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Avec Coluche l'humour est devenu social - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 19/06/2011 à 23h59 par Kannie.

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Avec Coluche l'humour est devenu social

 
Avant une vidéo, un entretien au sujet de Coluche :
 

L'humoriste et comédien est mort le 19 juin 1986. Il aurait eu 68 ans cette année. Et reste d'une actualité mordante. Le philosophe Olivier Mongin explique pourquoi sa popularité ne se dément pas.

Olivier Mongin, philosophe, directeur de la revue Esprit, auteur de "De quoi rions-nous ?"

Que reste-t-il de Coluche un quart de siècle après sa mort ?

- C'est une référence. Tout le monde peut s'identifier à lui. Là où certains humoristes sont en marge, Coluche entrait totalement dans la société.

Pourquoi vous intéresse-t-il ?

- Parce qu'il a fait rupture avec la France comique de l'époque. Avant lui, les chansonniers critiquaient la tête, ce qu'il y a en haut. Coluche va, le premier, détourner l'humour du politique au social et faire monter des thèmes : la police, la misère et l'immigration... Il n'y a plus de différences entre le haut et le bas : lui-même incarne le beauf et peut se prendre pour le Président. Avec lui, le comique n'est plus simplement une critique du pouvoir mais de ce que je vis quotidiennement.

Qui sont ses héritiers ?

- On n'a aucun équivalent. Il a plutôt ouvert des voix, des boulevards même. Le viol, les Noirs, les Arabes... certains sketchs ne passeraient plus aujourd'hui.

Qu'est-ce qui lui permettait d'aller aussi loin ?

- Son comique n'épargne personne et d'abord pas lui-même. Il y a une capacité chez lui à jouer de la bêtise, à prendre sur lui la critique qu'il adresse aux autres. Se moquer de soi, c'est ça la vraie finesse. Coluche, c'est le Blanc qui peut se prendre pour un Noir, un flic ou un Arabe. Il se fout de lui pour se foutre des autres. Le problème, aujourd'hui, c'est que les gens n'aiment pas trop se foutre d'eux-mêmes.

N'a-t-on pas, aussi, un peu tendance à le sacraliser ?

- On a le droit. Coluche était un personnage populaire. C'était l'une des personnes les plus imitées en son temps. Cela ne veut pas dire que tout ce qu'il faisait était bien, mais il avait une espèce de bonté qui n'était pas de la blague. Personne ne l'a obligé à faire les Restos du coeur. Ce n'était pas un individualiste.

Que serait-il devenu ?

- Il aurait forcément inventé des trucs. Je crois qu'il continuerait sur ses thèmes : les grands patrons, le fric, le travail... les tenants du pouvoir médiatique. Je ne pense pas qu'il en aurait rajouté sur Sarkozy, DSK, la privatisation de la vie politique. Il aurait ramené ça à de vraies questions. Pour moi, il ne serait pas devenu un mythe vivant et ambigu comme Johnny. Il y avait quelque chose de suicidaire dans le personnage. Coluche ne pouvait pas être mort-vivant, c'est peut-être pour ça qu'il est mort.
 

Recueilli par Guillaume BOUNIOL, publié par France Soir
 

 

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Auteur : Guillaume BOUNIOL

Source : www.francesoir.fr

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