Camargue : la démoustication gêne les hirondelles - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 04/03/2011 à 17h55 par Tanka.


CAMARGUE : LA DÉMOUSTICATION GÊNE LES HIRONDELLES

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Camargue : la démoustication gêne les hirondelles

 
Aucune étude n'avait encore trouvé d'impact négatif à l'insecticide «Bt» d'origine naturelle.

La fécondité des hirondelles de fenêtre et la survie de leurs poussins sont perturbées par la démoustication expérimentale opérée depuis 2006 dans le Parc naturel régional (PNR) de Camargue. C'est ce qui ressort d'une étude publiée dans le Journal of Applied Ecology par trois chercheurs de la Tour du Valat, le centre de recherches pour la conservation des zones humides basé à Arles (Bouches-du-Rhône).

En Camargue, la question de la démoustication est controversée. C'est pourquoi l'expérimentation est menée sur une partie du PNR pour une durée de cinq ans (2006-2011) et qu'elle s'accompagne d'études d'impact.

L'insecticide utilisé est naturel, il s'agit d'une des formes du Bacillus thuringiensis issu d'une bactérie produisant des spores toxiques pour certains moustiques. À ce jour, c'est le seul produit de démoustication antilarvaire autorisé par l'Union européenne. C'est parce qu'il est inoffensif pour l'homme qu'il a été retenu pour l'épandage aérien et manuel.

De 2006 à 2010, les chercheurs de la Tour du Valat ont surveillé les nids, les vols d'adultes, et les fientes de poussins sur trois sites non démoustiqués et trois autres soumis à un traitement insecticide. «Nous avons observé que seuls deux poussins naissent par année et par couple dans les zones traitées, contre trois sur les autres sites», explique Brigitte Poulin.

Ils ont remarqué aussi dans les fientes de poussins que les insectes sensibles au Bt ainsi que certains de leurs prédateurs, comme les libellules et les araignées, étaient moins abondants sur les sites traités. «On en déduit que les hirondelles sont touchées indirectement par le traitement au Bt à travers toute la chaîne alimentaire.

L'abondance moindre de ressources sur les sites traités réduit le nombre d'oeufs et entraîne une plus forte mortalité des poussins par sous-alimentation.» C'est la première fois, souligne la chercheuse, qu'une étude trouve un impact environnemental négatif au Bt, que l'on croyait jusqu'ici inoffensif, même de manière indirecte, pour les oiseaux.

Le produit le plus sélectif

Des observations faites sur certains sites avant le traitement au Bt montraient que l'alimentation des hirondelles ne variait pas d'un site à l'autre. Pour autant, aux yeux de Brigitte Poulin, il ne s'agit pas de condamner le Bt, qui demeure à ce jour le produit le plus sélectif. «Aujourd'hui, la démoustication est opérée dans une zone de huit kilomètres autour des hameaux de Camargue.

Les hirondelles de fenêtre ne sont aujourd'hui pas en danger, d'autant plus qu'elles semblent s'adapter en se réfugiant davantage dans les zones non traitées, observe Brigitte Poulin.

On peut néanmoins s'interroger pour toutes les autres espèces qui dépendent des moustiques ou des chironomes et de leurs prédateurs pour leur alimentation.»

Une façon de réduire les impacts sur la faune non-cible pourrait consister à diminuer la zone de traitement à un rayon de cinq kilomètres, ce qui suffirait pour maintenir le degré de nuisance causé par les moustiques «à un niveau socialement acceptable».

Cette proposition va être soumise au PNR qui fera un bilan de l'expérimentation en fin d'année. Avant de la poursuivre. Éventuellement.
 

Nous aider

Lance-toi! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage!

Le site étrange qui dérange même les anges!

 





Auteur : Guillaume Mollaret

Source : www.lefigaro.fr