Censure administrative de l'Internet sous couvert de protection de l'enfance - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 16/12/2010 à 19h40 par Mich.


CENSURE ADMINISTRATIVE DE L'INTERNET SOUS COUVERT DE PROTECTION DE L'ENFANCE

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Censure administrative de l'Internet sous couvert de protection de l'enfance

Niaiserie technologique ou volonté de contrôle accru? interroge April

L'article 4 de la LOPPSI 2 instaure délibérément la censure administrative d'Internet, au prétexte de protection de l'enfance et au mépris de toutes les analyses de la société civile qui rejettent unanimement ces dispositions inefficaces et dangereuses. L'April appelle les députés à s'y opposer lors de sa deuxième lecture à l'Assemblée.

L'April s'oppose à la censure du Net prévue par l'article 4 de la loi LOPPSI 2 (« Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure »).

Sa mise en place, au prétexte de la lutte contre la pédopornographie, est un cheval de Troie. Une fois déployée au nom de la protection de l'enfance pour laquelle elle est parfaitement inefficace, elle pourra à loisir être étendue à d'autres domaines (elle est d'ailleurs déjà en place pour les jeux en ligne) comme la lutte contre le partage d'oeuvres en ligne, la diffamation et, pourquoi pas, le filtrage de sites mettant à disposition des logiciels favorisant le partage de fichiers, ou encore le contournement des DRM (« menottes numériques »).

De plus, des dégâts collatéraux comme la censure de sites parfaitement légitimes est inévitable, de l'aveu même du gouvernement. Ces dispositions porteront inéluctablement atteinte à la liberté d'expression et de communication.

« Les auteurs et utilisateurs de logiciels libres, tout comme l'ensemble des utilisateurs d'Internet, se trouvent directement menacés par la perspective d'un filtrage du Net arbitraire, laissé aux mains du gouvernement.

L'April se joint donc à Reporters Sans Frontières, La Quadrature du Net ou l'association d'information sur la pédophilie L'Ange Bleu pour dénoncer cette instrumentalisation de la protection de l'enfance. Nous appelons les députés à rejeter l'article 4 de la LOPPSI » déclare Tangui Morlier, président de l'April.

À la lumière des objections des nombreux citoyens et organisations qui se sont exprimés sur le sujet, le législateur ne peut plus ignorer qu'empêcher l'accès à un site Web ne répond absolument pas à un objectif de protection de l'enfance (à ce sujet voir les propositions de l'association Ange Bleu), que cela passe par une décision administrative ou par une décision judiciaire.

En revanche, il ne fait aucun doute qu'il s'agit de faire accepter un dispositif pour ensuite l'étendre à d'autres situations hors du cadre prévu, comme en témoigne la volonté du président Sarkozy de filtrer « sans délai » le réseau, pour soi-disant faire peser moins de mesures sur les internautes.

L'April soutient donc l'appel lancé par La Quadrature du Net et invite ses membres et soutiens à contacter leurs députés pour les alerter sur les dangers du filtrage du Net, niaiserie technologique promise à servir d'inquiétantes dérives.


Sur le Point :

Dispositif inefficace à l'étranger

Les expériences de listes noires à l'étranger ont toutes été des fiascos. La pire étant la liste australienne, dont le contenu avait été dévoilé en mars 2009 par WikiLeaks. Parmi les 2.000 sites pédophiles, censés être les seuls visés par la loi, on trouvait des adresses inattendues. Ainsi, des sites de poker en ligne, des vidéos de YouTube ou encore la page personnelle d'un dentiste étaient filtrés. Tout comme certaines pages de WikiLeaks, qui devenait politiquement dérangeant pour le gouvernement australien.

Les récents événements liés à l'hébergement de WikiLeaks en France font craindre le pire aux associations. Le ministre de l'Industrie et de l'Économie numérique Éric Besson a souhaité forcer la main à OVH, hébergeur français de WikiLeaks, pour qu'il suspende le site spécialisé dans la révélation de documents confidentiels.

Avec l'article 4 de la Loppsi 2, le ministre aurait-il pu filtrer WikiLeaks en France ? "Pas sûr", tempère Patrick Bloche. De son côté, Laure de La Raudière n'exclut pas des dérives, mais "seul l'avenir nous dira" si les craintes sont fondées.

Ce qui est sûr, selon Patrick Bloche, c'est que "si on dépensait autant d'efforts techniques contre les sites pédopornographiques que contre WikiLeaks aujourd'hui, on pourrait presque les éradiquer".

Lire l'article en entier

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Auteur : April

Source : www.artesi.artesi-idf.com