Algues vertes "L'Etat est entièrement responsable" - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 30/09/2009 à 17h50 par Michel95.


ALGUES VERTES "L'ETAT EST ENTIÈREMENT RESPONSABLE"

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Algues vertes "L'Etat est entièrement responsable"

Information recueillie par Michel95

C'est bizarre, ça me rappelle le privé : rien ne vaut un bon scandale pour réveiller la hiérarchie...

Les algues vertes qui recouvrent les plages bretonnes sont bel et bien toxiques.

C'est ce qu'a confirmé l'étude commandée par Chantal Jouanno.

L'association Eaux et rivières de Bretagne milite depuis près de quarante ans contre cette pollution à l'algue verte.

Son porte-parole Jean-François Piquot répond à LEXPRESS.fr.

Avez-vous été contactés par le gouvernement pour étudier le phénomène des algues vertes?

Non, le gouvernement n'est pas entré en contact avec nous. D'ailleurs, lorsque nous avons appris qu'il allait demander une enquête, ça nous a amusés.

Les preuves de la toxicité des algues étaient bien présentes, et ce depuis longtemps.

Juste après la mort du cheval il y a deux semaines, un médecin avait fait des analyses de toxicité qui se sont avérées positives.

Bien avant, un rapport de la Ddas des Côtes d'Armor avait émis les mêmes conclusions.

Cela fait trente ans que le gouvernement temporise sur cette affaire.

Selon vous, quelle est la part de responsabilité de l'Etat?

Pour moi, il est entièrement responsable de l'état de nos plages. Le cheptel breton est bien trop dense pour une région dont la surface hydrographique est très étroite. D'autant plus que cette zone dépend en majorité des cours d'eau pour l'eau potable.

Nous avions porté plainte contre l'Etat français en 2004.

Le tribunal de Rennes nous a donné raison en 2007. Il a reconnu la responsabilité de l'Etat dans la pollution aux algues vertes pour non application de directive européenne, et non respect de sa propre législation.

Le ministère de l'Environnement a fait appel, et le jugement tombera cet automne.

Il sera sans surprise.

Une plage d'Hillion, près de Saint-Brieuc (Côtes d'Armor), a été fermée au public pour cause de présence de ces algues vertes.

Après la reconnaissance de la toxicité des algues vertes, votre combat sera-t-il pris plus au sérieux?

Je ne pense pas que la situation va changer.

Ce problème dure déjà depuis 35 ans. Notre association fêtera ses 40 ans cet été.

Au début, le but de notre collectif était de "se dissoudre dans une eau de bonne qualité", et nous sommes malheureusement toujours là. Et peut-être aussi pour notre 80e anniversaire...

De plus, lorsque le tribunal de Rennes a rendu son verdict en 2007, au vu de notre statut associatif, nous avons perçu des indemnités moindres que si nous avions été un organe de l'Etat (une mairie par exemple).

Pensez-vous que des mesures vont être prises à l'échelle locale?

Ces résultats devraient être un électrochoc, mais j'en doute.

Les maires ne peuvent rien faire. Ils sont tiraillés entre les lobbies agricoles et la politique.

Nous avons, avec quelques maires, envoyé une lettre à Chantal Jouanno pour l'inviter à venir constater l'ampleur des dégâts, et nous attendons sa réponse.

Nous espérons qu'ils porteront plainte.

Il n'y a que comme ça que les élus auront des moyens supplémentaires. Leur seule action possible, pour l'instant, c'est de ramasser les algues sur les parties accessibles des plages.

(Par Anne-Sophie Ladonne)