Aluminium : quand la situation s'emballe - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 07/10/2010 à 21h16 par Tanka.


ALUMINIUM : QUAND LA SITUATION S'EMBALLE

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Aluminium : quand la situation s'emballe

Ces derniers jours, l'actualité laisse comme un arrière-goût métallique. D'un côté, une pollution majeure en Hongrie à la suite d'un accident industriel.

De l'autre la relance d'une ancienne controverse en France sur les sels aluminiques dans les vaccins, les cosmétiques et déodorants... Jusque-là, ce « métal d'exception, qui a participé aux grandes mutations technologiques contemporaines » (Futura sciences) n'a cessé de fasciner par ses propriétés et de générer sans cesse de nouveaux usages : de l'emballage à l'aéronautique, en passant par les transports, l'habitat, le BTP etc.

Serait-on en train de découvrir le revers de la médaille ? Un détour par l'histoire, un peu de science et du recul... L'actualité vue par la Mission Agrobiosciences.

Un nom venu de l'alun

On le sait argenté, léger, malléable, résistant, excellent conducteur d'électricité, se comportant fort bien lorsqu'il est allié à d'autres métaux, doté d'une excellente longévité et très aisément recyclable. Même l'une de ses failles – s'oxyder au moindre contact avec l'oxygène –se transforme en atout : la fine couche d'alumine qui se forme alors devient un élément de protection.

Découvert tardivement, cet élément chimique est le troisième par son importance – après l'oxygène et le silicium- au sein de la croûte terrestre, non pas sous une forme pure, mais principalement sous la forme d'oxyde (l'alumine) composant certains types de roches. Il tire en revanche son nom d'un sulfate, l'alun, ou alumen en latin. C'est en effet en analysant ce sel que le chimiste anglais Humphrey Davy, en 1808, aura le premier l'intuition de l'existence d'un métal inconnu, au côté du sodium et du potassium, qu'il baptisera aluminium.

Quelques années plus tard, un géologue Français, Pierre Berthier, découvre dans le sud de la France un minerai contenant plus de 50 % d'oxyde d'aluminium. L'ayant trouvé près des Baux- de- Provence, il l'appellera bauxite. Le pas suivant est franchi en 1827, par Friedrich Wöhler qui met en évidence les propriétés chimiques et physiques de l'aluminium, qu'il a réussi à isoler. Mais son procédé est long et coûteux. A tel point qu'il n'est pas question alors que le métal ainsi produit serve à envelopper le poisson : il est destiné notamment à la fabrication de bijoux !

Par ici la bonne soude !

Il faudra donc attendre la fin du siècle, pour qu'une nouvelle méthode mise au point par Karl Josef Bayer, permette à moindre coût d'extraire l'alumine de la bauxite grâce à la soude, pour que démarre une production de masse, à partir de 1888, sachant qu'existait déjà à Salindres, dans le Gard, le premier site industriel de production au Monde.

Entre-temps, la production mondiale d'aluminium a atteint, ces dernières années, près de 40 millions de tonnes, sans parler de la production secondaire, qui concerne le métal issu du recyclage. En revanche, le procédé n'a guère changé : il s'agit de broyer la bauxite – il en faut 4 tonnes pour obtenir 2 tonnes d'alumine, dont on extrait enfin une tonne d'aluminium -, de la mélanger à de la soude sous hautes températures et à des pressions élevées.

L'épaisse solution qui en est issue est alors filtrée, diluée, refroidie et clarifiée pour laisser les impuretés se déposer au fond du réservoir.

Des boues très opaques...

C'est là qu'on en vient à l'accident intervenu dans l'usine de la Société hongroise de production d'aluminium. Difficile d'y voir clair. D'abord parce certains parlent d'un réservoir, quand d'autres affirment qu'ils sont deux avoir cédé, libérant plus de 1 million de m3 de boue.

Ensuite, parce que la composition de ces boues n'est guère transparente... Pour les dirigeants de l'usine et les autorités hongroises, elles ne contiendraient « que » des oxydes de fer de calcium et de sodium, ainsi que du dioxyde de silicium et de titane, des composés « non solubles dans l'eau » , tout justes toxiques, selon les mêmes porte-parole.

Quid alors des brûlures et des irritations constatées par la population sur place et des centaines de poissons morts ? Pour d'autres, experts étrangers, les boues contiendraient du plomb et du cadmium, métaux lourds très toxiques ainsi que des résidus d'aluminium.

Le poison du doute ?

Quant à la toxicité propre à l'aluminium, pour une tout autre raison elle est également à la Une de l'actualité. La « faute » à la publication d'un livre, Quand l'aluminium nous empoisonne où la journaliste Virginie Belle relance une controverse déjà ancienne sur l'usage des sels d'aluminium comme adjuvants dans les vaccins, les cosmétiques et les déodorants.

Selon le Point, l'auteur, se fondant sur une étude de l'Inserm non encore publiée, « suggère l'existence d'un possible syndrome des adjuvants » et « affirme que ce métal pourrait être à l'origine de cancers et de maladies neurologiques. »

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Auteur : agrobiosciences.org

Source : www.agrobiosciences.org