Ai Weiwei : Sans expression ni créativité, une nation n'a pas d'avenir - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 01/12/2011 à 14h56 par Kannie.


AI WEIWEI : SANS EXPRESSION NI CRÉATIVITÉ, UNE NATION N'A PAS D'AVENIR

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Ai Weiwei : Sans expression ni créativité, une nation n'a pas d'avenir

 

L'artiste contestataire chinois dénonce l'absence de protection pour les citoyens qui font usage de leur liberté d'expression. Mais refuse de quitter son pays, même s'il avait une vie meilleure à l'étranger.

Avez-vous peur ?

Bien sûr, j'ai très peur. Pas parce qu'ils sont forts spirituellement ou puissants. La peur vient de l'absence de protection juridique pour les citoyens qui font usage de leurs libertés de pensée et d'expression. Cela a été le cas pour la génération de mon père et les autres depuis soixante ans, et cela reste vrai aujourd'hui.

Quels changements souhaitez-vous ?

Les droits les plus fondamentaux, tels que la liberté d'expression, doivent être respectés. En coupant les canaux d'expression, de créativité, d'imagination, cette nation n'a pas d'avenir, elle se dirige vers une zone sombre et cela doit changer. S'agissant du système judiciaire, il faut l'équité, une justice indépendante plutôt qu'au service d'un groupe défendant ses propres intérêts. C'est l'essentiel, un minimum qui n'est pas respecté jusqu'à présent.

Pourquoi les Chinois ne s'interrogent-ils pas davantage ?

Ils s'interrogent, sous différentes formes. Aujourd'hui, pour s'exprimer, il n'est pas nécessaire d'aller manifester dans la rue. Nous avons Internet et les gens expriment leur compassion, leur soutien, leurs idées par différents moyens. Pas besoin de brûler une voiture ou d'occuper un lieu. M'avoir donné 9 millions de yuans en quelques jours [voir lien plus bas] est une manière de parler. Que faire d'autre, quand le gouvernement peut vous faire disparaître sans explication puis lancer contre vous de fausses accusations ? Se faire arrêter ?

Vous reste-t-il du temps à consacrer à l'art ?

Je ne me soucie pas trop de cela, car, quoi que je fasse, cela renforce ma vision du monde et une forme d'art sortira de ce type de lutte. Si j'éprouve le besoin de réaliser de nouvelles oeuvres, elles seront différentes, car nous vivons dans un monde qui a changé. Je n'ai jamais vraiment séparé mon combat de mon art.

Pensez-vous à quitter la Chine ?

J'aurais probablement une vie meilleure, mais je ne veux pas abandonner les jeunes, ceux qui ne peuvent pas partir ni se faire entendre. En clair, je resterai, sauf si l'on m'imposait ici des conditions de vie extrêmes. C'est parce que c'est difficile que cela a un sens.

 

Propos recueillis par Arthur Henry, publiés par lexpress.fr

 


 

Ai Weiwei, né en 1957 à Pékin, est un des artistes majeurs de la scène artistique indépendante chinoise. Il est le fils du poète et intellectuel Ai Qing (1910-1996), et demi frère du peintre Ai Xuan.

Architecte, il a été conseiller artistique pour le cabinet d'architecture suisse Herzog & de Meuron lors de la réalisation du stade national de Pékin construit pour les Jeux olympiques d'été de 2008.

Il est l'un des 303 intellectuels chinois signataires de la Charte 08. Dans son classement annuel, le magazine Art Review l'a désigné comme la figure la plus puissante de l'art contemporain en 2011.

Ai Weiwei est arrêté le 3 avril 2011. La police de Pékin annonce, le 22 juin 2011, sa libération sous caution, après 81 jours d'enfermement dans un lieu inconnu et des conditions dégradantes, officiellement pour évasion fiscale, ce qui avait soulevé une vague d'indignation à travers le monde. (Wikipedia)

 

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Auteur : Arthur Henry

Source : www.lexpress.fr