Cinéma : Solutions locales pour un désordre global - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 04/05/2010 à 19h00 par Jacques.


CINÉMA : SOLUTIONS LOCALES POUR UN DÉSORDRE GLOBAL

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Cinéma : Solutions locales pour un désordre global

Pierre-André Cordonier

Le film Solutions locales pour un désordre global, signé Coline Serreau, fait le procès de l'agriculture industrielle et présente les alternatives.

Dans les salles de Suisse romande dès le 5 mai.

«L'agriculture actuelle est issue de la guerre. Il a bien fallu que les industries qui ont fabriqué les gaz de combat liquident leurs stocks».

«La révolution verte était verte par la couleur du dollar», «le plus gros tracteur, la vache à 10 000 litres, on en revient toujours à celui qui veut pisser plus loin que son camarade dans le préau de l'école», «que feront ces millions de paysans indésirables, chassés de la campagne par la révolution verte et rejetés des villes où on ne les veut pas?»: Solutions locales pour un désordre global, un documentaire de Coline Serreau, ne fait pas dans la dentelle.

Connue pour son succès Trois hommes et un couffin, et pour ses fictions critiquant le mode de vie consumériste (dont La Belle Verte), la cinéaste française propose un tour d'horizon des conséquences désastreuses de l'agriculture intensive et industrielle et, surtout, des alternatives expérimentées un peu partout.

Le film alterne bilan catastrophique et expérimentations de nouvelles solutions en interrogeant des personnalités fortement impliquées dans la critique du modèle actuel.

Une agriculture sylvo-pastorale

D'un côté les bidons-villes des grandes cités du tiers-monde où viennent s'échouer les paysans chassés par la révolution industrielle, les champs cultivés industriellement du Nord ou du Sud dont les sols s'érodent et meurent, de l'autre les solutions durables, biologiques, à échelle familiale, indépendantes des grands trusts, faisant retour à l'agriculture sylvo-pastorale.

Des combats parfois durs comme en Inde où les paysans se suicident par milliers, comme au Brésil où des sans-terres ont subi la torture avant de pouvoir faire valoir leurs droits.
Ce documentaire de Coline Serreau réjouira plus d'un; il énervera beaucoup d'autres.

D'abord parce qu'il fait appel à un réflexe millénariste et à des archétypes ancrés en beaucoup d'entre nous: d'un côté les bons et de l'autres les méchants (les multinationales entre autres); le passé et la nature encensées, le monde moderne et ses solutions diabolisées. Et le rêve si tentant de l'autonomie version autarcie!

Un film militant

Plus ennuyeux, Coline Serreau n'a pas donné une seule fois la parole aux nombreux paysans et chercheurs qui réfléchissent aussi à des solutions plus durables et les appliquent sans pour autant rejeter en bloc l'agriculture moderne.

Un film militant certes, mais qui pourra malheureusement induire dans l'esprit du spectateur peu averti l'idée que les techniques de cultures moins agressives comme le sans-labour, pour prendre un exemple, sont complètement rejetées des écoles d'agronomies et des centres de recherches officiels. Ou, autre exemple, que tous les agriculteurs qui font appel à des semences certifiées sont esclaves des multinationales.

Le propos va parfois si loin qu'on en arrive à des renversements qui laissent quelque peu perplexes: l'agriculture industrielle rejette les femmes alors que les cultures anciennes, en Inde, en Afrique, leur faisaient une place d'honneur.

Maïa, la terre mère, foulée au pied (c'est le cas de le dire) par la conquête masculine. Si les femmes sont effectivement largement sollicitées dans les agricultures traditionnelles, cela ne veut pas dire que leur statut social est nécessairement enviable.

Et pourquoi, en Europe, ont-elles quitté en masse le milieu rural traditionnel dès que les moyens le leur ont permis?

L'agriculture au-devant de la scène

Mais il faut aller voir ce film. D'abord parce qu'il met l'agriculture, trop souvent méprisée ou déconsidérée, au-devant de la scène pour la recherche d'une société plus équilibrée; parce qu'il ne nous laisse pas considérer comme un simple accident de la croissance la création des bidons-villes avec leur cortège de misères, comme négligeables les impasses des agricultures industrielles; parce qu'il montre, malgré tout, comment cette paysannerie sur mécanisée et fortement endettée est issue en partie au moins de la guerre, du calcul parfois cynique de quelques multinationales, de cette course en avant obsessionnelle et trop peu réfléchie de la croissance.

Et parce qu'il plaide en faveur de solutions vitales pour une bonne partie de la planète.

Sur le Web
www.solutionslocales-lefilm.com

Source : 193.247.189.70/agrihebdo

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