Agrocarburants : et si on sautait une génération ? - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 18/03/2011 à 17h13 par Mich.


AGROCARBURANTS : ET SI ON SAUTAIT UNE GÉNÉRATION ?

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Agrocarburants : et si on sautait une génération ?

 

On aurait pu croire qu'ils s'étaient évaporés tant ils s'étaient fait discrets ces derniers temps, à moins que ce ne soit la presse qui s'en soit désintéressée. Il faut dire que les agrocarburants et leurs promoteurs, puisque c'est d'eux qu'il s'agit, ont essuyé depuis la flambée des prix agricoles de 2008 une pluie de critiques.

Avec, par intermittences, quelques averses persistantes, ainsi que le montrent les –rares- articles piochés dans la presse en ces mois de février et de mars 2011 : on apprend ainsi que l'Allemagne boycotte l'E10 et qu'en France, ce même carburant tarde à l'allumage. Quant au Diester©, ce biodiesel développé dans l'Hexagone, il est tout simplement qualifié d'escroquerie par la Confédération Paysanne.

C'est dans ce contexte que le Gouvernement français et l'ADEME souhaitent relancer la filière en misant sur les agrocarburants de 2ème et 3ème génération, dont l'intérêt est souligné de manière beaucoup plus consensuelle, y compris par des acteurs environnementalistes. Il était temps.

Car l'actualité récente augure d'une aggravation des contraintes énergétiques, avec la hausse record du prix du pétrole et un affaiblissement probable de la filière nucléaire au regard des événements japonais. L'urgence est donc plus que jamais aux alternatives, sachant que l'éolien peine à prendre son envol et que le photovoltaïque traverse une crise tarifaire. Le point par la Mission Agrobiosciences

Des filières en panne sèche ?

Vilipendés lors de la flambée des prix agricoles mondiaux et des crises de la faim en 2007-2008, les agrocarburants de première génération(1) ne cessent d'essuyer les critiques. Accusés de provoquer un accaparement de terres détournées de leur vocation vivrière à des fins énergétiques, notamment en Afrique, de favoriser une monoculture intensive et de contribuer à la déforestation, ils présenteraient finalement un bilan énergétique et environnemental peu convaincant dès lors qu'on prend en compte ce « changement d'affectations des sols indirects » (CASI).

Selon la filière (éthanol ou biodiesel), au lieu de réduire les tonnes d'équivalent CO2 dans les transports, certains agrocarburants augmenteraient ainsi les gaz à effet de serre. Un argument qui fait dire à la Confédération paysanne que le Diester (ou biodiesel) ne serait qu'une « gigantesque escroquerie », ainsi que le relaye la France Agricole du 2 février dernier.

Du côté de la filière éthanol, cela ne va guère mieux. Le journal La Croix en date du 8 mars dernier, explique ainsi qu'en Allemagne, c'est carrément un boycott que subit le superBio E10, une essence qui, comme l'indique son nom, contient 10% d'éthanol extrait du maïs, de la betterave ou blé.

Désertant les pompes qui le proposent, les automobilistes ont ainsi créé une belle pagaille, vidant les cuves de carburant SP95/98, pourtant plus cher, et obligeant Angela Merkel à convoquer un sommet d'urgence à Berlin. A l'origine de ce coup de frein, des rumeurs sur les effets délétères de l'E10 sur les moteurs et le refus de cautionner le choix du « réservoir » au détriment de l' « assiette ».

En France, ce même E10 tarde à l'allumage, ainsi que le pointe le site Maxisciences (8 février 2011). Proposé depuis avril 2009, et alors qu'il était censé couvrir la totalité des ventes de Sans Plomb 95 à la fin de l'année 2010, il n'en représentait à cette date que 20%.

Quant à l'E85 (un super contenant 70 à 85% d'éthanol), « lancé en France le 1er janvier 2007, il devait être distribué dans 500 stations essence au 31 janvier de cette même année. Mais fin 2010, seuls 316 pompes le proposaient ».

On le voit, il va être dur, en Europe, d'inverser la tendance en termes d'opinion. Sachant qu'à côté, les Etats-Unis, le Brésil et la Chine, caracolent en tête des producteurs d'agrocarburants, avec respectivement 51, 27 et 2,7 milliards de capacité de production de litres d'éthanol. La France étant, quant à elle, classée en 4ème position.

 

 

Insuffler un regain d'énergie ?

C'est dans ce contexte que vient de paraître l'Appel à Manifestations d'Intérêt (AMI) lancé par le gouvernement et piloté par l'ADEME, dans le cadre des investissements d'avenir du grand emprunt. Un lancement dont la presse ne se fait quasiment pas l'écho.

Le but ? Donner un coup d'accélérateur aux productions d'énergie, non plus à partir de ressources végétales alimentaires (1ère génération), mais de résidus agricoles, de déchets organiques, de sous produits de l'industrie du bois (« Deuxième génération »), ainsi que de micro-algues (3ème génération).

Rien de révolutionnaire : il y a belle lurette que les spécialistes vantent les mérites de ces nouvelles générations moins dévoreuses d'espace et d'intrants. Des travaux existent d'ailleurs sur d'autres variétés qui pourraient être prometteuses, telles que le peuplier ou le miscanthus, une graminée d'Asie du Sud-Est. Sans pour autant que les projets décollent.

Cet AMI, qui s'adresse aux constructeurs automobiles, aux fournisseurs d'énergies et aux laboratoires de recherche, suffira-t-il à réenclencher la dynamique, pour parvenir à améliorer les bilans énergétiques et environnementaux de ces carburants, tout en démontrant la faisabilité et la viabilité des procédés de production ?

Car, ne l'oublions pas, des engagements internationaux ont été pris, et le compteur tourne. Souvenez-vous : au sein de l'UE, il faudra d'ici 9 ans parvenir à 10% d'énergies renouvelables dans le domaine des transports. Ce n'est pas gagné.

 

(1) Agrocarburants produits à partir de l'huile des graines de colza, de tournesol, de soja ou de palmier à huile pour le biodiesel. Ou à partir du blé, du maïs, de la canne-à-sucre et des betteraves, riches en amidon et en sucres, ce qui permet d'obtenir de l'alcool par fermentation, pour la filière dite éthanol.

 

Nous aider

Lance-toi! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage!

Le site étrange qui dérange même les anges!

 





Auteur : agrobiosciences.org avec La Croix, La France Agricole, Maxisciences, actu-environnement

Source : www.agrobiosciences.org