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Cette actualité a été publiée le 15/09/2009 à 00h12 par Phil.


BANQUISE ARCTIQUE: RÉTRACTION CONFIRMÉE EN 2009

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banquise arctique: rétraction confirmée en 2009

Information reccueillie par Phil'

Pour la troisième année consécutive, la banquise arctique montre une réduction estivale importante. Il n'est plus possible de traiter la rupture intervenue en 2007 comme un accident. La géographie arctique évolue de manière irréversible sous la pression d'un réchauffement climatique.

L'observation satellitaire quotidienne de l'étendue de la banquise arctique permet d'en suivre l'évolution en détail. Sur l'image ci-contre, on peut voir le rêve des navigateurs du 19ème siècle, comme Lord Franklin, se réaliser. Les deux «passages» mythiques, du Nord-Ouest comme du Nord-Est, sont entièrement libres de glaces et permettent une navigation aisée.

C'est le troisième été consécutif que l'on observe une telle situation. Depuis 2007, chaque été, l'étendue de la banquise estivale est en effet nettement inférieure à ses dimensions habituelles.
Les données satellites, disponibles depuis 1978 montrent que depuis trois ans la surface de la banquise est inférieure de deux millions de kilomètres carrés relativement aux années 1980.

En 2007, le retrait spectaculaire de la banquise avait été accompagnée de conditions de vents particulières - un fort flux poussant les glaces vers l'Atlantique. Ces conditions avaient raccourci la dérive sur les glaces du navire Tara d'un an et demie relativement à celle du Fram, à la fin du 19ème siècle. On pouvait donc croire à une saison exceptionnelle qui serait un accident dans l'histoire de la banquise et non une rupture irréversible.

Mais, en 2008 et 2009, la rétraction estivale fut de même ampleur (voir graphique ci-contre), même si elle restera un peu moindre qu'en 2007. Pourtant, durant les hivers 2007-2008 et 2008-2009, la banquise s'était plutôt bien reformée, retrouvant une dimension supérieure aux hivers 2005-2006 et 2006-2007.

Cette évolution donne raison aux arguments avancés à l'époque par l'océanographe Jean-Claude Gascard (labratoire LOCEAN, Cnrs et Université Pierre et Marie Curie) responsable du programme Damoclès. L'amincissement de la banquise, la disparition progressive des glaces «anciennes» qui, en s'empilant, peuvent former des couches supérieures à deux ou trois mètres, font que la reconstitution hivernale n'empêche plus une fonte plus importante l'été.

D'où provient cette évolution spectaculaire ? Pour Jean-Claude Gascard, «la cause principale, c'est le réchauffement climatique général, lié à l'augmentation de la teneur en gaz à effet de serre de l'atmosphère. Mais ce facteur déclenchant s'accompagne de facteurs qui amplifient le phénomène. Ainsi, moins il y a de glace sur la mer arctique et plus l'albédo de la surface – la capacité à renvoyer l'énergie solaire – diminue. Si la glace présente un albedo d'environ 80%, celui de l'eau est d'environ 20%. Plus l'océan capte de chaleur et plus il peut faire fondre la glace. C'est un exemple simple et fort de ce que les climatologues appellent une «rétroaction positive » qui amplifie un phénomène. Il existe aussi, nous les recherchons, des « rétroactions négative » qui vont à l'inverse le ralentir, comme une couverture nuageuse accrue qui empêcheraient plus d'énergie solaire de parvenir au sol... mais pour l'instant nous ne l'avons pas observée en Arctique.»

La mise en perspective de plus long terme du climat arctique appuie l'idée de Gascard. Ainsi, un article paru dans Science le 4 septembre 2009 (Darrel Kaufman et al.) livre une reconstitution des températures de la région à partir de carottes forées dans les sédiments de plusieurs lacs en Alaska, Islande, Finlande et au Groënland, de carottes de glaces et de cernes d'arbres. Le graphique ci-contre en donne le résultat :en bleu les données des forages, en vert la tendance et en rouge, les températures mesurées à l'époque contemporaine. La rupture de pente et la hausse spectaculaire depuis les années 1980 ne peuvent s'expliquer par des fluctuations naturelles distinctes du «forçage» dû au renforcement de l'effet de serre par les émissions humaines. Cette évolution climatique rapide se lit déjà dans les réactions des écosystèmes et des espèces animales et végétales.

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