ARMADA NIPPONE

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CITES : victoire quasi totale de l'armada nippone

Le Japon pavoise, le Japon jubile.

Une nouvelle fois aujourd'hui, à Doha, l'armada nippone a envoyé par le fond le camp des conservationnistes représentés par les États-Unis et l'Europe occidentale : trois requins n'ont pu atteindre la majorité requise pour obtenir l'encadrement de leur commerce international.

Après le thon rouge et les coraux, le premier consommateur au monde de poissons est en passe de réussir son pari d'entraver toute tentative de protection d'espèces marines commerciales.

Tokyo ne voulait surtout pas qu'une convention purement dédiée à la conservation, telle que la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction), puisse jouer les empêcheurs de pêcher en rond.

Pour le Japon, les quotas de pêche doivent être arrêtés par les seuls pays de pêcheurs rassemblés au sein d'organisations spécialisées comme la CICTA (la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique).

Il a su en convaincre les nombreux pays côtiers d'Asie et d'Afrique à qui il a fait croire que tout classement en Annexe 1 (arrêt total du commerce international) ou en Annexe 2 (commerce soumis à des restrictions) entraînerait ipso facto la "mort" de leurs petits pêcheurs.

Dès jeudi, cette stratégie a parfaitement fonctionné avec le thon rouge : il faut dire que le géant japonais trouvait en face de lui le nain monégasque et une Union européenne totalement désorganisée.

Cette dernière avait mis trois mois pour aboutir à une position alambiquée, exigeant l'Annexe 1, mais assortie d'un délai d'application totalement... inapplicable.

Plus fou encore : c'est l'Espagne, le pays européen le plus opposé à l'Annexe 1 pour le thon rouge, qui représente l'UE à Doha !

Bref, jeudi dernier, Tokyo s'est fait un plaisir de laisser son allié la Libye porter l'estocade sans attendre. Tripoli imposa un vote immédiat sur les deux propositions, monégasques (Annexe 1 sans délai) et européennes (Annexe 1 avec un délai de 12 mois).

L'une comme l'autre furent balayées par la flottille asiatique et arabe craignant qu'après le thon rouge d'autres espèces de thons puissent être mises sur la sellette.

"Après Copenhague, c'est de nouveau le signe de l'incapacité de l'Europe à être un acteur international efficace", explique Serge Orru, directeur général de WWF-France.

Deuxième naufrage, celui de la proposition des États-Unis et de l'Europe d'inscrire 31 coraux rouges en Annexe 2 afin d'encadrer un commerce lucratif et immodéré.

Une nouvelle fois, le Japon (principal centre de récolte avec Taiwan et la Méditerranée) monta à l'abordage, faisant craindre une perte de revenus aux petites nations maritimes. Le vote fut sans appel contre l'Annexe 2.

Enfin, troisième victoire du Japon, mardi : le vote défavorable pour un classement en Annexe 2 du requin-marteau Sphyrna lewini, du requin océanique et de l'aiguillat commun (ou saumonette).

Trois espèces que toutes les institutions de conservation considèrent comme en grand danger d'extinction.

Mais les Japonais et les Chinois apprécient tellement la soupe d'ailerons de requin !

Seul le requin-taupe a finalement échappé au coup de filet nippon. Une maigre consolation qui n'empêche pas le camp des conservationnistes de faire la soupe à la grimace.

Par Frédéric Lewino

Source : lepoint.fr

Information recueillie par Frédéric

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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