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Ce que parler veut dire - sur George Perkins Marsh - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 12/06/2010 à 04h16 par Lo.

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Ce que parler veut dire - sur George Perkins Marsh

Je ne peux pas attendre. Je ne peux. Bien que n'ayant pas fini - de loin - la biographie consacrée à George Perkins Marsh - Prophet of Conservation, by David Lowenthal, University of Washington Press -, il me faut vous en parler. J'ajoute que j'ai lu pour le moment de solides morceaux de l'oeuvre reine de Marsh, qui s'appelle Man and Nature. Le (douteux) miracle du Net a parfois du bon, car on peut charger gratuitement ce livre paru en 1864 (c'est ici). Il est en anglais, je le regrette vivement pour ceux qui ne lisent pas cette langue.

Qui est donc ce Marsh ? D'abord un total inconnu. En France, c'est l'évidence même. Aux États-Unis, sa patrie d'origine, à peine moins. Certains universitaires le citent. Quelques documents le signalent. De rares commentaires le désignent comme un pionnier de la pensée écologiste. Or Marsh est une montagne à lui seul. Un monument d'une telle dimension qu'il me donne le tournis.

Dans son livre, il dit ce que nul autre au monde n'oserait énoncer. Et ce qu'il dit est d'une certaine manière totalement fou. Nous sommes, je le répète, en 1864, et bien qu'en pleine guerre de Sécession, les États-Unis d'Amérique franchissent toutes les frontières mentales et matérielles. L'industrialisation du monde paraît alors sans aucune limite discernable. On se précipite vers le Pacifique en train. Les Indiens meurent un à un, les bisons millions par millions. Le progrès inéluctable marque les esprits davantage encore que les territoires conquis par l'homme blanc.

C'est l'ivresse. Tout est possible. Tout devient réalité. Les villes poussent comme champignons. Les coolies chinois triment pour le compte de leurs maîtres et meurent sans sépulture. Le monde avance irrésistiblement.
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Très tôt, tout jeune, Marsh aime la nature comme on peut aimer une femme, ou un homme. « The bubbling brook, écrira-t-il, the trees, the flowers, the wild animals were to me persons, not things ». Ce qui veut dire : « Le ruisseau bouillonnant, les arbres, les fleurs, les animaux sauvages étaient pour moi des personnes, non des choses ». Eh George ! mais nous pensons exactement la même chose. Depuis toujours, et à jamais, les rivières et les forêts, le caillou même des pentes, les ciels étoilés, la mer océane sont pour moi des êtres. Vivants. Pleins d'une existence profonde, enchanteresse, mystérieuse. Certaine.
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Quand paraît Man and Nature, en 1864, sa vie est faite. Il a 63 ans, et toute son intelligence est enfin rassemblée. Il écrit un livre grandiose dans lequel, avant tout le monde sur cette terre, il décrit la manière dont l'espèce humaine est en train de changer la face du monde, et de la planète. Nul doute qu'il est le précurseur absolu de ce qu'on nommera plus tard le mouvement écologiste. Il sent, ressent, comprend que l'homme devient une force géologique, un agent capable de modifier la trajectoire de notre si frêle esquif.
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Ce type est un extraterrestre, un personnage de science-fiction, l'envoyé de Frank Herbert (auteur de l'immortel Dune) dans le passé. Marsh n'existe pas. Où trouverait-on un gars capable d'achever son livre par ces mots : « Nothing small in Nature. It is a legal maxim that “the law concerneth not itself with trifles”; de minimus non curat lex; but in the vocabulary of nature, little and great are terms of comparison only; she knows no trifles, and her laws are as inflexible in dealing with an atom as with a continent or a planet ».

Ma traduction : « Il n'y a rien de petit dans la Nature. Une maxime légale dit que “la loi ne s'intéresse pas elle-même aux menues vétilles”; de minimus non curat lex; mais dans le vocabulaire de la nature, petit et grand ne sont que des éléments de comparaison; elle ne connaît pas les broutilles, et ses lois sont aussi inflexibles quand elles s'appliquent à un atome que lorsqu'elles concernent un continent ou une planète ». Je devrais, par simple admiration, m'en tenir là, et applaudir debout. Du reste, je le fais. Je le fais vraiment. Je me lève de mon bureau, et j'applaudis le Maître disparu.

Mais je ne peux m'empêcher de continuer un peu, car cette lecture me plonge dans des affres métaphysiques. À quoi sert de parler, d'écrire, de dire la vérité si personne n'est décidé à écouter ? J'ai beaucoup pensé, ces derniers jours, à l'immense solitude qu'a pu être la vie d'un George Perkins Marsh, perdu dans un monde qui n'était pas fait pour lui. Comment a-t-il pu supporter de parler dans le vide ? Oui, à quoi sert de savoir ? À quoi sert de parler quand on ne peut pas agir ?
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"L'homme a depuis longtemps oublié que la terre lui a été donnée en usufruit seulement, non pas pour sa consommation, encore moins sa dévastation!"
George Perkins Marsh - 1864

SOS-planete

Auteur : Fabrice Nicolino

Source : fabrice-nicolino.com

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