Alerte au « SmartStax » L'OGM nouveau de Monsanto est arrivé ... sans évaluation! - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 10/08/2009 à 18h11 par Michel Walter.


ALERTE AU « SMARTSTAX » L'OGM NOUVEAU DE MONSANTO EST ARRIVÉ ... SANS ÉVALUATION!

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Alerte au « SmartStax » L'OGM nouveau de Monsanto est arrivé ... sans évaluation!

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Montréal, Canada — En plein été, sans tambour ni trompette, les gouvernements américain et canadien annonçaient le 15 juillet dernier l'autorisation d'un nouveau maïs OGM de Monsanto et de Dow, le « SmartStax ». Ce dernier comporte huit gènes empilés dont deux de résistance à des herbicides et six produisant des insecticides. Une première!

Totalement résistant à toute évaluation scientifique!

L'annonce du gouvernement provient de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) qui, en quelques centaines de mots appuyés sur aucune étude scientifique, annonce laconiquement l'autorisation du maïs OGM SmartStax. Pour sa part, Santé Canada n'a même pas procédé à l'évaluation de la salubrité du nouveau maïs OGM SmartStax. Qui plus est, en donnant son aval au SmartStax, le Canada a carrément fait fi de la directive internationale du Codex des Nations Unies concernant la nécessité de procéder à des tests pour ce type d'OGM résultant de « méthodes classiques de sélection des végétaux à ADN recombiné ». Le maïs SmartStax est justement le produit de telles méthodes.

Adieu aux refuges

En autorisant le SmartStax, le gouvernement en a également profité pour réduire la zone refuge de 20% volontaire que les agriculteurs qui sèment du maïs OGM Bt résistant aux insectes sont normalement tenus de planter avec du maïs non-Bt et à moins d'un quart de mille de ce dernier.

Pourquoi un tel refuge? Pour tenter de ralentir l'adaptation inévitable des insectes aux pesticides que produisent les plantes OGM. Mais, avec le SmartStax, il n'en va plus ainsi, car la taille du refuge a été réduite à seulement 5 %!

L'ACIA n'a fourni aucune justification scientifique pour cette réduction draconienne des refuges, ce qui n'est guère surprenant vu la mollesse des règles d'intendance environnementale qu'elle applique aux cultures d'OGM. Par contre, on sait déjà que des insectes deviennent résistants à des plantes OGM à deux insecticides. Le SmartStax en a six!

Comme les insectes visés ne présentent pas actuellement des risques d'infestation au Québec ou ailleurs, on peut raisonnablement s'attendre à ce que les quelques insectes présents actuellement deviennent plus rapidement résistants à ces insecticides grace au SmartStax qui, alors, aura moins ou plus d'effet lorsqu'une véritable infestation aura lieu. Cependant, comme Monsanto et Dow sont des entreprises qui vendent aussi des produits chimiques, elles pourront alors vendre des pesticides encore plus puissants et dangereux aux agriculteurs qui les arrosseront sur leur maïs SmartStax.

Pire encore, le gouvernement fédéral compte sur Monsanto et Dow pour leur dire si quelque chose d'imprévu apparaissait! . Se fier à des entreprises comme Monsanto, engagées dans la distribution commerciale du SmartStax, pour qu'elles fournissent des renseignements liés à la sécurité des aliments, revient à charger le renard de surveiller le poulailler. Si vous le l'avez pas encore fait, allez visionner le documentaire Le monde selon Monsanto, pour comprendre comment l'autorisation sans évaluation scientifiquement rigoureuse et indépendante du SmartStax est possible.

Réglementation adaptée à Monsanto

Le génie génétique est une science complexe qui évolue vite, mais dont Santé Canada n'a jamais pu suivre les développements. Santé Canada et l'ACIA ne se sont jamais vraiment mesurés aux défis spécifiques liés aux OGM. En instaurant un processus d'autorisation des produits qui se borne à évaluer la « nouveauté » des caractères OGM plutôt que les complexités de la génétique, le gouvernement fédéral s'est doté d'un outil lui permettant d'autoriser plus rapidement les OGM, ce qui est tout bénéfice pour des entreprises comme Monsanto. Mais, dans le cas du SmartStax, les ministères concernés sont même allés à l'encontre de leur propre réglementation pourtant déjà trop laxiste.

Un débat démocratique n'a jamais précédé l'autorisation des cultures et des aliments OGM au Canada, il n'y existe aucun étiquetage obligatoire des OGM, et en dépit des 58 recommandations destinées à changer la situation, publiées par le Rapport du Groupe d'experts scientifiques de la Société Royale du Canada en 2001 (toujours ignorées par Ottawa), le gouvernement n'a jamais cherché à réformer le système réglementaire. Qu'est-ce que Santé Canada attend pour assumer ses responsabilités? Une autre crise sanitaire, provoquée cette fois par la dissémination d'aliments OGM non testés? Il est évident que le moment est venu de réviser à grande échelle la réglementation des OGM.