Au-delà du greenwashing : que fait l'industrie pour l'environnement ? - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 24/09/2011 à 15h12 par Kannie.


AU-DELÀ DU GREENWASHING : QUE FAIT L'INDUSTRIE POUR L'ENVIRONNEMENT ?

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
Au-delà du greenwashing : que fait l'industrie pour l'environnement ?

 

"Stop au greenwashing !" est un slogan de plus en plus répandu auprès du grand public. Ce terme anglophone, qui peut être traduit par "verdissement d'image" a été largement propagé par les ONG environnementales depuis les années 1990.

L'objectif est de dénoncer des pratiques douteuses d'entreprises qui communiquent sur des progrès en développement durable, qu'elles ne mettent pas vraiment en oeuvre. Les médias se sont chargés de relayer des cas avérés de greenwashing dans l'industrie mais on connaît moins l'action de certaines entreprises qui méritent, quant à elles, d'être qualifiées "d'éco-durables".

Les Français sensibilisés au greenwashing

Un récent sondage Ifop, mené pour la 3ème fois cette année, montre que les Français intègrent toujours plus le développement durable et l'environnement dans leur comportement d'achat. Néanmoins, ils deviennent également de plus en plus méfiants envers les publicités fondées sur des arguments environnementaux, et réclament davantage de contrôle.

Les constructeurs automobiles sont les industriels qui ont été jusqu'à aujourd'hui le plus souvent accusés de greenwashing. Pour ne prendre qu'un exemple parmi d'autres, les Français ont pu voir l'an dernier une publicité télévisée pour un 4X4 réputé "respectueux de l'environnement". En fait de respect de l'environnement, les émissions moyennes de ce véhicule se situaient à 172g CO2/km contre 90 g CO2/km pour les véhicules actuels les moins émetteurs en carbone. Après qu'une association ait saisi le Jury de Déontologie Publicitaire, le constructeur n'a pas pour autant totalement reconnu sa communication abusive : il s'est contenté de modifier son slogan par «plus respectueux de l'environnement».

Il faut reconnaître que les constructeurs automobiles ne sont pas forcément encouragés à plus de vigilance sur leur communication. En effet, l'INPI (l'Institut national de la propriété industrielle) appose le label "éco-innovation" aux brevets déposés sur la seule foi d'une réduction potentielle des émissions de CO2. Ainsi, plus de 80% de ces "brevets verts" concernent la maîtrise de la consommation d'énergie des véhicules.

Un autre exemple qui démontre que les Français sont de plus en plus réactifs aux discours des industriels est celui du récent clip publicitaire célébrant les 10 ans du groupe Areva. Ce clip, selon les plaignants (associations et avocats), laisse croire que le nucléaire est écolo et propre. Cependant, dans ce cas, la plainte n'a pas abouti...

Et pourtant, l'écologie industrielle, ça existe...

L'écologie industrielle, pratique de management environnemental visant la réduction de l'impact d'une activité industrielle sur la biosphère, est peut être moins connue du grand public mais bien réelle. Cette pratique a pour objectif de passer du système industriel actuel à un système viable et durable, inspiré par le fonctionnement quasi-cyclique des écosystèmes naturels.

Concrètement, l'écologie industrielle, c'est principalement la valorisation des déchets d'une filière comme ressource pour cette même filière, ou pour une autre filière, de manière à ce qu'il ne reste que des déchets ultimes et en quantité minimale.

Un exemple emblématique : celui du groupe ENEL, en Italie. Sa centrale de Fusina, démarrée en 2009, produit de l'électricité en brûlant de l'hydrogène issu de la pétrochimie de l'usine voisine Polimeri Europa (du groupe Eni). En 2009, 60 millions de kWh ont été produits, équivalant aux besoins de 20 000 foyers et évitant le rejet de plus de 17 000 tonnes de dioxyde de carbone.

Des entreprises françaises, souvent mal connues car dites de taille intermédiaire (ETI), ne cessent pourtant d'innover au service de l'environnement.

C'est par exemple le cas de CNIM, une société française de haute technologie qui développe des avancées majeures dans l'énergie thermique verte. Positionnée tout en amont du cycle technologique, cette discrète entreprise aux multiples entités réparties en France et dans 15 pays du monde "conçoit et réalise des ensembles industriels clés en main à fort contenu technologique et propose des prestations d'expertise, de services et d'exploitation".

Parmi les principales activités de CNIM : "la valorisation énergétique pour une gestion des déchets respectueuse de l'environnement." En effet, une des spécialités de CNIM est la réalisation de centres de valorisation énergétique des déchets. En France, l'entreprise a déjà réalisé la moitié des installations existantes et elle est aussi active à l'étranger, notamment en Europe.

Un de ses projets actuels est le "Termovalorizzatore" de Turin, en Italie. Ce nouveau centre permettra de traiter 22,5 tonnes de déchets par heure et de valoriser chaque année 421 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés dans des conditions environnementales optimales, grâce à un traitement innovant des fumées qui permet de réduire la consommation des réactifs. L'énergie ainsi récupérée est valorisée sous la forme d'une production d'électricité qui assurera la consommation d'environ 150 000 foyers et la production de chaleur pour le chauffage urbain de 17 000 logements.

En juillet 2010, le groupe CNIM a également fait parler de lui en France, en inaugurant à Launay-Lantic (Bretagne) des installations de traitement des odeurs et de séchage des célèbres algues vertes qui incommodent des milliers de Bretons et de vacanciers. La technologie ici mise en place est basée sur le confinement et le traitement de l'air pendant le séchage des algues (plus de 25 000 tonnes). Depuis, l'usine fonctionne à plein régime.

L'écologie industrielle : un impact sur notre quotidien

Quelles que soient les applications de ces technologies, comme le papier et le plastique recyclés, les éoliennes, le photovoltaïque ou encore les voitures hybrides, ces entreprises ont misé sur un créneau porteur d'emplois et créateur de richesse économique, c'est vrai. Mais elles sont aussi en phase avec un principe de bon sens : réintégrer l'activité humaine dans le fonctionnement des écosystèmes naturels. Grâce à l'approche systémique prônée à travers l'écologie industrielle, rien ne se perd. Les déchets sont perçus comme une matière première.

Par exemple, "les laitiers des hauts-fourneaux peuvent être récupérés pour fabriquer le ciment métallurgique ; la chaleur en excès de la production d'électricité peut servir à chauffer des quartiers urbains ou comme source thermique à d'autres entreprises...".

Puisque les problèmes que nous rencontrons sont essentiellement liés au gaspillage des ressources et aux pollutions de toutes formes, il est urgent que les industriels transfèrent une partie de leurs efforts budgétaires de la publicité mensongère vers une démarche d'écologie industrielle efficiente. A ce moment-là, seulement, les citoyens baisseront les armes.

 

Un article publié par lepost.fr

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

........

 

 





Auteur : Anne-Claire Quevec

Source : www.lepost.fr