Agrocarburants : faut-il raser toutes les forêts du monde ? - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 08/11/2010 à 17h39 par Tanka.


AGROCARBURANTS : FAUT-IL RASER TOUTES LES FORÊTS DU MONDE ?

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Agrocarburants : faut-il raser toutes les forêts du monde ?

Selon le Réseau Action Climat France (RAC-France) l'objectif européen de 10% d'agrocarburants dans les transports pourrait mobiliser près de 70 000 km2 de terres supplémentaires à la surface du globe dans les dix prochaines années. Une superficie équivalente à deux fois la Belgique devra être convertie en terres agricoles et plantations d'ici à 2020, menaçant forêts et écosystèmes naturels, avec des conséquences désastreuses en matière de changements climatiques et de sécurité alimentaire. [Photo World Ressources Institute]

Ce résultat est celui d'une étude [1], commanditée par une coalition d'organisations environnementales et de développement [2]. C'est la première qui met en perspective les objectifs des Plans d'action en faveur des énergies renouvelables des Etats membres [3] et les études européennes sur le changement d'affectation des sols indirect (CASI). Cliquez sur la photo ci-dessous pour lire une synthèse de l'étude

Couverture de l'étude sur l'impact des biocarburants

Précisons à notre lecteur peu rompu à ces concepts, que la prise en compte, ou pas, de ce fameux CASI, fait varier du tout au tout les résultats des études sur les agrocarburants. Ne pas les prendre en compte revient à ignorer l'impact de la déforestation elle-même et du CO2, fixé dans les sols pendant des millénaires, qui sera rejeté par leur exploitation. Au delà de ces calculs théoriques, il y a évidemment des enjeux de biodiversité, de pollution, de gestion de l'eau, de climat et des conséquences sur les populations locales.

En comptabilisant le CASI, l'étiude nous apprend qu'en 2020 les agrocarburants :

- engendreront l'émission de 27 et 56 millions de tonnes équivalent CO2 par an, soit l'équivalent de la mise en circulation de 12 à 26 millions de voitures supplémentaires sur les routes européennes émettront 81 à 167 % de gaz à effet de serre (GES) en plus par rapport aux carburants fossiles qu'ils remplacent alors que la directive européenne demande à ce qu'ils les diminuent de 35 à 50 %.

Raser toute la forêt ou changer nos modes de vie

Avant le 31 décembre 2010, la Commission européenne doit se prononcer sur l'intérêt de prendre en compte l'impact du CASI et, si cela est jugé nécessaire, de l'intégrer dans le calcul des émissions de GES des agrocarburants. Sur ce point, les ONG sont catégoriques : aucune étude européenne ne conclue aujourd'hui à un impact nul du CASI. La Directive sur les énergies renouvelables impose donc légalement aux Etats de prendre en compte ce phénomène.

Les associations sont unanimes. "La prise en compte du CASI dans le calcul du bilan GES des différentes filières d'agrocarburants est indispensable si l'on veut s'assurer que leur développement n'entraîne pas une destruction massive des forêts et écosystèmes naturelles dans les pays tropicaux", indique Jérôme Frignet de Greenpeace.

Pour Bruno Genty, Président de France Nature Environnement "continuer de s'appuyer autant sur les agrocarburants et les voir comme le seul produit de substitution au pétrole, c'est inciter indirectement à la déforestation. Raser toutes les forêts de la planète n'y suffirait pas. Ce qu'il faut, c'est que la demande de carburant, quel qu'il soit, diminue. Ce qui passe forcément par des changements de comportements".
S'enrichir ici en appauvrissant là

Comme le note Christian Berdot des Amis de la Terre, "les agrocarburants ne diminueront pas la dépendance énergétique de l'Europe, ni ses émissions de gaz à effet de serre. Par contre, ils pénaliseront les populations pauvres du Sud, à la fois en s'accaparant leurs terres et leur nourriture, et en détruisant de nombreux écosystèmes vitaux, afin d'y faire de nouvelles cultures énergétiques".

Pour Antoine Bouhey de Peuples Solidaires en association avec ActionAid "en encourageant la production d'agrocarburants, l'UE a délivré aux agro-industriels un vaste permis de construire sur les terres du Sud, les poussant de fait à accaparer les terres des plus pauvres pour produire des agrocarburants. Si elle ne prend pas en compte le CASI tel que nous le préconisons, elle signera un nouveau chèque en blanc pour les industriels, qui accapareront jusqu'à 2 fois la taille de la Belgique !"

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Auteur : ddmagazine.com

Source : www.ddmagazine.com