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Cette actualité a été publiée le 18/11/2009 à 16h31 par Tanka.


ARSENIC: L'ORIGINE DE LA CONTAMINATION ÉLUCIDÉE AU BANGLADESH

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Arsenic: l'origine de la contamination élucidée au Bangladesh

Information recueillie par Tanka.

Des millions de Bangladais boivent de l'eau contaminée par l'arsenic. Les activités humaines sont au coeur du mécanisme qui permet à ce minéral toxique originaire des chaînes de l'Himalaya de se retrouver dans l'eau de boisson.

C'est l'histoire tragique d'une vaste initiative internationale, financée dans les années 70 par de grandes organisations, qui a tourné à l'empoisonnement de millions d'habitants au Bengladesh. Des milliers de puits tubulaires forés pour fournir de l'eau potable sont en effet contaminés par l'arsenic. Ce n'est que récemment que les causes de cette contamination ont commencé à être comprises: une nouvelle étude révèle que la transformation des paysages et des sols par l'Homme est l'un des principaux maillons de cette chaîne qui conduit à l'empoisonnement.

Au Bangladesh, dans les villages, les habitants creusent des bassins et récupèrent ainsi des matériaux de construction pour surélever leurs habitations, afin de les protéger des inondations, expliquent Charles Harvey, professeur au MIT (Massachussetts Institute of Technology, E-U), et ses collègues. Au fond de ces bassins artificiels se déposent des matières organiques. Le carbone passe dans le sous-sol et crée les conditions chimiques idéales à la contamination des eaux souterraines par l'arsenic.

Il est déjà connu, depuis une quinzaine d'années, que les roches de l'Himalaya contiennent naturellement de l'arsenic et que les sédiments des grands fleuves comme le Gange ou du Brahmapoutre sont eux aussi chargés de ce minéral toxique. Pour contaminer l'eau des puits, il faut que l'arsenic soit présent sous une forme soluble. De récents travaux, menés par l'équipe d'Harvey, ont déjà montré que des microbes métabolisaient l'arsenic en présence de matière organique et le rendaient soluble.

Le carbone issu des bassins artificiels crée les conditions idéales de cette métabolisation, ont constaté les chercheurs après plusieurs années d'études sur le terrain. L'eau contaminée est ensuite pompée par les puits tubulaires, peu profonds.

En comparant les teneurs en arsenic de l'eau de différentes sources, l'équipe du MIT a observé que la plus contaminée sortit des puits creusés et que la moins contaminée venait des rizières irriguées. Les chercheurs, qui publient leurs travaux dans la revue Nature Geoscience (15 novembre), suggèrent de creuser des puits plus profond pour pomper de l'eau potable (à l'heure actuelle la plupart ne descend qu'à 30 mètres), afin d'échapper à l'influence des bassins artificiels. Ou de creuser sous les rizières.

Les symptômes les plus courants de l'empoisonnement par l'arsenic au Bangladesh sont les lésions cutanées mais à plus long terme il provoque des cancers de la peau, des poumons, du foie, de la vessie ou du pancréas. Selon Charles Harvey, le nombre de cancers liés à l'arsenic dans ce pays pourrait atteindre 3.000 par an si la consommation d'eau contaminée continue.

Cécile Dumas
Sciences-et-Avenir.com

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