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Cette actualité a été publiée le 03/03/2010 à 19h03 par Tanka.


APRÈS LES VENDREDIS, LES LUNDIS SANS VIANDE

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Après les vendredis, les Lundis sans viande

Autrefois, au Canada, on ne mangeait pas de viande les vendredis. C'était une obligation religieuse qui n'était pas remise en question, en tout cas pas quand j'étais jeune. Elle a pourtant disparu avec le temps.

Aujourd'hui, les environnementalistes passionnés adhèrent au mouvement des Lundis sans viande. C'est un concept états-unien qui remonte à la Première Guerre Mondiale, alors que les citoyens choisissaient de se priver de viande la première journée de la semaine de travail afin d'envoyer cette nourriture à leurs troupes déployées en Europe. Les présidents Wilson, Truman et Roosevelt établirent cette tradition qui se perdit finalement dans les dédales du développement du xxesiècle (www.meatlessmonday.com).

Nouveau départ

Un tel mouvement refait surface présentement un peu partout dans le monde.

Fin décembre 2009, c'est l'ex-Beatle Paul McCartney qui tente de convaincre l'Europe et les Anglais de se priver de viande pendant une journée par semaine. La Belgique a choisi les jeudis. Pourquoi les lundis, ici, au Canada? Sans doute pour s'associer aux efforts en ce sens de l'École de Santé publique Bloomberg de l'université Johns Hopkins de Baltimore. Pour se montrer solidaires également des efforts entrepris par d'autres pays comme la Hollande, le Brésil, la Finlande et Taïwan, entre autres (www.lundisansviande.net).

Les organisations qui encouragent cette façon de consommer autrement n'avancent pas des raisons religieuses pour tenter de convaincre leurs concitoyens d'y adhérer; elles mettent plutôt de l'avant une volonté de mieux protéger l'environnement, de conserver un meilleur état de santé et de promouvoir certaines valeurs éthiques. On a tous vu des documentaires sur l'épidémie mondiale d'obésité, qui touche autant les enfants que les adultes, ainsi que les mauvaises techniques d'élevage d'animaux domestiques.

Rien de surprenant alors que certains citoyens se révoltent par rapport à ce qu'ils voient.

De lourds impacts

Ce n'est pas tout: il ne faut pas oublier les impacts environnementaux de notre alimentation carnée qui sont moins spectaculaires, moins révoltants parce que moins visibles, mais qui sont quand même en train de tuer la planète.

L'élevage des animaux domestiques accapare 8% de l'eau potable, alors que plus de 1 milliard d'êtres humains n'ont tout simplement pas accès à cette eau de qualité. De plus, l'industrie de la viande produit 18% des émissions de gaz à effet de serre du monde, dont 37% de tout le méthane émis sur terre. C'est plus que les émissions provenant de tous les modes de transports réunis. On surpêche déjà les espèces marines de deux à trois fois leur capacité de reconstitution de leurs stocks. L'aquaculture actuelle n'est pas durable non plus. On utilise 4kg d'anchois ou de sardines pour produire 1kg de saumon et jusqu'à 14kg de poisson pour 1kg de thon.

Le plus récent rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) suggère de doubler la production mondiale de viande si l'on veut nourrir adéquatement les 9 milliards d'êtres humains qui vont habiter la Terre dans les décennies à venir. On peut constater tout de suite que c'est une «mission impossible» si ceux qui mangent de la viande à tous les jours présentement n'abaissent pas leur consommation carnée.

Solidarité planétaire

Les Lundis sans viande pourraient permettre d'accomplir cette extraordinaire prouesse de solidarité. Présentement, ce sont surtout les végétariens qui appuient le concept.

Au Québec, le mouvement est endossé par Frédéric Back, Laure Waridel, Julie Snyder, Georges Laraque, Jacques Languirand et Xavier Dolan, pour n'en nommer que quelques-uns.

Mais est-ce suffisant pour changer une habitude ancrée aussi profondément dans notre façon de vivre et de consommer? Si ce n'est pas le cas, que dites-vous de cela: une journée sans viande à chaque semaine de l'année est l'équivalent pour une personne d'abaisser le kilométrage de son auto de 1700km. Pour parcourir cette distance, il aurait fallu utiliser 170 litres d'essence, lesquels auraient émis 400kg de gaz à effet de serre.

Ça, c'est du concret. C'est également une contribution significative pour protéger l'environnement, sans grands frais.

Il faut seulement le vouloir.

Par Jean-Marie Bergeron - Source : cyberpresse.ca


Information recueillie par Tanka

Pour en savoir plus sur la situation planétaire