Cancer: un débat éthique sur des médicaments coûteux - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 30/04/2010 à 16h06 par Jacques.


CANCER: UN DÉBAT ÉTHIQUE SUR DES MÉDICAMENTS COÛTEUX

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Cancer: un débat éthique sur des médicaments coûteux

Dans son édition du 23 avril, Le Devoir rapportait les critiques des médecins spécialistes et de la Coalition priorité cancer. On se plaint notamment du fait que certains médicaments efficaces ne sont pas rendus accessibles au Québec et la Coalition appelle à un élargissement de l'accès des traitements de pointes.

Or, la discussion publique au sujet des technologies de la santé se fait le plus souvent du point de vue des droits individuels, ce qui en limite la portée en matière d'économie et d'éthique. Nous souhaitons élargir le débat en apportant une perspective collectiviste.

Parmi toutes les dépenses de santé au Canada, celles consacrées aux médicaments augmentent le plus rapidement. Selon un rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé (2009), les facteurs qui jouent sur l'augmentation des dépenses en médicaments au Canada sont essentiellement associés au volume d'utilisation de médicaments et à l'arrivée de nouveaux médicaments au coût plus élevé. Parmi ces nouveaux médicaments, certains sont extrêmement chers, notamment en oncologie.

Offre «raisonnable»

Le cancer est la principale cause de décès prématuré au Canada. Les dépenses en anticancéreux sont parmi les dépenses en médicaments qui augmentent le plus.

La catégorie thérapeutique «cancer-immunomodulateurs» est celle qui coûte le plus cher aux hôpitaux canadiens. Le cancer s'accapare une part de plus en plus grande des ressources en raison notamment du coût élevé des traitements en oncologie et du vieillissement de la population. En effet, le cancer est étroitement lié au vieillissement.

Au Canada, en 2005, le nombre de cas de tous les cancers confondus, les deux sexes combinés, passait de 310,99 par 100 000 habitants dans la tranche d'âge 45-49 ans, à 795,74 chez les 55-59, puis à 1659,19 chez les 65-69, etc.

Certains nouveaux médicaments extrêmement onéreux soulèvent des enjeux éthiques importants. Au Conseil du médicament par exemple (dont le rôle est de formuler des recommandations au ministre au sujet des médicaments à inscrire sur la liste des produits pharmacologiques couverts par le régime d'assurance publique), on se pose la question suivante: «Quel volume de ressources est-il raisonnable et équitable de consacrer à un problème de santé particulier compte tenu de l'ensemble des besoins de santé?»

Or, déterminer ce qui est une offre de médicaments «raisonnable» appelle une délibération entre les membres du Conseil, mais aussi, idéalement, avec la société civile. Il est urgent que cette délibération publique se fasse.

On doit premièrement déterminer quelle part du budget de l'État nous voulons consacrer à la santé; deuxièmement, répartir équitablement les ressources entre les différents problèmes de santé, le cancer étant loin d'être le seul d'entre eux; troisièmement, déterminer combien il est raisonnable de payer pour chaque année de vie ajustée à la qualité de vie (QALY) apportée par un médicament.

Gestion des coûts

Plusieurs pressions s'exercent sur le ministre de la Santé et des Services sociaux lorsqu'il doit décider d'inscrire ou non un médicament sur la liste des produits assurés. Comme patients, les citoyens ont des attentes de plus en plus élevées envers les médicaments.

Lorsqu'ils s'organisent et forment des associations, souvent en partenariat avec l'industrie pharmaceutique (comme dans le cas de la Coalition priorité cancer), les patients accroissent leur influence sur le gouvernement. Cependant, en tant que contribuables, ces mêmes citoyens ne veulent pas qu'on augmente les taxes et les impôts.

En tant qu'assureur public, le gouvernement du Québec a intérêt à limiter les coûts. Cependant, à titre de responsable du développement économique, ce même gouvernement a le mandat de favoriser le développement de l'industrie pharmaceutique au Québec.

Cette industrie occupe une place considérable dans l'économie québécoise et, comme secteur économique privilégié, profite de soutien important de la part du gouvernement.

Or, une des principales demandes du lobby pharmaceutique est l'accès au marché. Or, l'inscription des médicaments sur la liste du régime public d'assurance médicament (et indirectement sur celle des assureurs privés) a des conséquences directes sur l'accès aux marchés et sur les revenus de ces compagnies.

Éthique citoyenne

Si on se place du point de vue des patients individuels et de leurs droits, limiter l'accès à certains nouveaux traitements très onéreux semble injuste et la tentation d'avoir recours aux tribunaux est grande.

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Source : ledevoir.com

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