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Cette actualité a été publiée le 26/02/2011 à 22h50 par Mich.


BIODIVERSITÉ MENACÉE: LES ABEILLES SE CACHENT POUR MOURIR

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Biodiversité menacée: les abeilles se cachent pour mourir

 

Les apiculteurs informent pour éviter un génocide

Attaquées de toute part par les pesticides, insecticides, etc, les abeilles pourraient disparaître aussi rapidement que les dinosaures.

Sur tous les continents, les abeilles domestiques meurent par milliards. Les causes sont multiples: pesticides, eaux polluées, maladies, nouveaux prédateurs, insecticides, absence de biodiversité florale, parasites, etc. L'Europe et la France n'échappent pas à ce dramatique phénomène, et des dizaines de milliers d'apiculteurs voient leurs ruches se vider en période de floraison. Les abeilles partent butiner et ne reviennent jamais à la ruche. A croire que Maya et ses soeurs se «cachent pour mourir».

Que font les pouvoirs publics et les syndicats ?

Alors que s'ouvre le salon international de l'Agriculture à Paris, Porte de Versailles, où les officiels vont se bousculer avec de beaux discours, l'hécatombe massive des abeilles inquiète sérieusement les apiculteurs en Ardèche, dans la Drôme, en France, comme ailleurs. Les parasites et le déclin de la biodiversité sont montrés du doigt. Les insecticides, les pesticides, les OGM aussi!

Pour les responsables des apiculteurs, pour les scientifiques qui étudient l'abeille, «les causes sont vraisemblablement multiples. Des solutions sont à l'étude...» Et certains syndicats d'apiculteurs, à l'image de l'Abeille Ardéchoise et Drômoise, semblent déterminés à sauver les abeilles.

Beaucoup de structures régionales, comme la Fédération Apicole Rhône-Alpes (FARA), présidée par Eric Perret, multiplient les interventions auprès des pouvoirs publics, montent des dossiers sans bruit et sans publicité, apportant leur pierre pour «sauver le soldat Abeille». C'est aussi le cas de l'Abeille Ardéchoise et Dromoise, qui estime que «les efforts régionaux ne sont pas suffisamment relayés par certaines structures nationales...»

Des insectes et des hommes

Si des estimations mondiales font état de la disparition des deux tiers des abeilles recensées il y a cinquante ans, la planète abrite encore un certain nombre d'espèces. On en compte 20.000 dans le monde. 2.500 d'entre elles sont recensées en Europe, moins d'un millier en France.

La production de miel en chute libre

Selon l'Union nationale de l'apiculture française, première structure nationale qui fédère près d'une centaine de syndicats départementaux, la consommation nationale de miel est stable, à 40.000 tonnes par an. La production, en revanche, est en baisse constante: 18.000 tonnes en 2010, contre 32.000 en 1995.

Les apiculteurs diminuent aussi. En 1994, la France comptait 84.215 apiculteurs, professionnels et familiaux, pour un total de 1.351.991 ruches. En 2004, ce nombre est tombé à 69.237 personnes pour 1.346.575 ruches. 1.762 de ces apiculteurs étaient professionnels (c'est-à-dire, selon les critères européens, propriétaires de plus de 150 ruches).

(...)

En Ardèche, les pertes de colonies avoisinent souvent 50 à 60% du cheptel.

Selon Bernard Vaissière, chargé de recherche au laboratoire Abeille et environnement de l'Institut national de la recherche agronomique d'Avignon, l'hécatombe, année après année, s'explique par «la disparition des habitats et de la nourriture, le développement de maladies et des prédateurs, et l'utilisation de produits phytosanitaires».

Certes, le rôle des pesticides, sujet à polémique depuis des années, demeure central dans la surmortalité actuelle. Mais ces produits ne sont pas les seuls en cause...

 

 

Des maladies spécifiques aux abeilles

Dans le box des accusés figurent ainsi plusieurs parasites. Il y a la loque, spécialiste en pourrissement de tube digestif, ou encore l'acariose des trachées, qui porte bien son nom. Mais surtout Varroa, l'acarien blafard suceur de sang, et Nosema, le champignon tueur. Ces deux-là font la paire: la butineuse, épuisée dans un premier temps par le petit vampire, ne résiste pas, ensuite, aux assauts de Nosema, dont la dernière version, dite ceranae, est active toute l'année.

C'est à lui qu'est imputée une part du massacre des ruches de l'est du pays depuis 1982, année noire pour les apiculteurs alsaciens. Ces pathogènes ont profité du commerce des abeilles, notamment en provenance d'Asie, pour s'introduire en France ces dernières années.

Comme un malheur n'arrive jamais seul, même si les petits parasites suffisaient à détruire les colonies d'abeilles, un redoutable prédateur a débarqué en douce en Aquitaine en 2003. Caché dans des poteries chinoises, le frelon asiatique est considéré comme le «Terminator des abeilles». Parti du Sud-Ouest, il remonte à présent vers le nord, le long des cours d'eau, et a atteint Rhône-Alpes.

Prédateurs et virus trouvent en l'abeille une cible de choix. «On suppose que l'effet d'un pathogène est plus grand quand celle-ci est mal nourrie et stressée», précise Axel Decourtye, écotoxicologue spécialiste des abeilles. Naturellement sensibles aux agressions toxiques, les butineuses, domestiques ou sauvages, souffrent d'un habitat dégradé.

L'essor des monocultures a peu à peu limité leur choix de pollens. Tant et si bien qu'elles vont désormais faire leurs «courses» en ville, plus riche de diversité florale. Paradoxalement, ni les gaz d'échappement ni la frénésie urbaine ne les rebutent. Les miels urbains connaissent d'ailleurs un beau succès commercial.

Une conjugaison de facteurs

Les abeilles sont capables de résister séparément à une maladie, à un parasite, ou encore à une intoxication par insecticide. Mais quand tous ces facteurs se conjuguent en même temps, il arrive un moment où les limites de résistance des abeilles sont atteintes. Et les colonies s'effondrent, sans que l'apiculteur puisse aider et sauver ses abeilles.

Si l'hécatombe actuelle se poursuit, d'ici 20 ans, toutes les abeilles pourraient avoir disparu de la planète. Comme les dinosaures à une époque beaucoup plus reculée...

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Auteur : Francis Gruzelle/suite101.fr

Source : www.suite101.fr

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