Chili : Les indiens mapuches sont vus « comme des sauvages » - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 23/09/2010 à 15h21 par Jacques.


CHILI : LES INDIENS MAPUCHES SONT VUS « COMME DES SAUVAGES »

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Cela fait plus d'un mois que 32 détenus mapuches (indigènes autochtones du Sud du Chili) suivent une grève de la faim dans les prisons du Sud du pays. Ils demandent que soit supprimée la loi dite « antiterroriste », mise en place par la dictature militaire, qui impliquait que tout opposant au régime soit jugé par un tribunal militaire en tant que « terroriste ».

Bien qu'elle ait été quelque peu modifiée dans son contenu, cette loi s'applique aujourd'hui aux Mapuches en conflit, sur leurs terres, avec des entreprises multinationales forestières, papetières et hydroélectriques qui détruisent sans vergogne l'écosystème dans lequel ils vivent depuis des siècles.

Une centaine de Mapuches se trouvent derrière les barreaux pour s'être opposés, certains violemment, à ces entreprises. La loi les désigne comme « terroristes ».

Nous avons rencontré une réalisatrice, Elena Varela, qui, pour avoir filmé les communautés mapuches pendant plusieurs années, s'est retrouvée elle-même dans les mailles d'un système policier bien ficelé : celui-ci a cherché à la faire taire en l'inculpant « d'association de malfaiteurs » et de « liens avec un groupe terroriste ».

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Comment vous intéressez-vous aux revendications des Mapuches ?

Pour moi, le travail d'investigation journalistique a commencé le 7 novembre 2002, avec la mort d'un gamin de 17 ans, assassiné par un carabinier alors qu'il tentait, avec d'autres Mapuches, de récupérer des terres. Son assassin n'a été ni jugé ni sanctionné.

J'ai appris alors que l'entreprise espagnole Endesa construisait sept barrages en terre pehuelche (tribu mapuche), dans le Sud du Chili, et j'ai décide d'aller voir ce qui s'y passait, de filmer. Je me suis retrouvée devant la fameuse « operación paciencia » (opération patience) menée par le gouvernement du Président Ricardo Lagos afin de détruire l'organisation mapuche.

Depuis quand les Mapuches sont-ils en résistance et pourquoi ?

Ils sont traités comme des « barbares » depuis le XVIIe siècle. Des « sauvages » qui ne connaissent ni loi ni dieu, disait-on à l'époque. Avec des boleadoras, des haches... ils ne pouvaient pas grand-chose contre les armes à feu, mais ils résistaient quand même.

L'Etat chilien ne les a jamais reconnus. L'invasion de l'Araucanie n'est pas si lointaine, elle a lieu à la fin du XIXe siècle. Il existe, depuis le début, une lutte qui oppose les Mapuches à l'Etat. Les Mapuches tentent de survivre, de préserver leur culture, d'exister ; l'Etat, lui, cherche à unifier, et d'une certaine manière à éliminer l'indigène de la carte.

Les Mapuches et la terre des ancêtres : une question d'actualité...

Le problème des terres est crucial pour les Mapuches. D'autant que l'Etat a littéralement donné des terres, dans le Sud du Chili, à des immigrants européens (Croates, Allemands, Basques...) dès le XIXe siècle pour peupler la région, pour la coloniser. Dans les années 70, le gouvernement d'Allende a rendu des terres aux Mapuches... mais elles leur ont été retirées lors de la dictature militaire.

La Concertation était supposée restituer des terres aux communautés mapuches avec la promesse de signature d'un pacte dit « de Nueva Imperial »... Le Président Aylwin s'est même assis à une table avec les dirigeants mapuches qui l'ont cru. Puis le Président Lagos a promis, lui aussi... pour finalement vendre la plupart de ces terres à des entreprises forestières, hydroélectriques et papetières étrangères.

Qu'ont dit les Mapuches ?

C'était une trahison. Tout s'est fait dans leur dos. Ils n'ont appris les accords passés entre le gouvernement et les multinationales étrangères qu'au moment où elles inauguraient les travaux. Jamais les gouvernants n'ont raconté aux Chiliens ce qu'ils trafiquaient, et encore moins aux Mapuches.

Aujourd'hui, je crois qu'ils ne croient plus en personne, ni en un gouvernement de gauche ni en un gouvernement de droite. Mais ils espèrent pouvoir, un jour, être reconnus en tant que peuple. Afin d'être légitimes. Des Mapuches, il y en a aussi beaucoup en Argentine...

Nombreux sont les Chiliens qui se sentent proches de leur cause et qui les appuient. Car le problème mapuche est devenu un problème politique, social et racial. Il suffirait de reconnaître qu'ils forment un peuple, leur donner la possibilité de participer à la construction du pays en tant que tel, avec leur identité.

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Quand est-ce qu'on vous a arrêtée et pourquoi ?

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Et vous vous êtes retrouvée derrière les verrous...

J'ai passé quatre longs mois en prison. Mon matériel m'a été complètement confisqué, et les cassettes qui m'ont été rendues n'étaient souvent plus lisibles.

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Auteur : Cristina L'Homme

Source : www.rue89.com