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Cette actualité a été publiée le 11/12/2009 à 18h38 par Tanka.


BIODIVERSITÉ : UNE LISTE ROUGE QUI VIRE AU NOIR

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Biodiversité : une Liste rouge qui vire au noir

Information recueillie par Tanka.

La liste rouge 2009 de l'UICN dresse un état des lieux préoccupant des conditions de survie des espèces animales et végétales de notre planète. Sur les 47 677 espèces répertoriées, 17 291 sont menacées. La France se classe au huitième rang des pays des pays hébergeant le plus grand nombre d'espèces en danger. Les objectifs de conservation de la biodiversité établis pour 2010 ne seront évidemment pas atteints...

« Les preuves s'accumulent sur la sévérité de la crise d'extinction que nous traversons » a martelé Jane Smart, directrice du Groupe pour la conservation de la biodiversité de l'UICN. Avant de brandir la menace de l'urgence : « Il est temps que les gouvernements commencent sérieusement à oeuvrer pour la protection des espèces et que ce sujet brûlant figure parmi leurs priorités l'année prochaine, car le temps presse ».

C'est un fait, il est bien tristement acquis, quoique non admis, l'objectif de la communauté internationale d'enrayer l'érosion de la biodiversité pour 2010 ne sera pas atteint. Et le bilan tiré par l'Union internationale de conservation de la nature ne souffre guère de doutes à ce sujet. 36 % des espèces répertoriées sont menacées. La dégradation des milieux naturels, la surexploitation, l'introduction d'espèces invasives, les pollutions et le changement climatique constituent les facteurs responsables de ce fléau. « Ces résultats ne représentent que le sommet de l'iceberg. Nous n'avons évalué pour l'instant que 47 663 espèces, alors qu'il en existe encore des millions qui sont peut-être sérieusement menacées », avoue Craig Hilton-Taylor, directeur du Bureau de l'UICN pour la Liste rouge.

Les espèces d'eau douce négligées

La crise sévère que subit la biodiversité se chiffre ainsi : 21 % des mammifères, 30 % des amphibiens, 12 % des oiseaux, 28 % des reptiles, 37 % des poissons d'eau douce, 70 % des plantes et 35 % des invertébrés sont menacés. Sur les 12 151 plantes que dénombre la Liste rouge, 8 500 sont menacées d'extinction et 114 sont déjà éteintes. Concernant les poissons d'eau douce, 1 147 sont menacés, soit 510 de plus que l'année dernière, sur un total de 3 120. Pour exemple, citons le poisson garde-boue, endémique de la Nouvelle-Zélande qui passe du statut quasi-menacé à celui de vulnérable. « Les espèces vivant en eau douce ont pendant longtemps été négligées. Cette année, nous en avons de nouveau ajouté un grand nombre à la Liste rouge et confirmons la menace élevée qui pèse sur de nombreux animaux et plantes d'eau douce », prévient Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du Programme espèces de l'UICN.

293 nouveaux reptiles ont été ajoutés cette année à la longue liste de l'UICN. Sur les 1 677 répertoriés, 469 sont menacés d'extinction et 22 sont déjà éteints. Les 165 espèces endémiques des Philippines qui viennent de faire leur entrée « en rouge » incluent le varan de Panay, classé en danger du fait de la perte de son habitat due à l'agriculture et à l'exploitation forestière ainsi qu'à la chasse que l'Homme lui fait subir. « Les reptiles de la planète sont sans aucun doute en mauvaise posture mais il est possible que la situation actuelle soit bien pire qu'elle n'y paraisse », avertit Simon Stuart, Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l'UICN.

La France subit la crise de plein fouet

Au huitième rang mondial des pays hébergeant le plus grand nombre d'espèces menacées, la France remonte à la cinquième place si l'on ne tient compte que des pays européens. Recensant 778 espèces menacées, le pays doit sa position aux DOM-TOM, véritables points chauds de la biodiversité, principalement la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. Très riches en espèces mais ayant perdu 70 % de leurs habitats naturels originels, les collectivités d'outre-mer sont un vivier d'espèces menacées. Le dugong de Mayotte est classé vulnérable, la tortue Luth en Guyane et la tortue imbriquée dans les Antilles sont toutes deux en danger critique. La flore n'est pas non plus épargnée. Le kaori rouge et le kaori blanc, endémiques de Nouvelle-Calédonie, sont vulnérables tandis que le bois de catafaille noir de La Réunion est en danger critique. En métropole, le Vison d'Europe est en danger, le scarabée pique-prune est vulnérable et la Biscutelle de Rotgès, petite plante endémique de Corse est en danger critique.

« La France porte une responsabilité de premier plan aux niveaux mondial et européen pour enrayer l'extinction de la biodiversité. A l'occasion de l'année 2010, décrétée Année internationale de la biodiversité par les Nations Unies, la France se doit de donner une nouvelle ambition à sa politique de préservation des espèces, à la hauteur des enjeux présents sur son territoire », a prévenu le Comité français de l'UICN.

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