Biodiversité. Renaissance bretonne - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 01/01/2010 à 17h17 par Jacques.


BIODIVERSITÉ. RENAISSANCE BRETONNE

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Biodiversité. Renaissance bretonne

Info sélectionnée par Jacques

2010 a été décrétée année de la biodiversité. La Bretagne célèbre l'événement au travers de diverses manifestations. Surtout parce qu'elle se félicite de la réapparition ou de la croissance d'espèces en voie de disparition.

La biodiversité, c'est le tissu vivant de la planète. Un sorte de pull-over très solide mais aussi très fragile si on le détricote, maille par maille. C'est cette diversité des espèces, et aussi la diversité de leurs caractères génétiques, qui expliquent que la vie s'est maintenue sur Terre depuis près de quatre milliards d'années, envers et contre tout.

Retour de la loutre

Le retour de la loutre en Bretagne illustre ces interactions. Il y a trente ans, elle était menacée d'extinction, du fait du braconnage mais aussi de l'aménagement de l'espace, explique François de Beaulieu (Bretagne Vivante): «On a réussi à préserver des noyaux dans le Centre-Bretagne en aménageant des passages sous les routes et en nettoyant mieux les rivières, en respectant des abris, des cachettes, nécessaires au repos, à la reproduction.»

La sterne de Dougall, qui ne niche, en Europe, que dans la baie de Morlaix (Finistère), a failli, aussi, y laisser ses plumes. Les dizaines de couples, après avoir été, un temps, fortement dérangés par l'homme, étaient victimes des visons d'Amérique.

Traversant la baie à la nage, à partir de Plougasnou, ces charmantes créatures, non contentes de tuer les sternes, menaçaient la nidification. Depuis la pose d'un grillage par Morlaix-communauté, les sternes ont retrouvé leur tranquillité.

L'homme réagit

Les chauves-souris - 21 espèces en Bretagne - étaient, aussi, menacées par l'homme. Désormais, le traitement des charpentes des combles où elles nichent, dans les églises, châteaux ou écoles, se fait hors période d'hibernation et de reproduction; de même, les entreprises de traitement utilisent des produits adaptés.

Par ailleurs, les mesures de protection prises par les collectivités, sous l'impulsion du Conservatoire de botanique de Brest, ont permis de sauver le panicaut vivipare (chardon bleu) sur le site exclusif de Belz (Morbihan). Idem pour le grand corbeau, dont il ne restait plus que 22couples en 2000. La modification du tracé du sentier littoral commence à avoir des effets sur la reproduction.

Gare à l'effet réserve

Mais attention à ne s'intéresser qu'aux espèces rares, prévient François de Beaulieu: «Les espèces communes sont tout aussi importantes. Du fait des effectifs importants, peu sujets à des événements accidentels, ce sont d'excellents indicateurs de la biodiversité.»

Gare aussi à «l'effet réserve» car la continuité biologique est essentielle. «II faut raisonner globalement; les zones d'hibernation ne sont pas forcément celles de repos ou de reproduction. Tout est lié. Exemple: le traitement des bovins a des influences sur la bouse qui est recyclée par le bousier (1), qui améliore ainsi la qualité des sols. Bousier qui est également mangé par les chauves-souris, parmi d'autres insectes qui, à certains moments, s'ils pullulent, pourraient poser des problèmes aux agriculteurs.»

Une trame verte et bleue

Malgré les énormes dégâts infligés par l'homme à son environnement, en cinquante ans, tout n'est pas perdu: «La Trame verte et bleue, programme de reconstitution de la continuité biologique, créée au niveau national en 2009, apporte de l'espoir. Mais à condition, qu'en 2010, elle devienne opposable aux tiers, intégrée dans les Plu et les Scot (2). Sinon, ce ne sera qu'un effet d'annonce. Ce serait une très mauvaise nouvelle; une fois qu'on a dépassé certains seuils, c'est irréversible», avertit François de Beaulieu.

(1) Coléoptère qui façonne des boulettes de bouse pour la nourriture de ses larves. (

2) Le plan local d'urbanisme, ou Plu, complète le Scot (Schéma de cohérence territoriale) à l'échelle du territoire d'une commune ou d'une intercommunalité.

Source : Le Télégramme

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