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Cette actualité a été publiée le 21/12/2009 à 18h48 par Tanka.


"BON DÉBARRAS COPENHAGUE"

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"Bon débarras Copenhague"

Information recueillie par Tanka

Pourrait-on maintenant passer à des négociations climatiques qui aient une chance d'aboutir ?

Ce bruit, que vous entendrez tout au long de l'année 2010, c'est celui d'une canette vide qu'on envoie valser d'un coup de pied plus loin dans la rue. Suite à l'échec des négociations internationales à Copenhague en vue de la signature d'un traité contraignant sur la réduction des gaz à effet de serre, on va vous rabâcher que le monde dispose en 2010 de deux bonnes occasions de réussir là où Copenhague a échoué. N'en croyez pas un mot.

Oui, le mois de juin sera celui de "Copenhague 2 : le retour", tout comme novembre, puisque se tiendront à Bonn puis à Mexico des sessions de négociations internationales. Mais ces réunions ont peu de chances d'aboutir à plus que Copenhague. Lors de la réunion qui prit fin le 18 décembre, en dépit de négociations marathon et d'un plaidoyer de la dernière heure du président Barack Obama, nous n'avons obtenu qu'un accord "politique", c'est-à-dire continuer les discussions, et essayer, mais alors vraiment essayer, de s'accorder sur un projet de traité en 2010. Les négociateurs n'essaient plus de faire croire qu'on pourrait obtenir un accord contraignant l'an prochain, et un officiel de la Maison Blanche a concédé que le maigre accord obtenu "n'est pas suffisant pour lutter contre la menace du changement climatique". Si l'on veut maîtriser les émissions de gaz à effet de serre et échapper aux dangers associés au changement climatique, notre meilleure chance est de coller une belle étiquette "RIP" sur le processus désordonné des Nations Unies, dans lequel s'inscrivaient les négociations de Copenhague.

Les pays développés ne seront pas plus enclins à résoudre leurs différends avec les pays en voie de développement, avant ces réunions de 2010, qu'ils ne l'étaient avant Copenhague. La Chine, l'Inde et le Brésil doivent-ils s'engager à des réductions mesurables de leurs émissions de CO2 ? Combien les pays riches vont-ils mettre au pot pour aider les plus pauvres à adopter les sources d'énergies renouvelables, à s'adapter à la montée du niveau des mers, aux sécheresses, à la pénurie d'eau potable, et aux mauvaises récoltes ? Faut-il imposer un contrôle international des émissions de CO2, ce qui rend la Chine hors d'elle ? Plutôt que de répéter en 2010 la plaisanterie que fut Copenhague, livrons-nous plutôt à un exercice de destruction créative.

Acceptons également le fait que les 192 nations enrôlées par les Nations Unies ne se mettront pas d'accord sur un traité climatique, pas plus l'an prochain qu'en 2009. Abandonnons ce faux-semblant qui consiste à placer tous les pays sur le même plan d'égalité. Mettons plutôt en place des négociations bilatérales et un "club" des pays les plus importants : une petite dizaine d'entre eux est responsable de la quasi-totalité des émissions de gaz à effet de serre.

C'est l'opinion de David Victor, de la School of International Relations de l'Université de Californie à San Diego, spécialiste de la diplomatie climatique. Il a prédit l'échec de Copenhague voici déjà des mois, ce qui lui donne une certaine crédibilité au rayon boule de cristal. Il m'a confié au téléphone qu'il considère que l'abandon de l'approche tous azimuts des Nations Unies en faveur de "clubs" d'émetteurs tels le Forum des Grandes Économies sur l'Énergie et le Climat et ses 17 membres, lancé par Barack Obama en mars dernier, offre de bien meilleures chances de réduire les émissions de gaz à effet de serre. "Vu la complexité et la difficulté de ces négociations, moins on a besoin de pays pour conclure un accord, plus on a de chances", affirme David Victor (George W. Bush avait essayé le même genre de chose, mais son administration était à ce point hostile à la climatologie qu'il n'a pas été bien loin). L'approche bilatérale, à l'image des négociations entreprises par les Etats-Unis avec la Chine et l'Inde offre également de meilleures chances de susciter une réduction effective des émissions qu'essayer d'obtenir un quelconque consensus chez 192 pays.

C'est la consolation qu'on pourra tirer de l'échec de Copenhague. "Un désastre bien géré [à Copenhague] pourrait s'avérer aussi constructif que celui du sommet de Reykjavik en 1986 entre Ronald Reagan et Mikhail Gorbatchev, qui échoua dans la dernière ligne droite, et pourtant allait contribuer à mettre fin à la course aux armements" écrit-il dans Nature.

Non que les négociations bilatérales seront plus faciles, du fait des réductions nécessaires des émissions.

Par Sharon Begley - Nouvel Obs

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