Baleines : la bataille de l'Antarctique a débuté - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 03/01/2011 à 21h15 par Tanka.


BALEINES : LA BATAILLE DE L'ANTARCTIQUE A DÉBUTÉ

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Baleines : la bataille de l'Antarctique a débuté

À la tête d'une flottille de trois navires, le capitaine Paul Watson de Sea Shepherd a retrouvé les baleiniers japonais.

La science est trop sérieuse pour ne pas être prise avec le sourire. La chronique de Frédéric Lewino, journaliste au Point.

Le capitaine Paul Watson ne pouvait rêver d'étrennes plus belles. Le 31 décembre, à 3.000 kilomètres au sud-est de la Nouvelle-Zélande, ses navires ont repéré, à la limite des glaces, deux des navires-harponneurs de la flotte japonaise, les Yushin Maru 2 et 3.

Il leur a aussitôt donné la chasse à bord du Steve Irwin. Imaginez sa grosse masse affalée dans le fauteuil situé derrière la barre, la trogne réjouie, l'oeil rivé sur l'ennemi, jetant des ordres brefs. Son navire plus rapide que ceux des Japonais a fondu sur l'ennemi pour entamer les hostilités.

Pour l'avoir accompagné durant deux semaines l'été dernier en Méditerranée lors de sa chasse aux thoniers illégaux, une certitude : le patron de Sea Shepherd n'a pas froid aux yeux. Il y a quatre siècles, il aurait abordé l'ennemi, le sabre à la main, entraînant un équipage dévoué à la cause animale.

Aujourd'hui, il se contente de manoeuvres d'intimidation. Son communiqué indique que "les affrontements d'aujourd'hui entre les baleiniers et les anti-baleiniers ont multiplié les quasi-collisions au milieu d'un océan rempli d'énormes blocs de glace bleue qu'il fallait esquiver. L'équipage des baleiniers a braqué le canon à eau sur les militants de Sea Shepherd, tandis que ces derniers ont répliqué avec des substances à l'odeur nauséabonde. Personne n'a été blessé." Il s'agit d'acide butyrique, une substance huileuse, à l'odeur très forte que les militants balancent sur le pont ennemi.

Harcèlement

Après six campagnes en Antarctique, c'est la première fois que Watson repère la flotte ennemie aussi tôt. Alors que les baleiniers n'ont même pas commencé à chasser. C'est inespéré, car débusquer un navire dans l'immense océan Austral revient à chercher une aiguille dans une meule de foin. Mais Watson est un vieux renard. Maintenant qu'il a planté ses dents dans les baleiniers nippons, le bouledogue canadien ne lâchera plus prise.

Durant les trois mois de la campagne de chasse, il les harcèlera jour et nuit pour les empêcher de harponner le moindre cétacé. Lors des campagnes précédentes, ne disposant que d'un seul navire, Watson était condamné à revenir au port tous les mois pour ravitailler en nourriture et en carburant. Il devait alors abandonner ses proies au risque de ne plus jamais les retrouver en mer.

Mais cette fois-ci, le capitaine est parti avec trois navires qui lui permettront d'organiser des relais : son vaisseau amiral, le Steve Irwin (navire de 56 mètres de long), le Bob Barker (navire de 50 mètres) commandé par le Hollandais Alex Cornelissen et le Gojira (un trimaran de 35 mètres) confié à notre vieil ami, le jeune Franco-Canadien Locky MacLean.

Le pirate Watson possède aussi sa flotte aérienne avec un hélicoptère de reconnaissance embarqué à bord du Steve Irwin.

Confrontations homériques

À cette heure, le navire-usine de la flotte japonaise, le Nisshin Maru, n'a pas encore été repéré. C'est à lui que les navires-harponneurs apportent leurs prises pour qu'elles y soient dépecées. Et c'est lui que recherche prioritairement Watson pour l'empêcher de travailler. Ce n'est plus qu'une question d'heures, car le très rapide Gojira et l'hélicoptère sont sur ses traces.

À bord des trois navires de Sea Shepherd, c'est certainement la fête. La bière a même dû couler à flots. L'équipe de télévision de la chaîne Animal Planet (Discovery Channel), embarquée à bord comme chaque année, ne va pas chômer. Les images sont diffusées aux États-Unis sous la forme d'un feuilleton intitulé Whale Wars.

La bataille de l'Antarctique ne fait que débuter, mais déjà elle promet d'être sévère, car les baleiniers ne voudront assurément pas rentrer bredouilles et humiliés au port. Cela laisse augurer des confrontations homériques. L'an dernier, l'Ady Gil (un trimaran de 24 mètres) prêté à Sea Shepherd avait été coulé lors d'un affrontement, mais tous les militants avaient pu être évacués sans blessures.

Espérons que le bilan ne soit pas plus dramatique cette année. Faisons confiance à Watson qui, en principe, sait où s'arrêter. Mais à force de jouer avec le feu... À bord, tous les volontaires - il y a même un Français - sont prêts à prendre de grands risques pour sauver la vie, ne serait-ce que d'une seule baleine.

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Auteur : lepoint.fr

Source : www.lepoint.fr