Ce cher nucléaire (1/2) - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 11/08/2011 à 12h33 par Kannie.


CE CHER NUCLÉAIRE (1/2)

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Ce cher nucléaire (1/2)

 

Au moment où les opinions mondiales se détournent petit à petit de l'option nucléaire, sous la pression populaire suite à la catastrophe de Fukushima, il serait temps de s'interroger sur le vrai prix du kilowatt nucléaire.

A la lumière d'un article paru dans «le Canard Enchaîné», qui évoquait le démantèlement de «super» Phénix, à Creys Malville, on apprenait que la facture allait être salée.

Cette installation prévue pour être révolutionnaire n'aura fonctionné que 176 jours en dix ans, avec un parcours parsemé de fuites et d'accidents divers.

Ce surgénérateur, heureusement abandonné en 1997, est en cours de «déconstruction» et celle-ci parait complexe puisque depuis 12 ans on n'a pas encore réussi à le vider totalement de son sodium, produit très instable puisqu'il s'enflamme spontanément au contact de l'air, et explose au contact de l'eau.

A Malville, il y en a 5500 tonnes, et aucun pompier dans le monde ne peut éteindre un feu de plus d'une tonne de sodium. Voir ici.

Alors pour neutraliser le sodium, on le fait tomber goutte à goutte dans un environnement d'azote afin de le neutraliser. Aujourd'hui, au rythme de 5 tonnes par jour, le sodium est transformé en soude, puis coulé dans des cubes de béton, dont EDF nous assure qu'ils ne seront pas plus radioactifs qu'un bloc de granit.

On ne demande qu'à le croire. Cela représente un millier de jours de travail, soit en comptant les jours fériés, au moins 4 à 5 ans de travail, si tout se passe bien.

En effet, s'il y avait un départ de feu de sodium on n'imagine pas ce qui pourrait se passer car tout le combustible nucléaire étant resté sur place, (14 tonnes de plutonium) la situation deviendrait délicate.

En avril 1994, à Cadarache le prototype de Superphénix, «Rhapsodie», que l'on tentait de vidanger, avait joué une bien mauvaise partition, provoquant la mort d'un homme. Lire article.

Revenons à Malville. Sa construction a couté 9 milliards d'euros, et le démantèlement, prévu pour finir en 2026, coutera entre 9 et 18 milliards d'euros, alors qu'à l'époque, comme le rappelle Isabelle Barré dans son article du «Canard», il était estimé à 900 millions d'euros. Article ici.

Certes, cette centrale nucléaire n'est pas une centrale ordinaire, mais à la lumière des 58 autres réacteurs, on commence à deviner le prix du démantèlement de l'ensemble du parc nucléaire français.

Aujourd'hui EDF estime le démantèlement d'une centrale nucléaire à 260 millions d'euros, (Lire ici) mais à la lumière de ce qui se passe à Malville, on serait tenté d'ajouter un zéro au chiffre estimé, soit 2,6 milliards d'euros, pour une facture totale de 150 milliards d'euros pour tout le parc français.

Mais démanteler n'est pas tout, il faut encore s'occuper des déchets.

Rien qu'à Malville, il y aura 70 000 tonnes de béton plus ou moins radioactif, sans oublier les 14 tonnes de plutonium stockées sur place dans une piscine de refroidissement, plutonium dont 1 millionième de gramme inhalé suffit à provoquer un cancer.

En France, annuellement, ce sont 840 millions de tonnes de déchets qui sont produits, et 0,05 % de ceux-ci sont des déchets radioactifs, ce qui représente tout de même annuellement 16 800 tonnes, soit pour 40 ans au moins 672 000 tonnes de déchets radioactifs.

A la fin 2007, l'Andra estime à 1 153 000 m3 la quantité de déchets radioactifs. Cliquez.

Bien sur, ils n'ont pas tous la même dangerosité, et il faut séparer les déchets issus du coeur des réacteurs, des autres déchets de faible à moyenne activité (matériaux contaminés). Lire ici.

La première centrale nucléaire française est celle de Chinon, dont l'exploitation a commencé en 1963, cela fait donc près de 50 ans que l'industrie nucléaire produit des déchets dont nous ne savons que faire.

Jusqu'en 1973, la France a rejeté à la mer 770 tonnes de déchets nucléaires. Cliquez.

Ils étaient dans des conteneurs en béton censés rester étanches pendant 500 ans, mais d'une part, certains déchets, notamment ceux contenant du plutonium ont une période (demi vie) de 24 000 ans, et la protection de béton parait bien illusoire, d'autant qu'il a été constaté que certains étaient fissurés ou ouverts 29 ans après leur immersion. Cliquez.

Après le tsunami de décembre 2004, des containers nucléaires ont refait surface en Somalie provoquant des «saignements de la bouche, hémorragies abdominales, infections dermatologiques, difficultés respiratoires..., tout cela porte la signature du nucléaire» Lire ici.

Ceux qui sont stockés à La Hague, sont dans d'immenses hangars qui ne résisteraient pas à la chute d'un avion (photos) avec, comme l'ont constaté des enquêteurs, des piscines de « refroidissement » peu ragoûtantes. et ici.

En 1981 un incendie s'était déclaré dans un silo de l'usine de retraitement. Incidents nucléaires de 1950 à 2007.

Pour garantir le meilleur résultat possible, il faudrait limiter à 2 ou 3 kilos la matière radioactive dans une enveloppe de verre de quelques millimètres, au coeur d'une masse de béton d'un mètre cube, ce qui rend illusoire toute solution raisonnable lorsque l'on songe aux 672 000 tonnes de déchets à traiter.

Si l'on s'en tenait aux règles évoquées plus haut (3 kg de matière radioactive pour un mètre cube de béton) cela ferait théoriquement 224 millions de mètres cubes à stocker... mais où ?

(...)

 

Pour lire la suite (2/2)
 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : AgoraVox

Source : www.agoravox.fr