Au secours, Père Noël ! L'homme est en train de ratiboiser la planète - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 20/12/2010 à 15h44 par Mich.


AU SECOURS, PÈRE NOËL ! L'HOMME EST EN TRAIN DE RATIBOISER LA PLANÈTE

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Au secours, Père Noël ! L'homme est en train de ratiboiser la planète

Selon la Nasa, l'homme confisque le quart de la production végétale de la planète. Dans cinquante ans, ce pourrait être le double.

Au secours, Père Noël ! l'homme est en train de ratiboiser la planète

La science est trop sérieuse pour ne pas être prise avec le sourire. La chronique de Frédéric Lewino, journaliste au Point.

Dans son repaire, au nord du cercle arctique, le Père Noël, cet indomptable optimiste, continue à fabriquer ses cadeaux et à les emballer comme si de rien n'était. Il ignore, ce grand enfant à barbe blanche, que, dans quelques années, il n'aura plus de banquise pour se planquer, ni d'arbres pour tailler ses traîneaux, ni même de rennes pour les traîner...

En effet, en pleins préparatifs, il n'a pas eu le temps de prendre connaissance de ce chiffre très alarmant qui vient d'être délivré par la Nasa : en seulement dix ans (de 1995 à 2005), le prélèvement des hommes sur la masse végétale pour manger, pour se chauffer, pour s'habiller ou pour construire a bondi de 20 à 25 %.

En clair, cela signifie que pour chaque tonne de végétation terrestre produite, 250 kilos sont prélevés par le genre humain pour assouvir ses besoins.

Cela devient préoccupant, d'autant que l'humanité s'est transformée en un goinfre insatiable. L'auteur de l'étude, Marc Imhoff (Institut Goddard, Nasa), prévient que dans un demi-siècle ce taux de prélèvement pourrait passer à 50 %, si tous les hommes se mettaient en tête de copier le régime ultracopieux des Américains.

Oui, une seule espèce, en l'occurrence la nôtre, accaparerait la moitié de la production végétale au détriment des 30 millions d'espèces autres !

Disparités

Pour établir son petit calcul, Imhoff a utilisé des milliers de photos-satellites mesurant presque au jour le jour la production végétale de chaque recoin de la planète.

Puis, il s'est procuré tous les chiffres de la consommation humaine rassemblés par la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). Bien entendu, ce chiffre de 25 % n'est qu'une moyenne mondiale.

D'un continent à l'autre, ce pourcentage varie énormément. Comme on peut s'y attendre, il est à son minimum en Amérique du Sud (8,1 %) et en Afrique (17,7 %), mais à son maximum du côté de l'Inde (96,6 %), de la Chine (89,7 %) et en Europe occidentale (86,1 %).

L'Amérique du Nord s'en tire bien grâce à ses vastes espaces (28,8 %), ce qui n'empêche pas ses habitants d'être les plus grands goinfres de la planète avec une consommation annuelle de 6 tonnes de matières végétales sous forme de carbone.

L'accélération brutale constatée par Imhoff au cours de cette dernière décennie n'a rien d'étonnant. Dans certaines régions du globe, comme en Inde, la population continue à grimper comme si de rien n'était, tandis qu'ailleurs c'est le niveau de vie qui augmente.

(...)

"Mais, désormais, on assiste à une augmentation simultanée de la population et de la consommation par habitant. Or, la biosphère ne se soucie pas de savoir s'il existe beaucoup de personnes consommant peu, ou alors peu de gens consommant beaucoup. Ce qui compte, c'est le pourcentage global de nature consommée. Or, ce taux augmente !"

Pression humaine

Allô, Père Noël ? Que peut-on faire ?

(...)

Certes, tout n'est pas perdu, il reste bien des inconnus qui peuvent modifier la donne. À commencer par le changement climatique, l'évolution des pratiques agricoles et la façon dont les écosystèmes répondront à cette pression humaine accrue.

Mais il ne faut pas se faire d'illusions. Que deviendra la planète quand les terres ne seront plus qu'un immense champ pour nourrir les hommes, et les océans une ferme aquacole ? Il ne faut pas oublier que la nature sauvage assure mille fonctions auxquelles on ne prête pas suffisamment attention.

Par exemple, l'océan, les marais, les forêts épurent tous nos déchets. Sans eux, plus question de respirer un air sain ou de boire une eau propre. J'aime bien l'image d'une Terre comparée à un organisme vivant, développée par le chimiste James Lovelock.

Gaïa ! "Essayez de faire vivre un homme à qui on supprime les reins et les poumons pour pouvoir loger à leur place un deuxième estomac.

C'est la même chose qui est en train de se passer avec la Terre en transformant ses forêts tropicales et ses zones naturelles en exploitations", accuse Allison Pigcator, une consultante suédoise en environnement.

Cette fois, ce n'est pas le WWF ou Greenpeace qui tirent la sonnette d'alarme, mais la Nasa ! Cela suffira-t-il à réveiller le Père Noël et à le tirer de son monde merveilleux ? À force de fabriquer des cadeaux, lui aussi participe au massacre général.

Dans quel monde vit-on?


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Auteur : Frédéric Lewino/Le Point

Source : www.lepoint.fr