Au fond d'un lac arctique, la preuve d'un réchauffement exceptionnel - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 01/11/2009 à 21h20 par Tanka.


AU FOND D'UN LAC ARCTIQUE, LA PREUVE D'UN RÉCHAUFFEMENT EXCEPTIONNEL

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Au fond d'un lac arctique, la preuve d'un réchauffement exceptionnel

information recueillie par Tanka.

Au nord du Canada, des scientifiques ont exploré le sédiment déposé au fond d'un lac, exceptionnellement conservé, ouvrant 200.000 ans d'archives biologiques et géochimiques, un record. Verdict : « les dernières décennies ont été uniques ».

Des glaciologues américains se sont intéressés de très près au fond d'un lac canadien de 400 kilomètres carrés, par plus de 70° de latitude nord, sur la côte est de l'île de Baffin, en face du Groenland, près de la ville de Clyde River. Sous les dix mètres de glace et d'eau se trouve un sédiment remarquablement préservé. « Ce qui est unique, ici, explique Jason Briner, l'un des auteurs de l'étude, est que, même si des glaciers ont plusieurs fois recouvert ce lac, ils n'en ont pas, pour diverses raisons, érodé le fond. »

En parvenant à en extraire une carotte, l'équipe a pu y retrouver 200.000 ans de dépôts biologiques. C'est 80.000 ans de plus que le record précédent, obtenu au fond d'un lac groenlandais.

En Antarctique, des carottes de glace ont permis de remonter bien plus loin dans le passé. Les sondages du Dôme C, dans le cadre du projet Epica, en descendant à plus de 3.000 mètres. Mais les informations recueillies prennent la forme de molécules et d'isotopes extraits des bulles et de la glace. Ici, les sédiments contiennent des restes biologiques (des algues et des insectes) ainsi que des indices géochimiques. Le tout raconte donc autrement l'histoire du climat local.

L'étude met en évidence un réchauffement net et brutal depuis une cinquantaine d'années. Par exemple, plusieurs espèces de moucherons adaptés aux milieux froids ont vécu là durant plusieurs milliers d'années mais se sont brusquement éteintes à partir des années 1950.

La conclusion de l'équipe, publiée dans les Pnas (Proceedings of the National Academy of Sciences), est que la région a connu des climats aussi chauds ou plus chauds qu'aujourd'hui pendant deux périodes seulement, au début de l'holocène (notre époque, interglaciaire) et durant l'interglaciaire précédent.

Les auteurs soulignent que l'on aurait dû observer au contraire un refroidissement, causé par le mouvement tournant de l'axe de rotation de la Terre. Durant les trois précédentes périodes interglaciaires, la corrélation est en revanche très bonne avec les variations d'ensoleillement. Mais sur les dernières décennies, expliquent-ils, ce couplage n'existe plus. « Nos résultats montrent que l'impact des activités humaines dépasse l'effet de processus naturels à long terme, même dans les régions polaires. »

Pour en savoir plus sur la situation planétaire