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Cette actualité a été publiée le 13/01/2011 à 14h16 par Tanka.


ARGENTINE : LES HABITANTS CULTIVENT POUR SORTIR DE LA CRISE

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Argentine : les habitants cultivent pour sortir de la crise

En Argentine, la crise économique de 2001 a généré un chômage et une désespérance sociale sans précédent. Pour y faire face, la municipalité de Rosario a jeté les fondements d'une véritable politique d'agriculture urbaine. Jardins communautaires installés en périphérie, pratiques agricoles en biodynamie ou encore livraisons de paniers de légumes : c'est une révolution alimentaire au coeur de la ville, qui fait vivre désormais des centaines de familles.

Sur le bord de l'autoroute, ils sont plusieurs à bêcher, arroser ou récolter. Nous sommes à Rosario en Argentine, à 300 km au nord de Buenos Aires. Dans le bruit sourd des moteurs, plusieurs hectares très bien entretenus, où poussent légumes et fruits, jouxtent les quartiers les plus vulnérables de Rosario. Loin d'être un lieu isolé, ce jardin s'inscrit dans une stratégie de développement de l'agriculture urbaine menée par la municipalité depuis bientôt dix ans.

« Nous avons commencé en 2001 au moment de la grande crise argentine, mais depuis la fin des années 1980, nous travaillons sur le thème de l'agroécologie », explique Antonio Lattuca. Impliqué dans le processus depuis une vingtaine d'années, il est coordinateur du Programme d'agriculture urbaine (PAU), qui dépend du secrétariat à la promotion sociale du gouvernement municipal de Rosario.

Dans les années 1990, face à la disparition de milliers de postes de travail, l'INTA, institut du ministère de l'Agriculture, lance le programme Pro-Huerta. L'idée ? Fournir à des groupes d'habitants en situation de grande pauvreté des outils de jardinage, du matériel et des semences. Des terres généralement non constructibles se transforment alors en jardins communautaires dans plusieurs endroits de la ville.

Organiser la cession gratuite des terrains

La fameuse crise argentine de 2001 oblige la ville de Rosario à mettre les bouchées doubles. Face à un peso dévalué au tiers de sa valeur et un taux de chômage exponentiel, l'INTA distribue de plus en plus de matériel. « Les conditions étaient réunies pour jeter les fondements d'un véritable programme d'agriculture urbaine, et la municipalité s'est décidée à suivre », relate Antonio. De 2002 à 2003, un registre des terrains vacants dans la ville est établi.

Un an et demi plus tard, en 2004, le maire de Rosario approuve un règlement qui officialise la cession temporaire de terrains aux fins d'agriculture urbaine. Afin de faciliter ce transfert, le gouvernement municipal exempte d'impôts les propriétaires durant deux ans. La municipalité supprime aussi l'impôt pour ceux qui vendent sur les marchés. « Les élus ont compris que la pauvreté relevait d'une responsabilité collective qu'ils devaient prendre en charge », raconte Maria Paulo Hoyos, la collègue d'Antonio.

Des agriculteurs sans terre, chassés par la culture du soja

Au niveau national, un plan d'aide est lancé, proposant aux chômeurs 150 pesos par mois en contrepartie de l'exécution de certains travaux.

Nombre d'entre eux choisissent la voie de l'agriculture urbaine. Rapidement, Rosario compte plus de 800 groupes de jardiniers. L'activité de production s'est consolidée après la crise, essentiellement dans des espaces périphériques.

La particularité de Rosario ? « La population avec laquelle nous travaillons, analyse Maria. Beaucoup sont des agriculteurs qui ont été déplacés d'autres lieux du pays à cause de l'avancée du soja, par exemple. Très pauvres, souvent analphabètes, ils vivent ici sans pouvoir s'insérer dans le marché. La seule chose qu'ils savent faire, c'est travailler la terre. » Pour l'ensemble des jardiniers et consommateurs rencontrés, le développement de l'agriculture urbaine a bouleversé leur vie.

Près de 800 jardins cultivés

« Étrangement, explique Antonio, l'Argentine n'a pas la culture des marchés à la différence d'autres pays de l'Amérique latine. » Contre vents et marées, l'équipe du Programme d'agriculture urbaine (PAU) met en place en 2003 sept marchés hebdomadaires dans différents quartiers de Rosario.

Transport, auvents, nappes, planches, tréteaux, tout est pris en charge par la municipalité afin que les jardiniers puissent exposer sur les marchés. Le résultat est inespéré. « Les producteurs pensaient qu'il y avait une dévalorisation des légumes dans notre société, cela a donc été une surprise qu'ils puissent écouler leurs productions. »

La commune fournit également des clôtures, creuse des puits et distribue des pompes à eau. La crise passée, certains abandonnent leurs jardins. Mais la municipalité maintient son objectif : faire de l'agriculture urbaine une source d'emploi et un moyen de réduire la pauvreté à Rosario.

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Auteur : basta

Source : alter-echos.org