Cesser de consommer les animaux en voie de disparition comme le thon rouge - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 04/06/2011 à 14h43 par Tanka.


CESSER DE CONSOMMER LES ANIMAUX EN VOIE DE DISPARITION COMME LE THON ROUGE

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Cesser de consommer les animaux en voie de disparition comme le thon rouge

 
Le thon rouge est gros, rapide, délicieux et rare. Pour toutes ces raisons, il est très prisé par les pêcheurs commerciaux et sportifs. Le thon rouge de l'Atlantique est souvent vendu plus de 1000 $ le kilo. Ceci a forcé le poisson encore plus loin sur la voie de l'extinction.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a récemment recommandé d'inscrire la population du thon rouge de l'Atlantique occidental à la liste des espèces en voie de disparition. Le thon rouge rejoint le saumon, le sébaste, les requins, la carette, la morue de l'Atlantique et bien d'autres espèces inscrites sur la liste des espèces marines vulnérables au Canada. La pêche a été identifiée comme un facteur clé du déclin de toutes ces espèces.

Malheureusement, le gouvernement et l'industrie semblent adopter une attitude de déni. «Notre pêche au thon rouge de l'Atlantique est la pêche la mieux gérée de ce type dans le monde entier à l'heure actuelle», a dit un porte-parole du ministère des Pêches et des Océans (MPO) en réaction à cette recommandation.

 

 
Un représentant de l'industrie a affirmé que l'inscription du thon rouge en vertu du la Loi sur les espèces en péril du Canada serait le «coup de grâce» asséné aux pêcheurs de l'Atlantique. L'opinion du MPO concernant la pêche au thon rouge est présentée sur sa page Web «Durabilité du poisson et des produits de la mer», avec des liens vers une série de vidéos promotionnelles sur le thon, financées par le gouvernement.

Les thons rouges qui sillonnent les eaux canadiennes en été sont principalement de gros poissons matures qui fraient en mai dans le golfe du Mexique. Ils sont capturés principalement près de l'Île-du-Prince-Édouard et dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Selon les récentes estimations, la population reproductrice de thon rouge est d'environ 66 000 poissons, le plus bas taux jamais enregistré, en dessous du taux de plus de 265 000 poissons des années 1970. Les États-Unis ciblent également ce poisson, mais le gouvernement américain admet au moins sur son site Web que le thon rouge fait l'objet d'une surpêche.

Les États-Unis envisagent de désigner le thon rouge comme menacé en vertu de leur loi sur les espèces en péril. Les Américains ont également pris d'autres mesures pour protéger ce poisson. Une pêche ciblant d'autres espèces, mais qui capture du thon rouge en prise accessoire, doit utiliser des «hameçons souples» qui se redressent lorsqu'un gros thon rouge est pris, lui permettant ainsi de s'échapper. Ironiquement, tandis que le gouvernement des États-Unis tente de trouver des façons de permettre aux gros thons rouges de s'échapper et de survivre, le gouvernement canadien crée des vidéos qui font la promotion de leur capture.

 

 

Dans un effort de justification de la pêche d'une espèce surexploitée et en voie de disparition, notre gouvernement a pris quelques mesures pour surveiller le nombre de captures, mais échoue à prendre les mesures nécessaires pour véritablement rétablir l'espèce.

Le Canada décidera s'il inscrira officiellement le thon rouge en vertu de la Loi sur les espèces en péril dans environ un an. L'inscription mobiliserait un certain nombre de moyens essentiels au rétablissement du thon rouge, un dénouement qui pourrait même avantager les pêcheurs. Les chercheurs estiment que le rétablissement de la population triplerait le nombre de poissons disponibles pour la pêche dans le futur. Une telle inscription requiert également de travailler en partenariat avec d'autres pays, ce qui pourrait donner une véritable occasion de retour au thon rouge. Cela donnerait également un exemple aux pays du monde entier.

La gestion des espèces marines en péril se trouve dans une période décisive au Canada. Une récente décision judiciaire fédérale pour la protection de l'épaulard a qualifié le MPO «d'évasif et de récalcitrant de façon injustifiable» et a ordonné au ministère de rembourser les organismes qui ont poursuivi le gouvernement en justice, y compris la Fondation David Suzuki. Il vaudrait mieux que l'argent de ces contribuables soit utilisé pour défrayer ce que les Canadiens veulent: la protection de nos espèces en voie de disparition.

Plutôt, notre argent sert à défendre des pratiques et des pêches qui sont inacceptables pour la majorité des Canadiens. Nous pouvons continuer à exploiter les occasions économiques limitées et à court terme des espèces appauvries ou nous pouvons prioriser la conservation en utilisant les moyens dont nous disposons pour les rétablir.

Les pêcheurs canadiens de thon rouge ne croient pas qu'ils épuisent la ressource, pas plus que le MPO, mais l'autorité de gestion scientifique internationale qui supervise les quotas a conclu que des «incertitudes importantes demeurent quant à l'avenir de la population occidentale». Pour ajouter aux inquiétudes, le déversement de pétrole de l'an dernier dans le golfe du Mexique a empiété temporellement et physiquement sur la seule zone connue de fraie occidental du thon rouge.

Notre pêche au thon rouge tient davantage du trophée de chasse à l'ours brun que de la pêche vivrière. La consommation du thon rouge équivaut à la consommation de pandas ou de tigres. Nous devrions rétablir, et non pas consommer, les espèces en voie de disparition. Nous possédons les moyens et le savoir nécessaires pour rétablir leur population. Il ne nous manque que la direction et une pensée à long terme.

 
Un article de l'Agence QMI David Suzuki , publié par Canoe

 

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Auteur : Agence QMI David Suzuki

Source : fr.canoe.ca