Car c'est l'éternité qui est en jeu, non l'heure - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 10/08/2013 à 23h17 par Fred.


CAR C'EST L'ÉTERNITÉ QUI EST EN JEU, NON L'HEURE

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Car c'est l'éternité qui est en jeu, non l'heure

 

Extrait de "De rerum natura" (livre II, vers 7 à 23 et 29 à 36) de Lucrèce,
notre vieil aïeul qui avait déjà tout compris !

 

Si les hommes pouvaient, comme ils sentent en eux
Le poids qui les accable, en connaître les causes,
Savoir d'où vient le mal, pourquoi ce lourd fardeau
Leur oppresse le coeur, ils vivraient autrement
Que nous les voyons vivre, ignorant presque tous
L'objet de leur désir, changeant toujours de place,
Cherchant un autre lieu pour jeter bas leur charge.

 

 

Tel s'est précipité hors sa vaste demeure,
Lassé d'être chez lui, et soudain y retourne,
Ne sentant aucun mieux à traînasser dehors.

Il presse le pas, court, harcèle sa monture,
Comme allant au secours de sa maison en flammes.

 

 

Le seuil à peine atteint, il se met à bailler,
Tombe en un lourd sommeil pour y chercher l'oubli,
A moins qu'il ne se hâte à nouveau vers la ville...

 

 

Chacun cherche à se fuir, personne n'y parvient :
On reste prisonnier du moi que l'on déteste.
On sent que l'on a mal : on ne sait pas pourquoi.

 

 

Si on le comprenait, laissant là tout le reste,
On se consacrerait à connaître les causes ;
Car c'est l'éternité qui est en jeu, non l'heure.

Cette éternité dans laquelle les mortels
Passeront tout le temps infini de la mort.

 

 

Pourquoi trembler si fort au milieu des alarmes ?
Quel piètre amour de vivre à la vie nous enchaîne ?

Tout mortel doit mourir tôt ou tard, à son heure ;
Personne n'y échappe : à quoi bon résister ?

Et puis l'on tourne en rond dans le cercle de vivre,
Où nul plaisir nouveau ne peut plus nous surprendre.

 

 

Tant que nous n'avons pas l'objet tant convoité,
Le manque fait son prix. L'avons-nous obtenu ?

 

 

C'est un autre aussitôt que visent nos désirs.
La même soif de vie nous tient toujours béants.

Puis nous ignorons tout du sort qui nous attend,
Des coups de la fortune et de la mort promise.

En prolongeant ta vie tu ne retranches rien
A l'infini du temps réservé à la mort.

 

 

Tu n'en peux rien ôter, rien soustraire au néant.

Vivrais-tu plus longtemps, vivrais-tu plusieurs siècles,
Tu n'en mourrais pas moins d'une mort éternelle :


Le néant dure autant, que la vie ait pris fin
A l'aube de ce jour ou depuis des années.

 

 

Un extrait de "De rerum natura" de Lucrèce (Ier siècle avant J-C), relayé par SOS-planete

 

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Auteur : Lucrèce

Source : remacle.org