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Cette actualité a été publiée le 22/10/2009 à 20h23 par Tanka.


ARTHUS-BERTRAND: "JE CROIS À LA DÉCROISSANCE"

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Arthus-Bertrand: "Je crois à la décroissance"

Information recueillie par Tanka.

"Le temps est venu de devenir plus intelligent."

La société de consommation vue par Arthus-Bertrand est encore plus folle.

"Les éléphants, la biodiversité, la disparition des baleines, c'est important. Mais il n'y a pas que ça. Aujourd'hui, je crois qu'il faut rentrer dans le dur." L'écolo médiatique Yann Arthus-Bertrand revient sur nos écrans avec un propos plus radical. Vu du ciel, qui migre de France 2 à France 3 pour l'occasion, résume son nouvel angle d'attaque avec un sous-titre explicite : Toujours plus! La première émission, qui compte treize reportages, en consacre sept au Japon. Pour faire non seulement de superbes vues aériennes du mont Fuji, mais aussi des gros plans de ses poubelles sur ses pentes. Et surtout franchir les périphériques de ses cités, où tout est fait pour entretenir une véritable surconsommation.

Si Vu du ciel y perd un peu en pittoresque esthétique, elle y gagne en efficacité et amplifie le message de son réalisateur: "Le temps est venu de devenir plus intelligent."

Plus facile à dire qu'à faire. Le reportage sur les "combinis" de Tokyo l'indique. Il s'agit des supérettes ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre toute la semaine. La nourriture fraîche que l'on n'y a pas vendue est chaque soir jetée. Des tonnes d'aliments consommables sont ainsi gaspillées. Le gérant qui dénonce devant la caméra d'Arthus-Bertrand cet état de fait a depuis le tournage perdu son emploi.

Un reportage en Tunisie sur les jeans donne aussi la mesure du paradoxe. Des femmes sont payées mensuellement le prix d'un ou de deux jeans en Europe pour en déchirer à la chaîne des neufs. "Parce que c'est à la mode. Un gâchis."

Une concentration de plastique supérieure à celle du plancton

"Passer de deux milliards d'individus à sept, ça a un impact. On ne peut pas continuer à vivre comme ça, sur ce modèle, explique le réalisateur. Ce déni collectif me fascine." Les choses s'accélèrent et prennent les allures les plus folles. Au milieu du Pacifique, un autre reportage montre comment les courants ont drainé sur une zone grande comme quatre fois la France une authentique mer de déchets de plastique. Leur concentration se révèle supérieure à celle du plancton.

Pendant ce temps, à Tsukiji, le marché aux poissons à la criée de Tokyo, l'on s'arrache les plus beaux spécimens de thon rouge, une espèce surexploitée, en voie de disparition. Que faire? "Moi, je crois à la décroissance, poursuit Yann Arthus-Bertrand. On ne peut pas penser que dans vingt ans on pourra vivre avec le même confort. Mais la décroissance, ce n'est pas retourner vivre dans les grottes. Il faut changer de façon de vivre. Pour plus de bonheur peut-être?"

Il n'ignore pas que tous les gouvernements du monde comptent sur la reprise de la croissance pour sortir de la crise financière. "J'ai la chance de n'être qu'un écolo, plaide-t-il. Je ne sais pas comment on va régler les problèmes. Mes émissions sont là pour provoquer le débat. Tant que l'opinion publique n'en ressent pas la nécessité, la politique ne changera pas. Mon rôle, c'est de sensibiliser cette opinion publique."