Cancun : les pays émergents relancent les négociations sur le climat - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 12/12/2010 à 18h16 par Tanka.


CANCUN : LES PAYS ÉMERGENTS RELANCENT LES NÉGOCIATIONS SUR LE CLIMAT

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Cancun : les pays émergents relancent les négociations sur le climat

Un accord modeste sur la lutte contre le réchauffement climatique a été conclu samedi à Cancun par la communauté internationale

Des activistes de Greenpeace forment le mot «Hope» («Espoir», en anglais) vendredi 10 décembre sur la plage de Cancun (Mexique), pendant les négociations internationales sur le climat (AP/Israel Leal).

La dramaturgie propre aux grandes négociations internationales a joué à plein lors du 16e rassemblement mondial sur le climat qui s'est achevé samedi à Cancun.

Acte I. Avant le début des négociations, le 29 novembre, la pression est mise sur les négociateurs. Si aucun accord n'émerge, comme l'année précédente à Copenhague, rien de moins que le trépas des négociations onusiennes sur le climat est annoncé.

Acte II. Les coups de menton succèdent aux oukases. On craint le blocage.

Acte III. Le dénouement, inattendu, voit les représentants de plus de 200 pays applaudir debout, dix minutes durant, la présidente mexicaine des négociations, Patricia Espinosa, émue aux larmes. La communauté internationale se congratule sur un accord considéré comme impossible vingt-quatre heures auparavant. « C'est historique », s'enthousiasmait dimanche 12 décembre l'ancienne ministre de l'environnement, Corinne Lepage.

Un objectif de limitation de la hausse des températures est gravé dans le marbre
Qu'en est-il exactement ? À l'évidence, l'accord de Cancun est une bonne nouvelle pour le processus onusien. Totalement bloqué l'an dernier à Copenhague, « il est désormais relancé », estime Dominique Auverlot, responsable du département « Développement durable » au Centre d'analyse stratégique.

Une réussite due – outre le savoir-faire de la présidence mexicaine – aux grands pays émergents qui se sont imposés comme les leaders de la négociation. Tous les intervenants ont notamment souligné le rôle crucial du ministre indien de l'environnement, Jairam Ramesh. Même la Chine a su faire preuve de bonne volonté.

Résultat : pour la première fois, un objectif de limitation de la hausse des températures – pas plus de 2 °C entre l'ère préindustrielle et la fin du siècle – est gravé dans le marbre d'un accord international. Surtout, « c'est la première fois que les États-Unis et la Chine – les deux plus gros pollueurs de la planète – entrent dans un processus de lutte contre le réchauffement climatique », ajoute Dominique Auverlot.

Aucune décision sur les sources de financement...
Le texte suggère même que les objectifs nationaux de réductions d'émissions de gaz à effet de serre (GES) fixés par les signataires sont pour le moment insuffisants et devront être révisés. « Ce texte signe la fin du climato-scepticisme au niveau mondial », souligne Corinne Lepage.

L'accord jette par ailleurs les bases de deux instruments souhaités par les pays en développement. La création d'un fonds vert, doté de 100 milliards de dollars par an, à partir de 2020, pour aider les pays en développement dans leurs politiques « climat » est entérinée et son mode de fonctionnement précisé.

Aucune décision n'a cependant été prise sur ses sources de financement... La question devra être réglée dans un an, lors du prochain sommet à Durban, en Afrique du Sud. Un accord-cadre a aussi été trouvé sur les mécanismes de soutien aux pays fournissant des efforts contre la déforestation.

L'accord de Kyoto doit s'achever en 2012
Reste la grande inconnue : la communauté internationale se dotera-t-elle un jour d'un instrument contraignant de réduction des émissions de GES ? Deux logiques s'affrontent aujourd'hui. Celle de l'accord de Copenhague, entérinée à Cancun : dans ce cadre, chaque pays s'engage à réduire ses émissions, de manière volontaire. Seules sont prévues des mesures de vérification, par la communauté internationale, des engagements pris individuellement.

Et celle du protocole de Kyoto, beaucoup plus ambitieuse : signé en 1997 par une partie seulement des pays engagés dans la négociation climat, entré en vigueur en 2005, ce protocole est contraignant pour les pays riches signataires. Il les oblige à respecter un quota maximum d'émission de GES, un objectif global ayant été préalablement fixé. Cet accord doit s'achever en 2012.

Le Japon, le Canada et la Russie ont fait savoir à Cancun qu'ils ne prolongeraient pas leur engagement si les États-Unis, non signataires, et la Chine, exemptée de contraintes, n'en étaient pas partie prenante. Seule l'Union européenne et les pays en développement y sont favorables.

Pour éviter le blocage, la décision sur ce point a été reportée au prochain sommet de Durban. On devrait alors savoir laquelle de ces deux logiques finira par l'emporter.

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Auteur : Emmanuelle RÉJU

Source : www.la-croix.com