Atome : Il a fallu dix ans pour que notre travail soit reconnu - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 27/04/2011 à 21h56 par Jacques.


ATOME : IL A FALLU DIX ANS POUR QUE NOTRE TRAVAIL SOIT RECONNU

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Titre original :
L'avis de Michèle Rivasi Députée européenne EELV Fondatrice de la Criirad. « Il a fallu dix ans pour que notre travail soit reconnu »

 

»Comment, il y a 25 ans, vous vous êtes aperçue que la France était touchée par le nuage ?

A l'époque, j'étais prof à l'IUFM de Valence. C'est mon mari qui m'a mis la puce à l'oreille. Il était pilote de ligne. Les avions faisaient des prélèvements. D'autres avaient été réalisés dans plusieurs pays d'Europe. Nous, dans notre maison, nous récupérions l'eau de pluie, nous étions donc inquiets.

Alors avec des amis, on a décidé de faire des prélèvements que l'on a amenés dans un laboratoire de la Doua, à Villeurbanne. C'est là qu'on s'est aperçus que les seuils étaient largement dépassés.

» Comment avez-vous réagi ensuite ?

Il fallait avertir les gens, car les quantités retrouvées n'étaient pas négligeables ! Je n'étais pas une antinucléaire, j'étais plus dans l'idée de créer une Commission Régional d'Informations Indépendantes sur la Radioactivité, (devenue une commission de recherche, la Criirad N.D.L.R.).

Après, on a fait un énorme boulot. Avec des cartes météo et géographique on a essayé de voir quelles étaient les zones les plus touchées. Tout cela alors même que, selon l'Etat, le nuage s'était arrêté à la frontière.

» Il y a toujours des querelles de chiffres, des antagonismes avec l'État ?

L'IRSN a confirmé que les chiffres de la Criirad étaient justes. Il a fallu dix ans pour que notre travail soit reconnu. On remettait en question l'Etat... Aujourd'hui encore, il n'y a pas de reconnaissance du préjudice.

» De quelle manière l'Europe s'engage dans le suivi de la catastrophe ?

L'Union Européenne a versé 470 millions d'euros. Au total, il faudra plus d'un milliard et demi. J'ai fait en sorte, en tant que députée européenne, que de l'argent aille également aux populations. Aujourd'hui, elles ne sont plus suivies.

Il y a une sorte de déni. Lors de la conférence de Kiev qui vient d'avoir lieu, aucun chiffre n'a d'ailleurs vraiment été donné. J'ai également obtenu 17 millions d'euros pour la création d'un centre écologie et santé et 4,4 millions pour la création d'un laboratoire, un centre de suivi pédiatrique des enfants et un centre pour fabriquer des aliments propres.

» Pratiquement, comment on fait pour sortir du nucléaire ?

Il y a deux piliers majeurs. L'efficacité énergétique, qui nécessite de mettre beaucoup d'argent sur l'isolation des bâtiments, la recherche sur les appareils basse consommation.

Ensuite, c'est la sortie progressive du nucléaire, en fermant les centrales les plus à risques en fonction de plusieurs critères : l'âge, la population impactée... Il faut que les fermetures se fassent par rapport à cette grille de lecture en développant en parallèle les énergies renouvelables.

» Selon vous, les centrales françaises sont-elles les plus sûres du monde ?

Non. On a beaucoup misé sur la sécurité. Mais le recours systématique a des sous traitants qui ne sont pas formés correctement représente un danger. Il n'y a plus de suivi. Les exploitants n'ont pas joué sur le cumul des risques. L'accident est toujours celui que l'on n'a pas prévu.

 

Un article de la rédaction du Progrès

 

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Auteur : Rédaction leprogres.fr

Source : www.leprogres.fr