Bouge ta planète : Anita vit en Colombie et risque sa vie en travaillant - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 26/03/2010 à 17h02 par Jacques.


BOUGE TA PLANÈTE : ANITA VIT EN COLOMBIE ET RISQUE SA VIE EN TRAVAILLANT

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Bouge ta planète : Anita vit en Colombie et risque sa vie en travaillant

Une quarantaine de jeunes ont imaginé « leur » monde meilleur samedi dans le cadre de l'opération « Bouge ta planète ». Anita Flores leur a montré comme elle la bouge au quotidien, en Colombie. Jusqu'à risquer sa propre vie.

Il y a dans le sourire d'Anita Flores une grande douceur. Et dans ses yeux, la force immense de ceux qui ont trop vu de mort, de violence, de souffrance. Anita, 25 ans, vit en Colombie, à des années lumières de la France où elle vient de passer une dizaine de jours.

Elle a grandi dans l'ouest du pays, dans le Choco. Une région riche où il pleut beaucoup, où les terres sont fertiles. Trop.

Des terres volées, des populations entière déplacées

« En 1997, 5.000 personnes sont expropriées de leur terre, déplacées ». La famille d'Anita en fait partie. Il faut laisser la place aux multinationales et à leur culture du palmier à huile. D'autres populations ont suivi, « plus de 10.000 hectares sont aujourd'hui concernés ».

L'État reconnaît pourtant, par une loi de 1993, le droit de propriété des populations sur ces terres. La reconquête passe alors par des associations.

C'est dans l'une d'elle qu'Anita s'engage bénévolement : Ascoba. Cet Association des conseils communautaires du Bas Arrato représente 17.000 personnes particulièrement démunies réparties dans cinquante-huit conseils communautaires.

Les associations se battent au quotidien

À l'heure actuelle, grâce à cette organisation, Anita estime que « 65 % des terres ont été récupérées ». Son travail ? Aider les populations à reprendre le chemin de leur exploitation. « Souvent, ils ne veulent pas y retourner car le danger est permanent.

Il y a une grande ambiance de peur ». Les assassinats, la violence, les bombardements sont courants dans cette région où les multinationales ne se laissent pas faire, où sévissent les groupes armés des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Les FARCS, les mines, les bombardements

« Mon frère a perdu une jambe l'an dernier. Une mine a explosé sur son passage ». Mais Anita tient bon, continue de militer pour la non-violence, pour que les jeunes ne rejoignent pas les FARC. « J'ai deux enfants. Je ne veux pas de ce monde-là pour eux.

Je veux changer la réalité, respirer la paix ». Bénévole à Ascoba, elle vit de la générosité de la population. « Tout le monde m'aide. Pour manger, garder les enfants. En fait, ils considèrent que je travaille pour eux. C'est de la réciprocité ».

De son voyage en de dix jours en France et en Auvergne, elle dit vouloir puiser la force de continuer. « J'ai senti ici une grande volonté de nous aider. C'est aussi ce que je suis venue chercher ». Cette « force-là » est plus qu'essentielle. Elle se met physiquement en danger tous les jours.

« Vous risquez votre vie pour votre idéal de paix ? ».

« Oui ». Le silence étouffe. Les mots sont faibles à côté de ce regard droit, fort. Juste au-dessus d'un petit sourire tout doux, comme la promesse d'un autre lendemain.

Merci à Marie Delbèque qui a assuré la traduction de cet entretien.

Avec le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD)

Anita Flores a effectué son voyage d'une dizaine de jours en France à l'invitation du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) dont une délégation s'était rendue, à l'automne, en Colombie.

Ces échanges avec des pays du monde entier sont fréquents et, actuellement ,une quarantaine de « partenaires » sont en visite en France. Le CCFD est une organisation non gouvernementale (ONG), émanation de l'Église de France. Reconnu d'utilité publique, il est agréé organisation de jeunesse et d'éducation populaire.

Ses missions sont le soutien des projets de développement dans les pays les plus défavorisés et la sensibilisation de l'opinion publique aux questions de solidarité internationale. Il est financé à 85 % par la générosité du public. À Riom, la responsable locale est Brigitte Boscia.

Source : lamontagne.fr

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