Et si l'on découvrait une forme de vie extraterrestre émanant d'une civilisation technologique ?

Carlos Manuel Rodriguez, le prix de la biodiversité, par Pierre Jacquet - Demain l'Homme

Accueil

Cette actualité a été publiée le 27/10/2009 à 18h30 par lovely.

SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager par mail
Carlos Manuel Rodriguez, le prix de la biodiversité, par Pierre Jacquet

 

Information recueillie par Olivier

 

Comment le Costa Rica, pays en développement où le revenu par habitant s'élève à 10 000 dollars (6 700 euros) par an (ce qui le place dans la tranche supérieure des pays à revenu intermédiaire), est-il devenu un modèle en termes de politique environnementale ?

Riche en biodiversité en dépit d'une superficie relativement modeste (4 % des espèces de la planète sur 0,03 % de sa surface), cet Etat est en effet pionnier dans ses démarches innovantes en matière d'environnement.

Il a notamment été le premier, à la fin des années 1980, à pratiquer l' échange "dette contre nature" (c'est-à-dire des réductions de sa dette extérieure en échange de la constitution d'un fonds en monnaie locale, destiné à financer la conservation des espèces) et, dans les années 1990, à mettre en place une innovation remarquée, le programme de paiements des services environnementaux (Pago por Servicios Ambientales, PSA), qui consiste à identifier et à protéger, en les rémunérant, les services environnementaux apportés par les propriétaires ou exploitants des terres privées.

Parmi les acteurs qui ont contribué à ces initiatives, l'un a notamment joué un rôle déterminant : Carlos Manuel Rodriguez, juriste et environnementaliste né en 1960, ministre de l'environnement entre 2002 et 2006 après plusieurs postes au sein du gouvernement

Aujourd'hui vice-président régional de l'organisation non gouvernementale (ONG) Conservation International, il a su emporter la conviction en quantifiant l'impact économique de la détérioration des écosystèmes, montrant ainsi que la conservation pouvait servir de stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté.

Le programme costaricien valorise et rémunère quatre types de services rendus par les écosystèmes forestiers, identifiés par une loi de 1996 : la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les services hydrologiques, la beauté visuelle et la biodiversité. Ce mécanisme est principalement financé par la taxation par l'Etat des combustibles fossiles (pour environ 10 milliards de dollars par an) ; il est également soutenu par des agences d'aide, dont le Fonds pour l'environnement mondial (FEM).

Aujourd'hui, le PSA est si populaire qu'il manque de ressources financières pour répondre à la demande. Des contrats ont été signés avec les producteurs et utilisateurs d'hydroélectricité. Les exploitants privés ont été indemnisés des coûts de la conservation forestière, de la reforestation et de la gestion durable. Le programme, qui couvrait en 2005 approximativement 10 % des surfaces forestières du Costa Rica, a modifié l'arbitrage des propriétaires entre conservation et exploitation.

Cette politique a fait plusieurs émules en Afrique, en Asie et surtout en Amérique latine. Au Mexique, par exemple, on trouve le plus important programme de paiement des services environnementaux qui protège, à partir d'une taxe sur l'eau fédérale, plus d'un million d'hectares de forêts.

Le programme PSA n'est certes pas le seul instrument de la politique environnementale qui a contribué à la reforestation réussie du pays. Mais c'est le premier qui a cherché à valoriser la protection de l'environnement et à documenter son impact économique et social de cette manière. A ce titre, il a fait date.

Les premières années de sa mise en oeuvre ont aussi permis de dégager des voies d'amélioration, notamment à travers un ciblage plus précis des zones à couvrir et un affinage des montants des compensations. Il a ouvert la voie à une démarche expérimentale qui mérite d'être évaluée, discutée et étendue.

La quantification de la valeur des services environnementaux reste malaisée, mais les incitations financières passant par le système des prix sont appelées à jouer un rôle essentiel pour protéger les écosystèmes dans des économies de marché.

  • Lire les commentaires
  • Lien utile / source de l'actualité
  • Modifier cette actualité
  • Contacter lovely
  • Recommander cette actualité
  • Imprimer cette actualité
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr

Commentaires des internautes

Laisser un commentaire sur cette actualité

Aucun commentaire n'a encore été déposé sur cette actualité.