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Au Sénégal, les villageois replantent des arbres - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 02/06/2010 à 22h26 par Olivier.

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Au Sénégal, les villageois replantent des arbres

Invité d'honneur du festival Si la mer monte, qui s'est tenu à l'Ile-Tudy le week-end dernier, et dont la région invitée était cette année l'Afrique de l'Ouest, Jean Goepp, coordinateur à l'Océanium de Dakar, a ouvert le cycle de conférences scientifiques sur les conséquences du réchauffement climatique. Il a présenté le projet phare de l'Océanium, consistant à replanter, grâce à une méthode interactive, 30 millions de palétuviers dans la mangrove sénégalaise pour lutter contre la déforestation.

Au Sénégal, en particulier en Casamance et au Saloum, la mangrove est l'écosystème typique de la région. Constituée d'îlots de palétuviers peuplés par une abondante faune, elle constitue un écosystème richement productif indispensable à la vie des communautés côtières. En effet, le palétuvier, principale espèce de cet écosystème, est utilisé comme bois d'oeuvre par les populations locales.

Par ailleurs, les huîtres, qui poussent naturellement sur les racines échasses, fournissent un aport important de protéines dans l'alimentation. Les forêts de mangrove constituent aussi des habitats naturels pour une grande variété d'espèces animales (crabes, huîtres, mangoustes, loutres, crocodiles, singes, oiseaux...) et un lieu de fraie et de nurserie pour de nombreuses espèces de poissons.

En quelques décennies, la superficie des forêts de mangrove a fortement diminué, en raison de sa surexploitation par la population. En 2008, ces forêts ne couvraient plus que 80 000 hectares, soit une réduction de 50% par raport à 1980. Le reboisement de la mangrove est ainsi devenu une véritable urgence écologique.

« Tout le village s'y est mis ! »

Face à ce constat, l'Océanium, association qui oeuvre pour la protection de l'environnement au Sénégal (lire en encadré), décide, en 2006, de planter 65 000 palétuviers sur 3 hectares dans le village de Tobor, en Casamance. « Tout le village s'y est mis ! », raconte Jean Goepp, le coordinateur des actions de l'Océanium. « L'année d'après, dix villages ont planté 500 000 palétuviers, poursuit-il. Cette année, on en a planté 36 millions en trois mois ! ». Autant dire que les objectifs initiaux de l'association ont été largement dépassés. Un film retrace l'évolution de l'opération.

Pour reboiser la mangrove, l'Océanium s'est appuyée sur les villageois. « On cherche avant tout à changer les mentalités pour mieux gérer les ressources naturelles », insiste Haïdar El Ali, à la tête de l'Océanium depuis 1984. L'association organise une campagne de sensibilisation dans les villages à l'aise d'un ciné-débat baptisé « Plante ton arbre ». Ensuite, il s'agit de former deux groupes : un groupe de cueilleurs, majoritairement composé de femmes, pour cueillir les graines de palétuviers - ou propagules -, qui ont la particularité de germer sur l'arbre. Et un autre groupe pour planter les propagules dans la mangrove désertée.

Une activité lucrative

La cueillette de propagules est une activité rémunérée par l'Océanium, qui paye 1000 F CFA (1,52 €) par sac. En une journée, une femme récolte en moyenne l'équivalent de dix sacs de propagules, ce qui lui permet de gagner 10 000 F CFA. Autant dire un salaire souvent plus intéressant que celui raporté par le travail aux champs. Le propagule est donc devenu, en quelques années, l'objet d'un commerce très rentable !

De plus, l'Océanium embauche désormais treize chefs de zone à plein temps. « A la base, l'Océanium était constituée de trois personnes ; désormais, nous sommes plus de trente ! », fait remarquer une des salariée de l'association. Le projet a aussi nécessité la mise en place d'une logistique : l'Océanium a acheté cinq camions pour acheminer les sacs de propagules et les chefs de zone sont tous équipés de téléphone portable et de motos.

Pour mener à bien son projet, l'Océanium a obtenu l'aide financière du groupe industriel Danone, qui souhaitait s'engager dans une action en faveur de la réduction de l'empreinte carbone. Or, la mangrove séquestrerait plus de CO2 que n'importe quel écosystème : on estime qu'un hectare stockerait 7 tonnes de dioxyde de carbone par an. Des experts évaluent actuellement combien de carbone stocke un hectare de palétuviers pendant la durée de sa croissance. Au total, 35 millions de palétuviers ont été replantés en 4 ans au Sénégal.

 

SOS-planete

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Auteur : Aurélie Thépaut

Source : www.bretagne-durable.info

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