Bisphénol A : L' AFSSA va-t-elle enfin prendre la décision de santé publique qui s'impose ? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 22/02/2010 à 09h04 par Tanka.


BISPHÉNOL A : L' AFSSA VA-T-ELLE ENFIN PRENDRE LA DÉCISION DE SANTÉ PUBLIQUE QUI S'IMPOSE ?

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Bisphénol A : L' AFSSA va-t-elle enfin prendre la décision de santé publique qui s'impose ?

Une nouvelle fois l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments est sous le feu des critiques pour sa position confuse et le manque de clarté de ses annonces publiques au sujet du bisphénol A.

Pour l'ONG Antidote Europe, l'AFSSA se laisse distraire par des résultats contradictoires obtenus lors de tests sur des animaux au lieu de concentrer son attention sur les données humaines disponibles.

Les souris et les rats répondent différemment au bisphénol A et même des lignées différentes de rats fournissent des résultats contradictoires. Quel est donc l'intérêt d'étudier des animaux alors que la réponse saute aux yeux ?" demande Claude Reiss, président d'Antidote Europe et ancien directeur de recherche au CNRS.

Il ajoute que "contrairement aux tests sur des animaux, les données humaines sont sans équivoque. De récentes études de populations humaines, ainsi que des études sur des cellules humaines, ont montré que le bisphénol A pouvait affecter la fertilité humaine, entre autres problèmes de santé." Puis nous informe : "Le public serait choqué d'apprendre que cette substance chimique a été originellement produite en tant qu'hormone contraceptive pour les femmes et a plus tard trouvé des applications dans l'industrie du plastique."

Formé de deux noyaux phénoliques liés par un atome de carbone, le bisphénol A (BPA) est l'une des substances chimiques de synthèse les plus produites (3 milliards de kg/an). Le BPA est utilisé d'une part pour la production de plastiques comme le polycarbonate (biberons, revêtements internes de boîtes de conserves ou de boissons, bouteilles...), d'autre part comme adjuvant dans la fabrication d'autres matières plastiques, comme le polychlorure de vinyle.

Le BPA s'extrait spontanément de ces matières plastiques, au contact avec l'eau (jusqu'à 50 fois plus dans l'eau chaude), les détergents, les substances acides, les corps gras... et les aliments en contact. Bien que le BPA soit assez rapidement éliminé du corps par les urines, pratiquement toutes les personnes vivant dans les pays industrialisés en ingèrent quotidiennement à leur insu et présentent de ce fait un taux d'imprégnation permanent élevé, les femmes plus que les hommes, les enfants (jusqu'à 12 fois) plus que les adultes. Visiblement, le BPA n'induit pas chez l'homme une toxicité aiguë, mais sa structure biphénolique intrigue et pourrait avoir des effets sur la santé humaine au moyen et long terme.

Il y a des milliers de publications qui décrivent les effets du BPA sur des "modèles" animaux, mais on doit refuser de les prendre en considération pour évaluer sa toxicité chez l'homme, car aucune espèce animale n'est un modèle biologique fiable pour une autre.Il reste alors trois approches toxicologiques éthiquement acceptables :
1- les études sur du matériel biologique d'origine humaine ;
2-les études épidémiologiques ;
3-les études indirectes basées sur l'analogie structurelle avec des molécules dont l'activité biologique chez l'homme est connue.

Un premier test, rapide, peu onéreux et valable pour l'homme, peut être fait sur des cellules humaines en culture par toxicogénomique.

Plusieurs études sont disponibles, dont celles effectuées par Antidote Europe, qui montrent que le BPA et ses métabolites empêchent les cellules humaines de s'opposer au stress oxydatif, à la cancérisation, à la prolifération, à la stimulation hormonale, à exercer le contrôle de qualité du repliement des protéines. En particulier, il favorise considérablement le développement de maladies conformationnelles (Parkinson, Alzheimer, diabète de type 2...) et il divise par 4 la sensibilité de ces cellules aux androgènes, ce qui a des implications importantes sur le développement sexuel et la fertilité masculine. Ces résultats sont enregistrés dans une base de données internationale.

D'autres travaux de toxicogénomique sur cellules humaines montrent d'une part que l'activité estrogénique du BPA est comparable, voire supérieure, à celle de l'hormone endogène 17beta-estradiol, d'autre part que les même gènes sont dérégulés par ces diverses substances. Ainsi, même présentes individuellement à des doses très faibles ne donnant pas lieu à des effets détectables, leur présence simultanée dans l'organisme peut déclencher des pathologies hormonales majeures (cancers du sein ou de la prostate...) et des malformations génitales (1). Ces observations sont corroborées par des études épidémiologiques (2-10).

Source : lepost.fr


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Information recueillie par Tanka

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