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Cette actualité a été publiée le 10/05/2010 à 19h59 par Tanka.


BIODIVERSITÉ: CIBLE RATÉE

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Biodiversité: cible ratée

La situation est encore pire que lors de l'acceptation, en 2002, de l'objectif 2010, à Johannesburg, selon un bilan onusien

L'objectif de stabiliser ou à tout le moins de ralentir sensiblement le rythme du déclin de la biodiversité planétaire, un objectif entériné par la communauté internationale en 2002 au Sommet de Johannesburg, «n'a pas été atteint».

Au contraire, selon le bilan onusien qui sera rendu public ce matin, «l'empreinte écologique de l'humanité dépasse la capacité biologique de la Terre de manière plus importante que lors de l'acceptation de l'objectif 2010 pour la biodiversité». Quant au rythme d'extinction des espèces, des bactéries les plus humbles aux grands carnassiers, il dépasse globalement de 1000 fois celui des derniers millénaires, menaçant jusqu'à la capacité de la planète de nourrir une population mondiale en pleine croissance.

C'est ce que conclut en termes lapidaires le troisième rapport quinquennal du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB), intitulé Perspectives mondiales de la diversité biologique 3 (GBO-3, selon l'acronyme en anglais). Ce troisième rapport — l'équivalent de ceux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) — sera dévoilé ce matin par les états-majors de l'ONU. Il constitue une étape importante de l'Année internationale des Nations unies sur la biodiversité.

Ses conclusions et ses propositions seront discutées lors d'une «session extraordinaire de haut niveau» de l'ONU le 22 septembre prochain. Elles serviront aussi de repères au Sommet sur la biodiversité de Nagoya, au Japon, en octobre.

Selon ce bilan, les trois composantes principales des systèmes vivants de la Terre — les gènes, les espèces et les écosystèmes — sont en déclin constant sous l'effet des cinq grandes pressions responsables de l'érosion de la biodiversité, soit la modification des habitats naturels, leur surexploitation, la pollution, l'introduction d'espèces exotiques envahissantes et les changements climatiques.

Selon le bilan onusien, ces pressions «sont restées constantes ou ont vu leur intensité augmenter». Par ailleurs, la principale cause indirecte de ce déclin est attribuée à la mollesse des gouvernements parce qu'ils intègrent peu ou pas les impératifs de protection de la biodiversité dans l'élaboration des politiques économiques, alimentaires, d'occupation des sols, de production d'énergie et même dans leurs politiques environnementales, comme celles sur les milieux humides ou marins.

Le rapport propose de moderniser ces politiques dangereuses par des outils réglementaires et fiscaux visant à forcer les acteurs économiques et les consommateurs à payer le prix véritable de la perte de ces maillons du vivant pendant les prochaines générations.

Le rapport propose aussi aux gouvernements de synchroniser la lutte contre les changements climatiques avec la protection de la biodiversité, le réchauffement accentuant la perte d'écosystèmes alors que les mesures de protection de la biodiversité s'avèrent souvent efficaces pour lutter contre le dérèglement du climat.

Selon ce bilan quinquennal, les populations de vertébrés ont chuté de 31 % entre 1970 et 2006. Les déclins les plus sévères ont été constatés dans les écosystèmes tropicaux (-59 %) et dans les écosystèmes d'eau douce (-40 %). Il n'y a que les amphibiens avec des pertes de population atteignant 42 %, qui dépassent le déclin des espèces ailées (-40 %).

Quant aux grands écosystèmes, ce sont les récifs coralliens qui sont les plus menacés par le réchauffement du climat et l'acidification des océans, menaçant de priver de leurs bases alimentaires des dizaines de millions de personnes.

Ces constats ne devraient pas inquiéter que les écologistes. Selon le bilan onusien, à la limite, c'est la capacité des systèmes vivants d'assurer l'alimentation mondiale qui est en cause.

«La diversité biologique sous-tend également le fonctionnement des écosystèmes, lesquels rendent de nombreux services aux sociétés humaines. Son appauvrissement continu a donc des conséquences majeures sur le bien-être humain, aujourd'hui et à l'avenir. La fourniture d'aliments, de fibres, de médicaments et d'eau douce, la pollinisation des cultures, la filtration des polluants et la protection contre les catastrophes naturelles figurent parmi les services écosystémiques qui sont potentiellement menacés par le déclin et la modification de la diversité biologique.

Source : www.ledevoir.com


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Information recueillie par Tanka

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