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Belo Monte : de l'efficacité et des limites de la médiatisation - Demain l'Homme

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Cette actualité a été publiée le 31/08/2012 à 22h43 par geof.

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Belo Monte : de l'efficacité et des limites de la médiatisation

 
Belo Monte, aujourd'hui, tout le monde connait. La majorité des Francais sont scandalisés par ce barrage. Il faut dire que c'est facile, c'est loin, nous ne sommes pas concernés par les questions énergétiques locales, il y a les gentils indiens et les méchants industriels.

Les gens responsables, qui travaillent dans les quotidiens de référence, sont a peine moins manichéens :

“D'un côté, le dynamisme de la sixième économie mondiale, ses besoins énergétiques gigantesques, sa volonté de désenclaver ses régions les plus pauvres et d'offrir des emplois à des dizaines de milliers de Brésiliens.

De l'autre, la protection de tribus indiennes menacées d'être chassées de ces terres où elles vivent depuis des temps immémoriaux et la préservation du bassin amazonien, qui n'est pas seulement le poumon écologique de l'Amérique du Sud, mais l'un de ceux de la planète entière.”

peut-on lire dans l'édito du Monde du 17 aout dernier.

Sauf que c'est un combat bien plus large que cela et les perdants de l'histoire ne sont pas que les Indiens. Si le barrage de Belo Monte est aujourd'hui devenu un symbole, un des ces immenses projets fédérateurs de la lutte écolo dans le monde – au même titre presque que les ours polaires, cela est du essentiellement au combat de Raoni, chef indien.

Il faut dire qu'il est très exotique avec ses plateaux et ses plumes multicolores, c'est un objet médiatique parfait. Grâce à lui, lorsque la justice brésilienne donne une énième fois raison aux écologistes en stoppant une énième fois le projet en attendant la reprise des travaux, le Monde en fait le sujet de son édito.

Le revers de la médaille, c'est que la problématique en est terriblement simplifiée, et ce qui se profile à l'horizon, c'est le marchandage malsain : “bon d'accord, ce coup-ci, on est gentil avec les Indiens, on les soutient parce qu'on est humaniste, par gentillesse et compassion, par exotisme, mais dans le fond, ils sont un obstacle sur la route triomphale du progrès et il ne faudrait pas que cela se reproduise trop souvent”

On oublie que les Indiens sont loin d'être les seuls à être affectés. Ce barrage, c'est aussi la disparition de toute une petite agriculture paysanne, une agriculture locale, essentiellement de cacao, que ces paysans sont spoliés, manipulés (mais entre un chef indien et un paysan, le choix médiatique est vite fait).
 


 

Parler des “besoins énergétiques gigantesques” du pays, c'est faire l'impasse sur le fait que 90% de l'énergie brésilienne est déjà d'origine hydraulique, que sa consommation est scandaleusement inégalitaire avec 50% de l'électricité qui est consommée -gaspillée-, à très bas prix, par quelques très grandes entreprises, quand la population est, elle, sous-équipée.

Parler de la “volonté de désenclaver ses régions les plus pauvres“, c'est méconnaitre totalement la situation de l'Amazonie qui est essentiellement la proie des madeireiros qui déforestent dans l'illégalité pour alimenter les marchés des pays riches. C'est oublier que Belo Monte n'est que le plus important d'un projet global qui comprend une centaine de barrages dans l'Amazonie, barrages beaucoup moins médiatises mais dont le combat ne fait que commencer.

Enfin, c'est oublier que le site de Belo Monte est à plusieurs milliers de kilomètres des grandes agglomérations et que transporter l'électricité sur de telles distances, c'est une perte en ligne énorme.

Non, Belo Monte ne se résume pas à un combat entre une poignée d'Indiens et le “progrès” (et cela serait déjà une raison suffisante pour s'y opposer), il s'agit d'un combat de civilisation.

“De l'énergie pour qui et pour quoi ?”, c'est le slogan du MAB (Movimento dos Atingidos por Barragens, mouvement des victimes des barrages). Le combat qui se joue, c'est celui de la privatisation de l'eau.

C'est celui d'un écosystème harmonieux jeté en pâture à des grandes multinationales (dont Alsthom qui construit les turbines) qui seront les seules a profiter de ce chantier gigantesque : construire une infrastructure gigantesque dans le seul but de dépenser de l'argent et de faire grossir le PIB mondial.

Ce barrage va créer de la croissance, c'est son seul intérêt, mais c'est toute l'absurdité de la logique capitaliste : servir l'argent avant de servir l'Humanité.

 

Un article de Francois Mandil, publié par francoismandil.wordpress

 

 

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Auteur : Francois Mandil

Source : francoismandil.wordpress.com

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