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Cette actualité a été publiée le 28/12/2009 à 13h49 par Tanka.


CE QUI A CHANGÉ DIX ANS APRÈS L'ERIKA

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Ce qui a changé dix ans après l'Erika

Information recueillie par Tanka

Dix ans après la catastrophe, des résidus pétroliers de l'Erika sont encore présents dans les fonds marins.

Une marée noire de plus, diront tous ceux que les catastrophes à répétition consternent. Oui, mais celle-là aura eu au moins le mérite de faire bouger les choses.
Il reste du fioul

La lessiveuse a fait son travail. Comme après chaque marée noire, le fioul qui avait échappé aux pelles des nettoyeurs semble avoir été digéré par la grande bleue. Propre comme avant ? En apparence. Car, que sait-on des dégâts véritables causés à la nature par les 30 000 tonnes de résidus pétroliers ?

Au procès en appel, cet automne à Paris, des experts ont affirmé qu'il en restait dans les fonds marins. Par exemple à Pornichet, où des hydrocarbures estampillés Erika ont été détectés dans la vase du port d'échouage. Toxiques pour l'homme ? On l'ignore, a avoué l'un d'eux.

Et que dire des ravages causés à la faune ! Près du quart des 500 000 oiseaux vivant dans le secteur auraient péri après la marée noire de décembre 1999. Dix ans après, les effectifs n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant. Les eiders à duvet ont disparu. Les populations de petits pingouins et de macareux moines restent dans un état critique.

L'Europe a bougé...

Après la catastrophe de l'Erika, puis le naufrage du Prestige, l'Union européenne a enfin réagi avec un premier train de mesures, dites « paquet Erika 1 », suivi par les « paquets » Erika 2 et 3. Une Agence européenne de la sécurité maritime a vu le jour. Il est prévu de renforcer les contrôles sur les pétroliers. De publier une « liste noire » des navires poubelles. De ne plus accepter, à partir de 2015, les tankers à simple coque. Et d'instituer, dans chaque État côtier, des « ports refuges » dont la liste n'est pas publique.

... Et la justice a créé l'événement

C'est sans doute du côté judiciaire que l'Erika a produit le plus d'effet. En février 2008, le tribunal correctionnel de Paris a rendu un jugement qui innove sur deux points essentiels. D'abord, il condamne Total, simple affréteur du navire, alors que jusqu'alors, seuls l'armateur ou le gestionnaire pouvaient être inquiétés. Ensuite, il reconnaît l'existence d'un préjudice écologique, qui s'ajoute aux préjudices matériel et moral. Les condamnés ont fait appel et, après un nouveau procès, la justice dira, sans doute fin mars, si elle confirme ou non sa décision.

Total sort le chéquier

De la grande flambée de colère qui avait suivi la marée noire, il ne reste plus grand-chose. La plupart des associations ou des particuliers partis en guerre contre Total ont abandonné. Une partie des victimes a reçu de l'argent du Fipol (Fonds d'indemnisation des pollutions) dans des conditions contestées. Après le procès en première instance, Total a versé plus de 170 millions de dommages et intérêts. Ce qui n'a pas empêché une partie des Régions, départements, communes et associations de faire appel.

Marc MAHUZIER - Source : ouest-france.fr

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